Partager l'article ! Exercice d'admiration et un certain bonheur: Les marges des livres auxquels on ...
Les marges des livres auxquels on tient sont pavées de nos bonnes intentions littéraires. Stimulés par l’illusion d’un échange ou d’une filiation secrète, on se prend à rêver d’une œuvre à soi à l’ombre d’une grande figure. On emporte ses livres au fil du temps et des lieux, partout, et il arrive parfois que les pages de garde se transforment en carnet de notes où les vœux d’écriture se superposent en strates successives avec les exercices d’admiration.
Relisant Cioran qui redécouvrait de Maistre, je retrouvai cette phrase à propos des éloges bien encombrants du grand énergumène :
« Il n’est qu’une manière de louer : inspirer de la peur à celui que l’on vante, le faire trembler, le contraindre par l’hyperbole généreuse, à mesurer sa médiocrité et à en souffrir. Qu’est ce qu’un plaidoyer qui ne tourmente ni ne dérange, qu’est ce qu’un éloge qui ne tue pas ? Toute apologie devrait être un assassinat par enthousiasme » Cioran Exercice d’admiration – Joseph de Maistre
Aujourd’hui lundi, la journée s’annonce sous un ciel transparent et l’on oublierait presque les nuages sombres de l’actualité. Un vent inodore et mauvais souffle sur nos têtes. Pourtant une joie imprévue me fait écrire en marge : Nous ne sommes jamais innocents des moments de bonheur que nous vivons. Acteurs dans l’âme, nous recherchons la scène. Un dieu voyeur nous l’offre parfois et nous l’en remercions sans trop s’appesantir, certains qu’il y aura, lui aussi, pris son plaisir.
Sybille de
Bollardière, auteur de poèmes et de romans, vit entre Paris et le Perche en Normandie. Elle a vécu également en Bretagne et au Congo, près de Brazzaville. Elle a
publié Alizarine,
poèmes aux Éditions de la Coïncidence 1981, Le défaut des origines, roman
Ramsay 2004, (Prix La Fayette) Une femme d'argile, L'Editeur, 2011. Membre du jury du Prix Rive Gauche à Paris
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La citation que vous rapportez me laisse un peu perplexe dans le sens où elle sous-entend un certain plaisir à égratigner par l'écrit. Cela me place en porte à faux avec mes valeurs. Peut-être que je devrai lire ce passage dans son réel contexte pour mieux comprendre la pensée de son auteur car ce passage seul me dérange un peu.
Ai-je mal interprété peut-être ?
Non je ne crois pas que cette citation de Cioran soit comme vous le sous-entendez, une égratignure de l'écrit. Je vous conseille ce livre "Exercices d'admiration" Le passage que j'ai cité veut simplement signifier que l'éloge est parfois à double tranchant (Il s'agit de J de Maistre glorifiant le pape d'une façon que ce dernier fut obligé de trouver "encombrante") Merci pour votre lecture.