Profil

  • Le blog de Sybille de Bollardière
  • Romancière, poète, Sybille de Bollardière vit entre la région parisienne et le Perche. Elle est l'auteur du roman "Le Défaut des Origines" publié aux Editions Ramsay 2004 (Prix Lafayette)et "d'Une femme d'Argile" à paraître.

s'abonner au blog :

  • Flux RSS des articles

Me contacter :

Recommander

Rechercher

Images Aléatoires

  • S de B
  • Turquie-2010 1170
  • CHAUSEY-200902927.jpg
  • piotre2
  • Une-rivi-re02959.jpg
  • Turquie-2010 0820

Playlists du blog


Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /2009 22:06
- Publié dans : Chroniques - Partager    

Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /2009 21:55
- Publié dans : L'Amour en Zone Inondable - Partager    

Blanche était plus ou moins satisfaite du dernier passage qu’elle venait d’écrire au sujet de Lili. C’était un personnage difficile pour elle, pour ne pas dire douloureux. Lili, son antithèse, la malmenait dans son intimité et au fond elle la fascinait aussi. C’est peut-être en partie à cause de Lili qu’elle avait renoncé à écrire avec Yoshka. Elle n’avait pas supporté l’idée qu’il puisse se servir de ce personnage pour donner libre cours à ses fantasmes masculins…. Enfin, c’est ce qu’elle lui avait reproché dans un de ses derniers mails :

« De Blanche à Yoshka  :

J’ai lu ce que tu as écris au sujet de Lili, mais tu oublies l’essentiel quand tu la décris avec tant de complaisance masculine (et puis, c’est « mon » personnage…)  Elle ne t’appartient pas, pas d’avantage qu’à Martin. C’est une femme air et eau, un amphibie, d’ailleurs elle a toujours avoué avoir la sexualité d’une tortue de mer… (Si tu ne sais pas ce que cela signifie, n’hésite pas à me le demander…)

Blanche »

Yoshka lui avait répondu par un long texte fort documenté (Il avait  finalement aimé  l’idée d’une sexualité de tortue de mer pour une héroïne) qui se terminait par un article d’une encyclopédie sur la reproduction et l’accouplement des tortues : « Lors de l’accouplement, le mâle s'accroche par ses deux griffes antérieures (qui sont donc des caractères sexuels secondaires) à la carapace de la femelle. Les femelles peuvent conserver les spermatozoïdes des mâles durant plusieurs mois ou années dans un repli de leur oviducte. Les femelles ne pondent que sur leur lieu de naissance, à quelques mètres ou centaines de mètres près, suivant les espèces. »

Bon, je ne sais pas si nous sommes très avancés sur la sexualité de Lili Lemaire…

Yoshka.

 

De Blanche à Yoshka,

Oh comme tu es émouvant avec tes recherches ! Finalement tu me donnes des idées que je n’avais pas. Cela me plait beaucoup de supposer que Lili, comme les tortues de mer, ne peut s’accoupler que près de son lieu de naissance (et pour tout te dire, je la comprends…) Initialement cette boutade m’était venue pour son caractère exotique, sans que je sache exactement pourquoi je l’utilisais. Maintenant, j’aime bien l’idée de l’eau, de Lilli offerte et silencieuse dans une relative indifférence. Quant à supposer que comme une tortue sur le dos, Lili serait systématiquement passive, il n’y a qu’un pas et je ne le franchis pas. Car ce n’est pas parce qu’une femme se montre léthargique en amour qu’elle le demeurera en toute circonstance et avec tous ses partenaires. Il y a des miracles, c’est affaire de rencontre… C’est si long une vie de femme, une vie sexuelle, une vie amoureuse qu’importe ! Oui, on peut supposer qu’il y a des temps morts, des périodes « tortue de mer » et j’y pense, surtout à Thorville, entre l’habitude, et les tempêtes de nord ouest quand il n’y a rien à faire d’autre que d’attendre…

Mon cher Yoshka, malgré tes nombreux talents, ne me dis pas que tu es narcissique au point de ne pas avoir repéré « quelques tortues de mer » dans tes conquêtes…

Je t’embrasse

Blanche

 

Blanche avait imprimé ces deux derniers mails et les gardait dans son cahier. Maintenant qu’elle se trouvait confrontée au caractère de Lili, elle les relisait, cherchait une passe, un signe quelque chose qui l’aurait mise sur la bonne voie.

En fait, ce qui échappait à Blanche c’est le caractère solaire, l’instinct du bonheur de Lili et peu importe ce que sa sexualité en traduisait aux yeux des autres. Elle aimait, de tous ses pores, de chacune de ses cellules, elle aimait tant et si bien qu’il n’était pas rare qu’elle jouisse seule du spectacle de la vie qu’il s’agisse d’un lever de soleil sur les falaises ou de tout autre chose.

Rien n’était prévisible pour Lili.

Sauf Thorville,  cette volonté d’y vivre, d’y aimer ou plutôt d’y partager son plaisir.

Elle savait attendre ce qui revient à date précise : les saisons,  les oiseaux migrateurs mais parfois aussi, d’autres ombres, des souvenirs que rien ne peut faire oublier.

Lili était une femme d’air et d’eau, une Vénus callipyge dont le corps traduisait ce don particulier pour la lenteur.

à suivre...

 


 


Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Dimanche 7 juin 2009 7 07 /06 /2009 12:21
- Publié dans : L'Amour en Zone Inondable - Partager    


Résumé des épisodes précédents

Après avoir tenté l’expérience de l’écriture à quatre mains, avec un certain Yoshka, nègre de son état, Blanche a renoncé à son projet initial et s’est installée pour quelques jours à Fécamp dans le décor de son roman qu’elle est bien décidée à terminer seule. Un soir de tempête, son héros Martin- qui remplace un médecin de campagne- fait un détour par la côte après avoir terminé ses visites. Dans la nuit noire, il rencontre Julien affolé, qui l’entraine dans une maison où il découvre Lili Lemaire, une étrange jeune femme que tout le monde semble connaitre sur la côte. Lili a fait une terrible chute et gît au pied de son escalier, sérieusement blessée. Tandis que Martin la fait hospitaliser et promet d’aller la voir, Julien, l’adolescent un peu simplet disparait dans la nuit avec son secret.

Pourquoi Julien était il auprès de Lili ce soir là en pleine tempête ? Martin se posa la question un moment, puis il écarta le visage du jeune rouquin de ses pensées pour y laisser pénétrer l’obsédante image de Lili. Après une nuit blanche et plusieurs appels dans le service hospitalier où la jeune femme avait été admise, il sortit de chez lui, prit un café sur la place avant de s’engouffrer chez le fleuriste. Il se ravisa, réalisant qu’il était médecin et n’avait donc aucune raison d’arriver avec une brassée de fleurs qui ne pouvait faire que mauvais effet dans un service de chirurgie orthopédique où elles étaient rigoureusement interdites. Il rentra chez lui pour se changer. Son appartement était situé en plein centre, non loin de la pharmacie de sa sœur Armelle. Ce n’était qu’un modeste deux pièces qu’il avait loué « provisoirement » en arrivant à Fécamp. La Farandole, la maison familiale en passe d’être vendue, était partiellement démeublée et sinistre à souhait pour ne pas dire inhabitable. Il pénétra dans le hall, prit son courrier dans la boite aux lettres et c’est alors qu’il le vit : L’escalier…

Cela faisait plusieurs mois qu’il habitait là et il n’avait jamais fait le lien, ni repensé à cet autre escalier si semblable au pied duquel sa vie, ou plutôt une autre vie s’était brisée. Il frissonna. Quel curieux rapport entretenait-il avec les escaliers ?  Il repensa à ce dont il voulait se souvenir comme « d’un accident » la chute interminable d’Agnès sur les volées de marches en pierre de l’hôtel particulier de ses parents…

Le choc avec la dernière marche avait été fatal et si Agnès avait survécu, elle était dans le coma. Elle n’était plus enceinte et Martin savait qu’il ne l’épouserait jamais.

Il se souvenait vaguement de l’avoir poussée mais commençait à l’oublier à force d’en avoir persuadé les autres et il s’était mis à croire en son innocence. Seule Agnès savait…  Et elle ne pouvait plus parler. Lui, Martin était libre, enchaîné à cet instant, mais libre de vivre loin d’elle. Il pensa qu’il ne l’avait jamais aimée, ni même désirée comme il désirait Lili depuis  le premier regard.

Il renonça à sa première visite et attendit quelques jours tout en prenant des nouvelles et puis un matin, il sut qu’il allait la revoir ! Sur la route qui longeait la côte, il se dirigeait vers l’hôpital, oppressé, le cœur broyé, la respiration bloquée, comme en apnée dans un sentiment amoureux qui ne disait pas encore son nom.

Lili l’attendait dans sa chambre ensoleillée à l’heure des visites médicales. Elle était souriante et fraiche comme si la douleur, si intense les premiers jours, la laissait enfin en paix. Elle portait une chemise de nuit ancienne dont la broderie anglaise dissimulait en partie la minerve qui entourait son cou. Martin s’appuya des deux mains sur le pied de son lit et chercha ses mots, mais c’est elle qui parla la première.

-  Bonjour Docteur, je m’attendais à vous voir plus tôt… Oh mais ce n’est pas un reproche ! Je me doute que ce n’était pas facile pour vous de venir jusqu’au Havre...

Martin remarqua en la revoyant qu’il avait mémorisé le dessin de ses lèvres, mais aussi la forme de ses ongles, petits et plats comme ceux d’une enfant, ses mains fines comme sa taille contre laquelle elle maintenait le drap replié. Il était tombé amoureux en son absence, en reconstruisant son corps, ses gestes et dans ses rêves Lili était indemne de toute blessure.

La jeune femme avait beau lui montrer le plâtre qui entourait sa jambe et ses nombreuses ecchymoses, Martin aveuglé, ne voyait rien d’autre que le corps transfiguré de celle qui occupait ses pensées depuis huit jours.

-  Lili, je crois que tout est prêt pour votre sortie, si vous le souhaitez, je peux vous ramener chez vous…

Il l’avait appelé Lili et évita son regard quand il lui dit en la quittant :

- J’ai deux ou trois courses à faire, je passerai vous prendre en       début   d’après midi si vous le voulez ?

Lili souriait, parfaitement détendue et lui répondit :

-  Merci, c’est très gentil ! Je suis vraiment heureuse de rentrer chez moi… Si ça ne vous ennuie pas, pourrait-on ramener Julien aussi ? Je l’attends, il doit venir me voir…

Martin referma la porte et se dirigea d’un pas ferme vers le hall, il croisa Julien qui montait vers la chambre de Lili et fit semblant de ne pas le voir.


A suivre

 

 



Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /2009 21:12
- Publié dans : L'Amour en Zone Inondable - Partager    



A l’instant où il découvrit Lili pour la première fois, Martin sut qu’il allait l’aimer affreusement. Il ressentait déjà en lui la douleur de cet amour fatal mais aussi la volupté de son propre abandon. Il lui semblait que toute sa vie passée n’avait été que le prélude de cet instant où le regard vert de Lili croisa le sien. Martin le raisonnable, Martin le tiède, tenait enfin son supplice, sa douleur, il allait pouvoir expier, non seulement ses fautes anciennes, mais sa nature toute entière. Lili le possédait intimement, aussi surement qu’il pressentait déjà qu’il la perdrait.

Longtemps Martin avait pensé que la sérénité tenait plus au décor qu’aux sentiments qu’il entretenait avec ses semblables.

S’il n’avait pas la réputation d’être sentimental, il était pourtant particulièrement attaché à ses objets et à certaines marques d’un style de vie qu’il avait fait sien. Ainsi il aimait les beaux cuirs, les belles étoffes, les vêtements bien coupés et le cashmere. Il avait pris l’habitude de conforter son goût - qu’il jugeait excellent - par la lecture de revues masculines qu’il empilait soigneusement sur sa table basse. Il y était question de luxe, de montres, de vêtements sportswear de prix, de cigares autant que de bons vins et certaines saisons, il n’était pas rare d’y trouver un portfolio consacré aux bateaux, aux purs sangs arabes ou encore à la découverte sous-marine des Maldives.

Martin Hamel était une sorte d’assassin conformiste, conçu sans amour mais dans le respect des traditions. Il avait été élevé sous leur aile protectrice, pour ne pas dire à l’ombre de leur pesanteur.

Non je ne vous dirai pas d’où je viens, d’ailleurs, bientôt, je serai la seule à m’en souvenir et ma mémoire offense les vivants… Mais si, par certains aspects que je viens de mentionner, je me sens proche de Martin, c’est Lili qui m’étonne et me séduit. Elle ne devait la vie qu’à une rencontre de hasard dont j’appris les détails bien après les premiers chapitres où Blanche fait mention de son existence. Elle avait connu l’amour et le soleil dès le berceau et son sourire en gardait la trace.

La vie pour Lili était une fête porte ouverte sur un jardin. Rien n’aurait pu la distraire de son vœu intime de se réjouir, d’aimer, mais aussi de découvrir. «  Tout ce qui est nouveau se goûte » avait-elle coutume de dire. On pourrait ajouter « rapidement » car s’il est bien une chose dont elle se méfiait, c’est de la durée.

Pourtant, à l’époque que décrit Blanche dans son roman, tout nous laisse à penser que Lili vivait dans la région de Fécamp depuis plus de dix ans. On peut s’interroger sur les étranges raisons qui l’avaient maintenue autant d’années dans ce pays de larmes et d’embruns.

Lili était à sa façon une artiste, elle aimait les rêves et tentait de les décrire dans ses tableaux aux étranges compositions que découvraient les touristes les jours de pluie. Si elle avait des zones d’ombre et des secrets sur lesquels veillaient jalousement Julien, Lili, même cruellement blessée, ne pouvait rester insensible aux charmes surannés d’un amour hors saison.

 

A suivre

 



Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Mardi 26 mai 2009 2 26 /05 /2009 22:58
- Publié dans : L'Amour en Zone Inondable - Partager    




"C'est faiblesse que d'aimer et c'est souvent une autre faiblesse que d'en guérir" Blanche ne se souvenait pas de qui était cette phrase, elle songea même qu'elle se souvenait de pas grand chose en dehors de son roman. Quelques mois après sa rupture avec Philippe, elle constatait que l'amnésie brouillait déjà les traits de son visage. Alors elle éprouva une tendresse un peu marquée pour ce personnage qui se dessinait sous les traits de Martin. S'il avait été faible ou lâche, il allait le payer le prix fort elle ne l'en aima que d'avantage, persuadée que c'est grâce à son héros qu'elle serait rachetée, elle, et tous ceux qu'elle avait aimés et oubliés.


Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés