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  • Romancière, poète, Sybille de Bollardière vit entre la région parisienne et le Perche. Elle est l'auteur du roman "Le Défaut des Origines" publié aux Editions Ramsay 2004 (Prix Lafayette)et "d'Une femme d'Argile" à paraître.

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L'Amour en Zone Inondable


Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /2009 22:57
- Publié dans : L'Amour en Zone Inondable - Partager    



 

Deux semaines s’étaient écoulées depuis le retour de Blanche dans sa maison de L’Eure, deux longues semaines de pluies qui installaient l’automne et en ternissaient déjà les lumineuses couleurs.  Le ciel rincé de Normandie ne m’inspirait probablement pas assez ; toujours est-il que je pris quelques vacances, délaissant mes deux héros pour d’insidieuses et noires pensées dont je vous ferai grâce. Je me suis soignée en poésie et mes blancs d’ici portent un nom ailleurs.


A se croire dotée d’un don d’ubiquité on en perd le fil du récit et Blanche, livrée à elle-même, commença à songer à un fin possible pour l’Amour en Zone Inondable. Préoccupée du devenir du roman, elle ne s’émut ni du temps exécrable, ni du mutisme de son visiteur. C’est à peine si elle le questionna sur sa vie et ses projets. Visiblement épuisé par un voyage qui avait du être pénible, Yoshka Boric avait accepté l’hospitalité qu’on lui offrait sans préciser la durée de son séjour ; seul son maigre bagage laissait supposer qu’il ne resterait pas longtemps. Est-ce pour cette raison que Blanche l’installa dans cette petite pièce du premier qui servait autrefois de lingerie ? Je ne le crois pas. Cette modeste chambre avait quelques avantages. Située au sud, elle bénéficiait d’un large ensoleillement – ce qui ne profita guère à Yoshka durant ces deux semaines – Mais elle avait également la particularité d’être reliée par une porte communicante au bureau de Blanche. « Le géant », comme le nommait Blanche en elle-même, se trouvait ainsi logé au cœur de la maison, libre de découvrir la bibliothèque et d’observer l’auteur à son œuvre.


S’il avait sourit en découvrant l’exigüité du lit de la fameuse chambre au sud, Yoshka n’en avait pas moins dormi plus de quinze heures la nuit de son arrivée.  Dans les jours qui suivirent, toujours silencieux mais prenant ses aises, il fit le tour de la maison, puis du jardin et poussa jusqu’au village dont il revint avec quelques provisions et des journaux.


Un matin, malgré le temps plutôt frais, il était vêtu d’une simple chemise blanche et d’un jean. Rasé de près, reposé, il paraissait heureux et détendu. Blanche préparait le déjeuner dans la cuisine quand elle le vit rentrer. Elle s’émut de l’entendre parler au téléphone, craignant qu’il lui annonce son prochain départ. Elle réalisa qu’elle ne savait toujours rien de lui à part qu’il venait de Croatie. C’est là-bas qu’il avait rencontrée et séduit une certaine Lucy qu’il suivit jusqu’à Jersey. Leur histoire avait duré quelques mois, le temps qu’un autre Yoshka fasse son apparition et leur propose un étrange marché. Faute de tout connaitre de son visiteur, ses quelques révélations avaient tout de même ouvert les yeux de Blanche. Elle avait beau se mordre la lèvre, « son Yoshka » s’était bien moquée d’elle. Sachant qu’elle ne le reverrait plus, Blanche prit son parti de cette situation et après une semaine, sans pour autant savoir comment évolueraient leurs relations, elle ne souhaitait plus du tout le départ  de Yoshka Boric. Aussi fut-elle très surprise lorsqu’après avoir refermé son portable, il se tourna vers elle :


- Blanche, nous déjeunons à quelle heure ?

- Bientôt… Enfin… Quand vous voulez. Pourquoi, vous devez partir ?

- Non, je voulais juste savoir si j’avais le temps d’envoyer quelques mails… Si vous permettez que je me serve de votre PC bien sur.


Yoshka Boric parlait d’une voix caverneuse en roulant les « R » et terminait toutes ses phrases par un long sourire qui ne modifiait que le bas de son visage tandis que son regard noir restait étrangement fixe et pénétrant.

Tout cela avait le don de perturber Blanche dans ses jugements et lui interdisait de prendre une quelconque décision. Elle se laissait porter par les événements, se contentant de rougir d’émotion dès que le « géant » lui adressait la parole. C’est donc quatre à quatre qu’elle monta l’escalier pour lui ouvrir son PC.


Elle ne parut pas plus étonnée quand il redescendit vers 14 heures en souriant :


- Désolé Blanche de vous avoir fait attendre et en plus j’ai vraiment faim.

Certaines femmes sont par nature, sensibles à la vision des hommes puissants dotés d’appétits d’ogre. Blanche était de celles-là. Voir manger Yoshka Boric lui procurait un plaisir aussi inattendu que violent.  Elle était prête à lui décrocher la lune pour qu’il ne parte pas et ça tombait bien, parce qu’à voir la façon dont il la regardait, on pouvait penser qu’il n’allait pas tarder à lui demander.


- Blanche, dites-moi, ça vous ennuierait que je jette un coup d’œil sur votre roman ? Vous me pardonnez n’est ce pas ? Je n’ai pas pu m’empêcher d’ouvrir le fichier…


Blanche interdite ne sut quoi répondre, alors Yoshka  Boric se leva, posa sa serviette sur la table et la prit par la main :

-  Venez, il faut qu’on parle tous les deux !


Il lui parla deux jours et deux nuits. Au petit matin du dernier jour, il lui fit l’amour.


à suivre

 

 

 

 

Par Sybille de Bollardiere
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Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /2009 17:39
- Publié dans : L'Amour en Zone Inondable - Partager    


Il restait debout, incapable de bouger comme si seule son immobilité pouvait le garder en vie. Autour de lui, le silence et un chaos gris avait remplacé la tempête et les mugissements des vagues sur le pont. Il n’entendait plus. Curieusement, il lui restait les odeurs de vomi et de sel mêlées aux relents de mazout des cuves du bateau. Un goût de sang dans la bouche… Ah oui, sa lèvre saignait il avait du se mordre dans sa chute mais il n’avait pas mal, il n’avait plus peur, encore une fois, il avait échappé à la mort

- Vous dites vous appelez Yoshka, c’est  bien ça ?

Il  acquiesça de la tête, passa sa mains dans ses cheveux, et d’un revers de manche, essuya sa lèvre. Il pleuvait et il réalisa petit à petit qu’il était vivant, certes, mais sur le quai d’un port inconnu  quelque part sur les côtes de Normandie. Une certaine Blanche l’attendait, enfin, c’était ce qui était convenu. Après avoir tenté vainement de le faire rentrer dans la salle chauffée de la gare maritime, l’hôtesse se dirigea vers un de ses collègues.

- Yan, viens m’aider,  Il faut faire quelque chose, il a l’air bizarre ce type.

- Laisse-le, il m’a dit qu’il attendait quelqu’un.

- Tu as pu avoir ses coordonnées, un nom ? Ce quelqu’un l’attend peut-être à l’intérieur depuis longtemps.

- Non, il ne dit presque rien, sauf son nom qu’il répète sans arrêt… A mon avis il était déjà dérangé avant la traversée… On a affaire à un malade.

 - Yan,  il faut prévenir la police non ?

- Allez, calme toi on va attendre, on a d’autres soucis. Tiens, voici l’ambulance pour la passagère qui s’est cassé le bras. Installe les autres dans la grande salle, on va leur apporter des boissons chaudes.

- Quel fichu temps ! Pensa Yan en en mettant la capuche de son ciré.

Tout en luttant contre les rafales de vent, il entreprit de longer le quai en direction de la vedette que le remorqueur venait de ramener. Après trois heures à faire le bouchon dans une mer démontée, elle était en mauvais état.  Une porte latérale donnant sur le pont avait été défoncée par une lame et une avarie de moteur avait failli tourner à la catastrophe. En pénétrant dans la cabine, Yan constata que le matériel n’était pas aux normes ; certains sièges manquaient de ceinture et la plupart étaient défectueuses. Ceci expliquait que plusieurs passagers, mal ou pas attachés, se soient blessés dans leurs chutes.  

Le bateau dérivait vers les hauts fonds des Minquiers et avait réchappé de peu au naufrage. "Ceux de Jersey vont se faire taper sur les doigts de leur avoir donné le feu vert" pensa Yan en remontant sur la jetée. Un ciel de plomb annonça un nouveau grain, il n’était que 17heures et il faisait presque nuit. Il aperçut une voiture qui s’avançait sur le quai en faisant des appels de phare.

- Encore un qui ne se gêne pas !

La pluie horizontale frappait les vitres et Blanche hésita avant de descendre la sienne pour répondre à l’homme véhément qui lui faisait signe de s’arrêter.

- Mais bon sang ouvrez ! Je n’ai pas que ça à faire ! Qu’est ce que vous faites ici, c’est interdit aux voitures, c’est signalé non ?

- Oui, excusez-moi Monsieur, mais je viens juste chercher quelqu’un qui doit attendre depuis longtemps parce que je suis très en retard…

- Pas si en retard que ça je crois, vous venez pour le bateau de Jersey ?

- Oui, un ami…

- Il vient d’arriver et votre ami ne doit pas être fâché d’être sur le plancher des vaches après la tempête qu’il vient d’essuyer. On est passé pas loin du naufrage ! Allez vous garer, les passagers sont à l’intérieur et pas beaux à voir croyez-moi !

- Je ne peux pas rester là ?

- Je vous ai dit non !

Yan tournait les talons en maugréant, quand il vit sous la pluie battante la silhouette du passager toujours appuyée contre le mur de la capitainerie.

- Tenez, ce n’est pas lui par hasard que vous venez cherchez?  Ca fait un moment qu’il est là, il n’a pas voulu rentrer ni se faire soigner, il s’est blessé à ce qu’il parait…

Blanche plissa ses yeux de myope et découvrit la longue silhouette grise.  Il était trop loin pour qu’elle voit les détails de son visage, elle regagna sa voiture et dit :

- Oui, c'est bien lui, je vais aller me garer et je vais le chercher.

Pourtant, malgré la distance qui les séparait et le rideau de pluie qui masquait les détails de son visage, il y a bien une chose dont Blanche était certaine, le passager de la vedette Jersey-Granville n’était pas Yoshka.

Cela ne l'empêcha pas de s'avancer sur le quai à sa rencontre. Quand il la vit arriver, le passager se décolla du mur, secoua ses cheveux trempés d’une main et remonta le col de sa vareuse sur ses joues avant de se tourner vers elle. D’une voix un peu hachée et rocailleuse il lui dit :

- Bonjour, vous m’attendez je crois, désolé d’être en retard…

Il lui tendit la main et ajouta :

- Josip Boric, mais vous pouvez m’appeler Yoshka…

Blanche n’en revenait pas, c’était la meilleure, il avait osé lui faire ça, lui envoyer sa doublure ! Et quelle doublure !

C’était un grand type hirsute et mal rasé avec un fort accent slave et des traits à la fois anguleux et frustres qui, pour lui rappeler ceux du véritable Yoshka, n’en étaient pas moins leur caricature. Littéralement pétrifiés par l’étrangeté de leur rencontre, Blanche et le passager restaient tous les deux sous la pluie l’un en face de l’autre, secoués par les rafales de vent qui se renforçaient avec la marée montante. Brusquement elle prit le bras de l’inconnu.

- Allez venez, j’ai ma voiture, on parlera  plus tard.

Sa voix se perdit dans le mugissement du vent et le claquement des haubans. Elle hâta le pas, l’entrainant à sa suite vers le parking et n’entendit pas d’avantage les quelques mots  d’excuses que tenta de proférer le nouveau Yoshka.

 

 

 


Par Sybille de Bollardiere
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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 21:57
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Probablement en raison de l’automne qui fit son apparition plus tôt que prévu, mais aussi grâce à la désagréable impression qu’avait laissée mon irruption dans le bureau de Blanche, celle-ci se remit à écrire. En réalité, il serait plus juste de dire qu’elle se relut. La lettre de Tolya n’avait fait que brouiller les pistes. En relisant ses notes et les dernières pages qu’elle avait publiées, Blanche réalisa qu’elle avait oublié de parler de l’enfance de Lili –alors que cette dernière lui tenait particulièrement à cœur.  Elle se sentie envahie par le doute. Cette histoire de lettre lui parut aussi absurde qu’il lui était évident qu’une personnalité telle que Lili ne pouvait se contenter de rêver d’une relation vieille de quinze ans. Certes, le lecteur pouvait croire à l’existence de Tolya, à la rigueur à une brève liaison qu’il aurait eue avec Lili, mais il n’était guère possible de l’entrainer au delà. En relisant cette fameuse lettre, Blanche eut une curieuse impression de déjà vu. Tolya, était trop exotique pour être sincère et son message d’amour s’adressait finalement plus à lui-même qu’à une femme aimée.  Voila qui lui rappelait furieusement Yoshka. C’était bien sa manière de faire et elle le soupçonna très vite d’avoir simplement utilisé pour le roman une des lettres adressées à ses conquêtes.  Bien entendu il était hors de question de demander à Yoshka une nouvelle participation, pas plus qu’il n’était envisageable de l’appeler en l’accusant de recycler ses missives amoureuses. Yoshka n’était pas plus sincère en écrivant qu’en aimant, l’un justifiait l’autre. Il aimait pour écrire et écrivait pour se faire aimer et bien entendu, l’objet aimé n’était jamais l’objet aimant. Blanche n’était ni l’un, ni l’autre, tout au plus un de ces innombrables hasards dont Yoshka jalonnait son parcours.


Elle avait voulu écrire à deux voix et se retrouvait au pied du mur. Son histoire se délitait dans les affres de sa relation manquée avec Yoshka. Elle se rassurait comme elle pouvait en songeant qu’il ne lui manquait pas plus que cette saison écoulée où elle l’avait vainement attendu. Tout en arpentant les rives détrempées de l’Eure, Blanche se disait qu’avec un peu de chance, une bonne tempête lui apporterait la solution.  Elle se remit à écrire tout comme Martin se remit à aimer. L’une en épiant les ciels d’automne, l’autre en  surveillant les tiroirs de la table de nuit de Lili, sa boite à lettres et sa messagerie.  La suspicion gagnant du terrain et aiguisant son désir, Martin prit l’habitude de repousser au lendemain ce qu’il aurait du faire le soir même et ses patients de Fécamp, tout comme ceux de Thorville commencèrent à le taxer de négligence.

 

Il débarquait chez Lili presque tous les soirs, rangeait sa voiture le long de la route et descendait le chemin qui borde la rivière tout en éteignant son portable. Il se voulait libre de l’aimer et de n’entendre que sa voix. Même  la présence de Julien l’irritait, s’il tolérait de le croiser, celui-ci ne devait pas s’incruster ; d’ailleurs Lili l’avait compris, un soir, en apercevant la haute silhouette de Martin dans le chemin elle prit Julien par l’épaule.

- Allez viens, je vais te raccompagner un bout de chemin, il y a Martin qui…

- Oui je sais, il ne veut pas me rencontrer !

- Mais pas du tout, il préfère me voir seule, c’est un peu normal non ?

- Avant je l’aimais bien…

-Arrête Julien !

-Je sais pas si je vais le supporter… Même Véronique pense que c’est pas un bon médecin. D’ailleurs à Fécamp on dit que…

- Je ne veux pas entendre ça !

- T’as tort, c’est grave, après il sera trop tard.

Lili prit Julien par le cou et l’embrassa 

- Tu es jaloux ! C’est stupide

Ils sortirent dehors et croisèrent Martin devant le pont. Julien baissa les yeux et ne répondit pas à son salut, quant à Lili, elle l’embrassa rapidement tout en lui glissant :

- Je raccompagne Julien et j’arrive, sers-toi un verre, j’ai fait du feu.

Lili embrassa distraitement Julien au bout du chemin en lui promettant de venir le voir dès le lendemain  puis elle le chassa de ses pensées. Dans l’écheveau des nuages, un soleil violacé amorçait sa descente. Une brise de mer caressait les falaises et emportait vers l’est le cri des goélands. Lili marqua le pas et regarda la grève en frissonnant.  Elle aimait l’idée que Martin l’attende et que ce soit elle qui le découvre en ouvrant la porte. Elle savait qu’il aurait installé une couverture devant le feu, préparé un plateau avec du chardonnay pour elle, un whisky pour lui. Martin était un homme persévérant  et sans imagination mais, en matière d’amour, cela avait du bon et Lili aimait les clichés amoureux.  Si Martin n’hésitait pas à refaire avec application ce qui lui avait semblé agréable, il se montrait néanmoins toujours prêt à céder à une demande inattendue. Lili, experte en fantaisies sensuelles, mais peu douée pour les relations sérieuses, fit de grand progrès avec lui. Elle lui apprit la liberté des corps dans le bavardage des âmes et découvrit sa rigueur amoureuse dans les longs rituels silencieux de Martin. La menace d’un retour en grâce de Tolya se dissipa, du moins dans l’esprit de Lili qui renonça pour quelque temps à le retrouver. Il est vrai que ses dernières recherches n’avaient rien donné. Il n’en fut pas de même pour Martin, qui ne cessait de réecrire sur le corps de Lili cette fameuse lettre où il avait été question de passion.  La brune solitaire de Thorville était devenue sa raison, son enfer aussi car, pas un seul soir il n’eut la certitude de l’avoir possédée au point d’effacer le souvenir de Tolya.

 

Alanguie dans le plaisir et parlant d’autre chose que d’amour dès qu’elle en avait l’occasion, Lili ne prit jamais la peine de révéler à son compagnon que Tolya, doux rêveur, n’avait jamais été qu’un grand émotif et un piètre amant. A vingt ans elle ne pouvait le savoir et quinze ans après, elle avait la faiblesse de ne pas s’en souvenir.

Blanche relut sa page en souriant, elle aimait l’idée de Martin en forçat du plaisir, redoutait d’en dire plus mais, émoustillée par ce qu’elle venait d’écrire, elle oublia ses résolutions et adressa un mail à Yoshka.

Ce dernier ne se posa aucune question, le mail de Blanche résolvait la plupart de ses problèmes. Son invitation pressante le dispensait d’affronter une fin de mois difficile et le vide existentiel  dans lequel l’avait laissé sa brève liaison avec lucy. Les tempêtes d’équinoxe ne lui disaient rien, alors pourquoi prolonger son séjour à Jersey ?

 

A suivre

Par Sybille de Bollardiere
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