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  • Romancière, poète, Sybille de Bollardière vit entre la région parisienne et le Perche. Elle est l'auteur du roman "Le Défaut des Origines" publié aux Editions Ramsay 2004 (Prix Lafayette)et "d'Une femme d'Argile" à paraître.

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Vendredi 4 septembre 2009 5 04 /09 /2009 21:40
- Publié dans : L'Amour en Zone Inondable - Partager    


Blanche relut le passage qu’elle avait écrit au sujet de l’amant de Lili. Elle revit la scène. Après plusieurs jours d’absence Martin était revenu voir celle qu’il aimait, brisé d’angoisse en songeant que leur amour ne tenait qu’à un fil : le silence définitif d’Agnès. Il ne pouvait imaginer perdre Lili et pourtant, chaque nuit, la vision de son ex compagne sortant du coma et se jetant sur lui venait le hanter. Jamais Martin n’avait imaginé que le danger pouvait venir d’ailleurs. A force d’épier le présent de Lili, de la surveiller au point de ne même plus lui dissimuler sa jalousie, il  en avait oublié le passé de celle qu’il aimait. Aussi ce matin là, quand il découvrit la lettre en renversant malencontreusement la table de nuit, le choc fut rude. Lili avait crié d’en bas « Ce n’est pas grave » et Martin qui avait vu la lettre glisser sous le lit s’était précipité pour la lire.


C’était une lettre qui venait d’Angleterre, elle avait été postée sur la cote sud seize ans auparavant. Il calcula rapidement que Lili à cette époque là n’avait que 20 ans. C’était une lettre d’amour comme lui, Martin n’en avait jamais écrite, une lettre qui lui semblait aussi étrange que venimeuse, car à n’en pas douter, elle avait été lue et relue par sa destinataire. Mais il ne put poursuivre sa découverte, Lili remontait dans l’escalier et il remit précipitamment la lettre dans le tiroir avant de redresser la table de nuit.


- Qu’est ce que tu as Martin ? Tu es tout pâle

- Rien, je me suis relevé trop vite… enfin sans doute

Lili trouvait son attitude étrange et elle ouvrit le tiroir :

- Tu as trouvé cette lettre, tu l’as lue et tu ne veux pas m’en parler n’est ce pas ?

Son visage était dur, fermé et Martin eut peur.

- Non bien sûr, j’ai juste remarqué le timbre.


Mais le timbre n’avait rien d’exceptionnel et Lili ne fut pas dupe. Cette lettre, elle n’avait plus besoin de la lire, elle se la récitait parfois et quinze ans après, elle lui tirait encore des larmes.


Blanche s’arrêta net, elle ne voulait pas aller plus loin ou plus exactement, elle ne pouvait pas. Elle se trouvait dans une impasse face à un personnage qui non content de lui échapper, la torturait. L’amant de Lili lui était aussi étranger qu’il la fascinait. Elle se souvint de toutes les discussions qu’elle avait eues avec Yoshka à ce sujet, lui seul pouvait l’aider et puis, d’une certaine façon, elle n’était pas mécontente d’avoir un bon prétexte pour lui écrire.


« Yoshka,

Je pense que tu es remis de ta balade en mer du côté du raz Blanchard et j’imagine que tu as déjà récupéré tes pantoufles, un bon plaid et ta sacro sainte connexion internet… Alors fais-moi signe, car même si tu ne viens pas, j’ai besoin de toi. Tu vas hurler mais, tu avais raison, j’ai besoin de toi pour le personnage de l’amant de Lili. Peut-être que tu pourrais m’aider dans les descriptions… Et si ce n’est pas trop te demander… Une lettre… On en parle si tu veux.

Je t’embrasse

Blanche »


à suivre...

 

 

 

Par Sybille de Bollardiere
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