Vendredi 7 octobre 2011
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Publié dans : Chroniques

Il y a des jours comme ça où l’on rentre chez soi, émue d’avoir rencontré
ou côtoyé des gens admirables ou tout simplement merveilleux. C’était hier pour moi : le matin sur la ligne 13, coincé entre deux stations, un wagon de sardines entassées verticales et
suantes - dont j’étais- et au milieu un charmant bébé et ses parents. Tous trois, peau d’ébène, frais, souriants et paisibles malgré l’attente et l’énorme poussette. Contagieuse sérénité !
On était presque déçus de se retrouver tous délivrés et seuls sur le quai après ces longues minutes de patiente
Plus tard dans un train vers l’ouest une jeune fille à lourde frange
rousse regardait le paysage défiler avec tant de douceur que je l’imaginais partant en vacances ou rejoignant un amoureux. Pas du tout, ce n’était que son chemin de croix quotidien : une
heure et demie matin et soir assorties de quarante cinq minutes de voitures et de métro… Pourquoi tout cela ? « Parce que c’est difficile de se loger à Paris quand on est
étudiant… » Elle rajouta simplement « Mais cela me permet de vivre encore un peu chez mes parents et puis j’aime cette région… » Elle baissa les yeux en souriant à
l’arrivée d’un SMS et je plongeai dans mes notes…
Le soir, non loin d’un feu de bois et devant une belle nappe tissée
d’Afrique j’ai mangé une délicieuse omelette aux rutabagas percherons et champignons des forêts finlandaises et c’est le monde entier qui m’a paru merveilleux.
Là où j’habite est une chance, celle d’écrire le livre d’une vie silencieuse, presque recluse, un livre où les minutes
s’écouleraient au rythme des nuages défilant sur la cime des arbres. Je viens de finir un roman et déjà une autre histoire surgit entre les lignes, une autre folie, un autre désert. La vérité est
mortelle parfois, c’est pour lui résister que l’on devient écrivain.
Par Sybille de Bollardiere
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Mercredi 5 octobre 2011
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Publié dans : La vie, roman

"C'est faiblesse que d'aimer et c'est souvent une autre faiblesse que d'en
guérir" Blanche ne se souvenait pas de qui était cette phrase, elle songea même qu'elle se souvenait de pas grand chose en dehors de son roman. Quelques semaines après sa rupture avec
Yoshka, elle constata que l'amnésie brouillait déjà la trace de son visage. Alors elle éprouva une tendresse un peu marquée pour ce personnage qui se dessinait sous les traits de Martin. S'il
avait été faible ou lâche, il allait le payer le prix fort elle ne l'en aima que d'avantage, persuadée que c'est grâce à son héros qu'elle serait rachetée, elle, et tous ceux qu'elle avait aimés
et oubliés...
A propos de L'amour en zone inondable...
Par Sybille de Bollardiere
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Lundi 3 octobre 2011
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Publié dans : Chroniques
Quand j’arrive à Paris certains matins, j’ai déjà entendu la nuit craquer dans les
bois et découvert sur les vallées d’ici, les soleils rouges de l’aube et leurs lacs de brume. Plus loin sur la plaine vide et morne où m’entrainent les rails, je repense à ceux que je laisse
après les avoir dérangé : animaux sauvages qui regagnaient les lisières quand ils m’ont croisée. Quand j’arrive à Paris le plus souvent je n’ai aucune idée du monde qui m’attend, je voyage,
métro ou train, sur d’autres lignes, au fil des pages que je lis où que j’imagine écrire.
Récemment j’ai lu, je crois dans le dernier numéro du Magazine Littéraire, ce mot de
Michon « La littérature est une forme déchue de la prière, la prière d’un monde sans Dieu » Eh bien moi, le mien de dieu, s’il ne sait plus très bien son nom que je ne prononce
pas, il se réjouit de chaque mot, de chaque ligne mais aussi de chaque labour et jusqu’à la plus minuscule trace humaine, ne serait elle qu’une griffe à la surface de la terre.
Il nous en faut bien un dieu généreux à nous autres, griffeurs de pages et de jours
dans le plus parfait silence et face à la plus glorieuse indifférence… Un dieu joyeux et tout de même un peu condescendant quand il répond à nos vaines interrogations « Ne te pose pas la
question de savoir si cette histoire mérite d’être écrite ou lue, cela reviendrait à te questionner sur ton droit d’exister… ECRIS-LA » Il a raison et je me dis
toujours la même chose en arrivant à Paris, « Dieu-le-pas-nommé » a toujours raison. On écrit parce que la plupart du temps on ne sait faire que ça, que la politique est devenue
insupportable, la guerre et le sexe terriblement ennuyeux depuis qu’il n’y a plus de vraie conquête. Le dernier combat reste la littérature même si les plus grands aimeraient mieux d’autres
gloires que celles que leur offrent leurs lecteurs…
En disant cela je pense aux lectrices bien sûr et pas n’importe lesquelles, du beau
monde de la ligne Paris-Nogent le Rotrou, où des dames bien coiffées parlent dans le train du week-end à venir de leur ISF et de leurs chères lectures, des lectrices enragées de Sollers dont
l’une déclarait avec un air désenchanté à propos du dernier opus « Le Sollers se termine petit-à-petit, le soir».
Voila, c’est ça un grand écrivain, ça se boit comme une tisane avant d’aller
dormir.
Par Sybille de Bollardiere
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Mardi 27 septembre 2011
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Publié dans : La vie, roman
Une très belle chronique de Laurence Biava émission" le lire et le dire"
21 octobre 2011
à écouter à partir de 19'27
http://www.wat.tv/audio/emissi on-lire-dire-21-octobre-4cm3l_ 2g6sn_.html
L'Est Républicain
Dimanche 25 septembre 2011
Livres, soleil et dédicaces. Rituel des rencontres entre les écrivains et le public venu en masse au 10 ème Salon des Mots
Doubs
Photo JM Nzikou
LE PERCHE 26 MAI 2011
BSC NEWS MAI 2011
BRUNE MAI JUIN 2011
Ouest France 24 avril 2011
Par Sybille de Bollardiere
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Lundi 26 septembre 2011
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Publié dans : Poulpitude et autres tourments
Par Sybille de Bollardiere
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