Non, ce n'est pas la couverture du roman, mais son "portrait" si l'on peut dire cela d'une couverture. Il m'a été offert par l'artiste dont je fréquente l'atelier avec toujours beaucoup de bonheur... Un grand merci Corinne
Non, ce n'est pas la couverture du roman, mais son "portrait" si l'on peut dire cela d'une couverture. Il m'a été offert par l'artiste dont je fréquente l'atelier avec toujours beaucoup de bonheur... Un grand merci Corinne
Rencontre, signature autour
roman de Sybille de Bollardière
L'Editeur 2011
Le vendredi 15 juillet 2011
De 17 heures à 19 heures
« Dernière librairie avant la mer… »
42, rue Levavasseur – 35800 Dinard
Tél. 02 99 46 15 95
Et puis ce que vous pourrez admirer dans la région se trouve peut-être sur les albums : Bretagne et
Les jurés du Prix Rive Gauche à Paris (dont je fais partie) se sont réunis le 1 juillet 2011 à l'Auberge de Venise pour remettre le prix 2011 à Grégoire Delacourt pour son très beau roman :
"L'écrivain de la famille" chez Lattès, un livre à emporter pour ses vacances (avec "Une femme d'argile" bien sûr ;)
Vous trouverez ici l'album photo de la soirée avec tous les membres du jury: auteurs, journalistes, chroniqueurs... L'album du prix Rive Gauche
« L’homme du fleuve serra ma main plus fort et m’entraîna vers la grève où nous attendaient la pirogue et le chauffeur de taxi. Je ne percevais plus ni les voix ni le grondement du fleuve. Pour la seconde fois depuis mon arrivée, la sensation était revenue, « j’étais là », sans pensée, incapable de parler. »
Sybille de Bollardière a passé son enfance et son adolescence entre Paris et le Loir-et-Cher, puis a vécu plusieurs années au Congo, près de Brazzaville. Femme d’affaire autodidacte, peintre et auteur de poèmes, elle vit aujourd'hui à Paris où elle est consultante indépendante. Son roman, Le défaut des origines, a reçu le Prix Lafayette en 2004.
* * *
Le Djoué, 5 mars 1990
J’habite sur une colline qui domine le fleuve face aux déferlantes des rapides ; j’habite non seulement un pays, mais un continent. Le monde m’est devenu soudain plus palpable, plus vivant. Un jour je reviendrai d’Afrique et je sais que j’y aurai laissé une part de moi-même. L’eau descend sur les pentes de l’Ile du Diable, le fleuve amorce sa décrue avant le retour de la saison des pluies. Y a-t-il un printemps africain ? Y a-t-il une Afrique pour moi qui m’y baigne à corps perdu...
Octobre et l’Afrique à l’odeur de cendres ; les fumées montent noires et blanches. Des pneus que l’on brûle pour briser les pierres et puis la brousse qui n’en finit pas de noircir ; ciel africain sale, laiteux qui tombe sur les collines du Zaïre. La vague jaune du fleuve sur les plages. Le Congo appelle la pluie. Tout a le goût âcre de la poussière. Comme un don pour patienter, le goût suave des premières mangues, la chair tout d’abord douce puis, fibreuse, qui agace les gencives...
Le Djoué, 12 novembre 1991
Un chien enragé me poursuit dans mon premier sommeil, je crois l’entendre aboyer, je sens sa morsure, mais ce n’est pas la rage qu’il me donne, mais le poison du découragement...
Le Djoué, Lundi 25 Novembre 1991
Il pleut une petite pluie fine qui donne aux arbres une teinte sombre et dense. Vrombissement d’un avion derrière le plafond des nuages. J’en reconnais la destination, le Sud, Johannesburg probablement. Depuis huit jours la « chasse aux zaïrois » a commencé au Congo. Les quartiers sont minutieusement fouillés, les maisons perquisitionnées ; toutes sortes de bruits circulent sur d’éventuelles primes données au congolais qui les dénoncent. Par groupes de plusieurs centaines avec femmes et enfants, ils sont conduits au port et renvoyés chez eux sur des bateaux bourrés à craquer...
Le Djoué, 4 décembre 1991
L’Afrique vue de la cime des arbres est douce, verte. On n’y entend que le chant des oiseaux et le murmure des rapides. En fin de journée la pluie est revenue et le paysage a disparu. Seuls les flamboyants émergent comme des fleurs à la dérive sur un lac de brume...
Rue Mandela, 2 février 1993
Comment parler encore de la Yougoslavie, ce que nous apprenons tous les jours de l’épuration ethnique depuis le mois d’août est abominable et ressemble à s’y méprendre à ce que j’entends ici, ce qu’on me décrit des massacres du Shaba, au sud du Zaïre ou dans les cités et banlieues de Brazzaville dont personne ne parle jamais. Mais comme dit Pierre « A quoi bon avoir pitié de ceux qui n’ont pas pitié d’eux même ? »
C’est probablement vrai, je ne vaux que ce que je deviens chaque jour. On ne trouve pas les ténèbres en remontant le fleuve Congo mais en se laissant vivre ici, au fil du temps.
Extraits du Journal de Julia, Une femme d'argile. L'Editeur
Sybille de
Bollardière, auteur de poèmes et de romans, vit entre Paris et le Perche en Normandie. Elle a vécu également en Bretagne et au Congo, près de Brazzaville. Elle a
publié Alizarine,
poèmes aux Éditions de la Coïncidence 1981, Le défaut des origines, roman
Ramsay 2004, (Prix La Fayette) Une femme d'argile, L'Editeur, 2011. Membre du jury du Prix Rive Gauche à Paris
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