Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 22:30
- Publié dans : Chroniques

 Autheuil la voute

Ici et souvent chaque image est un aveu, parfois une prière. Une langue qui se rêverait au début d’une histoire plus que d’une aventure. Dans l’entre-deux-livres les mots se cherchent douloureusement et ici l’image est une page blanche avec ses efforts, ses tremblements et toute l’impuissance d’un geste commencé qui n’aboutit qu’à l’aveu annoncé…

Qu’ai-je vu de si beau que je ne sais le décrire ?

Qui me manque au point que je ne sais le dire ?

Les personnages ont pris congé ; non ils ne s’effacent pas, ils se tiennent de côté. Gargouilles, censeurs, anges noirs ou vagabonds, ils surveillent la page blanche et les fictions à venir avec la brutale affection de ceux qui, fidèles à l’auteur, n’en continuent pas moins à n'en faire qu'à leur tête.

 L’auteur justement, ce galérien qui s’impose une page blanche que personne ne lui réclame est aussi celui qui jouit du moindre mot comme l’orpailleur devant ses pépites.

 Aujourd’hui, le souvenir d’un été sur les sentiers d’avril, mes pensées brouillonnes dans la douceur romane et, au détour d’un chemin, le reflet d’un visage, un soleil, la route.

Déja publié en avril 2011 

 

Par Sybille de Bollardiere
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Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 14:55
- Publié dans : Chroniques

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Chevaux sauvages, bouleaux, peupliers, palissades de bois et fenêtres de couleurs vives pour réveiller le ciel. Plus loin une rivière sur son lit de pierres et enfin les steppes, une terre légère qui se soulève au vent. Du Baïkal à l’Issyk-Koul, j’énumère un décor où s’installer le temps d’un livre. Le crayon à la main, je voyage sur d’anciennes traces en suivant d’improbables routes sur des cartes jaunies qui parlent de pays qui n’existent plus, à la recherche d’un peuple qui ne se reconnaitrait pas. C’est juste une route de nuit à travers le temps et l’espace, un projet vieux comme l’insomnie et plein de vie comme un livre à venir. Il y aura Yoshka qui se réjouit déjà et se voit en caravane au pays des yourtes mais qu’importe, en bon personnage  il fera ce que je lui écris et de toute manière il a un désespoir plein d’avenir et il le sait.

 Et pendant ce temps-là, l’automne s’installe et pour la suite je ne suis pas pressée. La liberté est surendettée et les printemps ne font plus rêver. L’Olympe et ses dieux fatigués ont pris le maquis, c’est le retour à la terre. C’est décidé, je serai animiste, pour un dieu sage et muet qui préside en silence la grande roue de l’univers et s’honore en chaque chose du minéral au végétal, en chaque être vivant, sans aucune préséance.

Par Sybille de Bollardiere
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Mardi 1 novembre 2011 2 01 /11 /Nov /2011 18:06
- Publié dans : Jour et nuit (images)

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Le Perche, 1 novembre 2011

Par Sybille de Bollardiere
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Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 16:20
- Publié dans : Chroniques

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J'écris souvent le dimanche, et parfois en semaine dans le train, ballotée entre les visages fermés et le charme abandonné des friches SNCF. J'écris sur les voies, entre tags et lianes, détritus et sureau en fleurs, entre silence et brouhaha, solitude et promiscuité. J'écris sur un cahier replié sur mes genoux, à la sauvette et si possible très petit pour qu'on ne puisse pas lire par dessus mon épaule. Parfois si petit que je ne peux pas me relire.


Quand le train quitte les quais et s'enfoncent dans les sous-bois, mes personnages s'animent alors qu'il suffit d'approcher d'une gare pour que je cherche mes mots. Que voulez vous, l'écriture, le roman surtout, est un voyage ferroviaire que l'on croit mettre sur les rails en oubliant les rencontres et d'imprévus aiguillages. Et puis il ya ces gares où montent des personnages et d'autres stations en rase campagne où ils débarquent quand on croyait finir le voyage avec eux.

J'épouse le rail, son rythme et berce ma phrase entre les hoquets d'un train de banlieue, les yeux rivés vers ces grues métalliques qui se perdent dans le ciel de la ville. Déjà le gouffre m'aspire loin des lisières, un train qui s'en va braille sur une autre voie une langue inconnue et  le silence bleuit l'horizon, comme cette page blanche que je referme pour d'improbables lecteurs.

juin 2009

Par Sybille de Bollardiere
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Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 15:38
- Publié dans : Chroniques
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Par Sybille de Bollardiere
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S. de B. Sybille de Bollardière, auteur de poèmes et de romans, vit entre Paris et le Perche en Normandie. Elle a vécu également en Bretagne et au Congo, près de Brazzaville. Elle a publié Alizarine, poèmes aux Éditions de la Coïncidence 1981, Le défaut des origines, roman Ramsay 2004, (Prix La Fayette)  Une femme d'argile, L'Editeur, 2011.  Membre du jury du Prix Rive Gauche à Paris




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