Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Voie d'accès

Textes de l'atelier du vendredi, 6 décembre 2013

7 Décembre 2007, 16:45pm

Publié par Sybille de Bollardiere

 

 A propos d’une photo :

 

Premier atelier d’écriture du vendredi. Dans la lumière de l'après midi, chaque participant a choisi sa photo avant de s’ installer son cahier sur les genoux, pour traquer stylo en main, les mots captifs de l’image. Sybille de B.

 

 Cosima

 El Lobo

Sept ans, l’été.

Nous partons en Espagne dans la grande voiture bleu marine  de mon enfance, Nonno, Maman, oncle Virginio et moi.

Maman est toute jeune et soumise aux dictats des hommes de la famille. Moi je ne compte pas pour grand chose.

De ce voyage il me reste quelques souvenirs dont une corrida poussiéreuse dans la chaleur étouffante de l'été. Des cris et du monde. Plus tard, la seule image que j’ai pu supporter de regarder de ce sport horrible a été la photo de Picasso et Cocteau assis complices dans une jouissance commune.

Le dos de ce toréador est le dos que j’ai tourné à mon enfance et à ces vacances en Espagne.

Un jour sur la plage mon oncle qui avait 20 ans à l’époque, m’a jetée à l’eau. Je ne savais pas nager.

Ça, l’Alhambra et les papiers jonchant les sols des bars est tout ce qui reste dans ma mémoire cinquante ans après.

Cosima

*   *   *   

Agathe

web_Petit_Michel_Doisneau_c_-Robert_Doisneau--Rapho.jpg

" Le rêve du Petit Michel"  Doisneau

Promesse

La paupière est fermée, la ligne des cils dessine un trait de plume au dessus de la joue semée de tâches de rousseur, l'ombre de la narine, la rondeur du nez, la paix, le sérieux d'un enfant endormi.

L'enfant rêve  les mains nouées autour de l'objet de son rêve,  deux planches de bois.

Deux planches pour braver la peur, la sienne et  celle des grands, glisser sans réserve sur le manteau de neige, se griser d'air vif. En attendant il dort, la tête enfoncée dans le moelleux de l'oreiller, dans l'ailleurs de son rêve. Les lignes du pyjama sur  les draps immaculés annoncent la trace bleutée des skis. Candeur d'un visage d'enfant abandonné sur un drap blanc comme neige.

Sous le regard attendri de son père, un enfant dort, agrippé à son rêve, portait d'une attente,  un matin, une rencontre, un ailleurs.

De  la promesse de l'aube.

Agathe

*   *   *   

      Dep

london.jpg

 London, the embarkment on a wet night  

La jetée une nuit humide, ou plutôt l'embarquement prochain... La fin ou le début qui se touchent souvent, se frôlent et qui sait... Se superposent.

La nuit malade d'humidité, celle des larmes, du déchirement... Celles de la délivrance ?

Celles de la joie future de cet ailleurs asséché des pluies, souriant et lumineux.

 Cette photo décrit bien la vie, celle qui fût, est et peut être sera la nôtre car nous avançons toujours en mode actif ou vibratoire, en restant immobiles parfois, oui nous avançons. Et même si cette humide tristesse gluante et falote émanant des réverbères adhère et poisse sous nos pas, nous avançons...

L'espoir est au bout du quai, au bout du cauchemar, de la Peur.

L'espoir, ou... Le retour sur nos pas.

Pas assez de courage

Pas assez de Vouloir

Pas assez de raisons... Ou tout simplement personne à l'autre bout.

Personne nous attendant

N'attendant que nous...

Il n'en faudrait pas plus parfois pour se larguer, s'ennivrer au jus des mots d'espoir et d'amour. Il n'en faudrait pas plus pour conquérir un monde lointain ou intérieur mais toujours synonyme de liberté.

Libération, révélation de notre lumière intérieure...

Adieu...

Au revoir...

Sommes-nous enfin arrivés à quai ? DEP

*    *    * 

Après quelques pas dans un jardin... 

 

 Bien sûr... Il ne pouvait en aucun cas être rond ou carré ou d'une forme laissant au repos notre imagination !

Il a pour mission de protéger ses habitants et dérouter ses éventuels envahisseurs. Protégeant les " autres vies " de ceux qui aiment à le parcourir régulièrement, le saluer au réveil ou lui souhaiter une belle nuit et à demain.

 

Petit mais labyrinthique il aime à se révéler au détour d'un détour.

Modeste certes mais tel une page blanche, apte à se transformer en Riviera, en forêt emplie de lutins selon les saisons.

Ce jardin est malicieux et veux nous dire " il ne tient qu'à toi de me transfigurer en parc ou en forêt enchantée " !

Page blanche pleine de la fraicheur du soir, lumière et chemins au delà des barrières invitant à ... Prolonger la promenade. DEP

 

Pascale

 

En regardant le ciel, elle a retrouvé cette vieille image qui l’a portée souvent au cours de sa vie – celle de la traînée blanche que laisse derrière lui un avion. Cette ligne qui fend le ciel et avance sans hésitation pour aller vers sa destination, puis se diluer ensuite petit à petit. Cela ressemble à la devise qu’elle s’était choisie qui en fait est une citation attribuée, on ne sait pas trop, soit à Lénine, Jean Jaurès, Churchill ou Saint-Exupéry – pour ma part, je préfèrerai les deux derniers !

« Là où il y a une volonté, il y a un chemin »

La différence entre l’avion et elle c’est que lui sait où il va alors qu’elle ne savait pas trop où elle allait, mais elle avait la volonté d’y aller quitte à surmonter toutes les difficultés et elles furent nombreuses et elle est arrivée…..

Pascale