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Sybille de Bollardière
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Les silences du Grand Canal

20 Octobre 2010, 19:46pm

Publié par Sybille de Bollardiere

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Versailles au matin, une si belle rencontre... Immensité de l'eau dans sa perspective, Versailles aérien, solitaire ou tout simplement kitch pour une reine qui l'était sûrement moins qu'on ne le pense mais un peu plus que nécessaire. Versailles et ses nuages, jamais si beaux que venus de l'Ouest quand ils apportent le souffle de la mer. Des allées pour marcher, réciter, oublier, écrire aussi. Prononcer ici où là et pour soi seul les mots indispensables, se laisser aller au rythme des pas et de la phrase. Pour moi, la plus belle histoire de ce parc c'est son ciel, la splendeur de son espace ouvert au couchant.

 

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Piotr Gasterovitch, le poulpe Editeur

5 Octobre 2010, 19:19pm

Publié par Sybille de Bollardiere

 

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Piotr fait partie de ces gens qui se croient absolument obligés de vous raconter leurs rêves. En plus de cela, ce matin il a choisi le petit déjeuner, moment où je ne supporte que le silence.  J’ai eu beau lui affirmer qu’il n’y avait pas urgence il a vraiment insisté :

- Il faut que tu m’écoutes, je crois que nous tenons là une bonne idée

-Depuis quand les idées viennent des rêves, des rêves de poulpe en plus !

De guère lasse en me dirigeant vers la cafetière pour me resservir, j’ai consenti à l’entendre.

- Bon alors, raconte moi ton rêve puis que tu y tiens tant.

- Je voudrais devenir éditeur….

- Sans blague ? Bon Piotr, je crois vraiment qu’il faut que tu reprennes une vie normale de poulpe au plus vite. Je veux dire une vie marine avec tes semblables, une vie sexuelle harmonieuse, une nourriture saine… Il faut que tu arrêtes de lire, c’est malsain et même décadent…

-Tu y vas fort ! Laisse-moi t’expliquer…

Dans un premier temps il se montra déçu par ma réaction plus que blessé, comme s’il avait déjà prévu mon agacement et ma dérision puis, il prit le temps de me faire part de la somme d’observations qu’il avait récoltée durant ces longs mois à nous fréquenter Yoshka et moi. Il me fit comprendre qu’à force d’observations sur les réseaux sociaux, il n’ignorait plus rien des tourments de l’auteur et des doutes de l’éditeur. Enfin, il m’expliqua avec beaucoup de ménagements, montrant par là dans quelle mésestime il tenait ma capacité de réflexion, comment agit le rêve chez le poulpe. Loin d’être comme chez l’humain, une pollution cérébrale due au hasard ou la conjonction d’événements fortuits, le rêve est parait-il chez le gastéropode, l’expression d’une volonté collective, en fait « la transmission » de la connaissance entre les membres de la communauté. Une fois encore, il m’affirma que Freud n’avait rien à faire dans les rêves des gastéropodes.

Nous avons donc passé une longue journée à décortiquer le songe de Piotr. Certains aspects en demeurent pour moi assez obscurs même s’il rêve d’une façon flagrante en « vert et or » avec une touche de vermillon. La précision des images qu’il m’a décrites et que je tente de reproduire ici, m’a laissée sans voix tout en me rappelant étrangement des souvenirs assez récents. Mais je ne peux, dans l’état actuel de mes connaissances, tirer aucune conclusion hâtive sur les interconnexions entre le poulpe et l’humain. Pourtant, il se pourrait bien  que cette nuit onirique soit suivie d’un projet car après tout, même ma mère a commencé à croire en l’existence de Piotr et quand on sait à quel point le doute est sa lumière… Mais ça c’est une autre histoire.

 

 

 

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Piotr, Philippe Katerine et il pleuvait toujours...

4 Octobre 2010, 21:43pm

Publié par Sybille de Bollardiere

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Rien de tel qu’un séjour en Bretagne pour redécouvrir les bienfaits de la sieste. Il faut dire que la veille au soir, Piotr et moi, avions sérieusement fêté notre arrivée. A la mi-temps d’une semaine de pluie, face à la montée des eaux, il nous restait l’inaltérable plaisir de lire ou de relire. J’avais choisi « L’Atlas des Iles Abandonnées » de Judith Schalansky que je feuilletais au coin du feu tout en dégustant un blanc du Languedoc. Piotr lui, préféra relire « un léger passage à vide de Nicolas Rey ». Très vite, sous l’effet du  fameux « Belles pierres » il fut pris d’un délire récitatif et c’est debout sur la table, sur fond du dernier album de Philippe Katerine qu’il nous fit visiter les tréfonds de l’âme de l’auteur.

« Bla bla bla », disait la chanson ou, « Comment tu t’appelles ? » « Ta gueule » hurlait  Piotr en roulant sous la table … Et il pleuvait toujours.

Le lendemain, le teint blafard, il sortit brièvement de sa léthargie :

- Il faut que je te parle de mon rêve, c’est très étrange…

- Ah oui, ton rêve…Mon pauvre Piotr, reposes-toi et on en parlera demain.


 

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