Poésie


Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 10:50
- Publié dans : Poésie

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"Toi qui sur le néant en sait plus que les morts"

 Mallarmé

 

J’ai volé un paysage et je m’y suis installée pour l’hiver

Transparente

Pour n’être ni l’objet ni le sujet

Et encore moins l’auteur

Mais simplement l’hôte de ce qui suivra

Quand on a si peu et trop à la fois

La somme de ses peurs, son indigence et vingt six lettres

Que dire du néant, de l’attente et de ce que l’on appelait l’amour ?

 

Posée sur l’herbe sèche, ma table d’écriture

Comme une arche d’alliance

Pour révéler que rien n’existera que le poète n’ait nommé

Que la clameur du monde est dans le trait, dans sa rupture

Le blanc immense de la page

Car c’est dans l’absence que se révèle la présence

Que se dévoile, comme sur le paysage

Cette rivière où, l’été, penchée dans son ombre

J’écrivais du temps, le visage à venir

 

SB ce matin de janvier en poésie...

Par Sybille de Bollardiere
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Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 23:00
- Publié dans : Poésie

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 Ici bas l'ombre d'un siècle qui s’éloigne

Et sur les arbres couchés, la boue

Le sang caillé des nébuleuses

 

Reclus dans la noire harmonie du vide

Comme des bêtes ivrognes

Ignorantes et comblées

Nous invoquons l’avenir

Pour qu'un corps trop étroit

Triomphe de l'adversité

 

A celui qui passe en bleu du regard

Furtif et appuyé,

D'une main chassant l'ennui et ce qui s'ensuit

J'offrirai l'ailleurs qu'il réclame

Des sentiers de lune au milieu des empires

Et les sanglots des forêts près du Baïkal

 

Là-bas, l'enfance, comme une île engloutie

Livre nos morts à la dérive des courants

Dans la splendeur d'une danse boréale.

Par Sybille de Bollardiere
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Mardi 2 août 2011 2 02 /08 /Août /2011 13:50
- Publié dans : Poésie

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C’est parfois insupportable de comptabiliser le temps passé à écrire, à noter, tout aussi insupportable que le temps oublié, mangé, effacé sans qu’il n’en reste un mot. Le livre est un concentré d’humain de présence et de vie. "Une vie en chair et en os", oui, je le dis. A venir, il est l’aube sans matin, du temps à découvert, rebrodé, falsifié, qui s’étire au fil de nos pas le long des lisières. Du passé, il faudrait rendre au papier ces hoquets de chagrin avant qu’ils ne cessent et que tout disparaisse. L’écriture, après s’être enfoncée dans l’épaisse forêt de son imagination, s’avance en silence vers le trou noir des sentiments. Bientôt plus rien n’existe que son tête à tête avec les mots, unique et véritable obsession, tout le reste disparait. 

Par Sybille de Bollardiere
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Samedi 30 avril 2011 6 30 /04 /Avr /2011 17:37
- Publié dans : Poésie

 

 

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Sur le bois blanc de la table desservie

La trace écrite d’hier

Plus loin encore

Les œuvres penchées d’un autre

Que l’on révèle à la mine de plomb

Comme les profils de médaille

Couchés sous le papier.

L’avenir c’est aussi 

La saveur d’un baiser futur

Que s’offre la caresse d’un doigt

Sur la bouche entrouverte

 

L’amour est anticipation et souvenir.

 


 

Par Sybille de Bollardiere
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Dimanche 17 avril 2011 7 17 /04 /Avr /2011 10:23
- Publié dans : Poésie

 

Il pleut depuis des lunes

Invisible dans la nuit d’encre

Tout le continent défile

Contre ma barque délestée de ses rêves

Souillure des berges où l’ingérence des eaux emporte

Jardins - étoffes - nuages

Et des éclats d’îles dans la nuit

Comme des corps chavirés

Vers le sommeil du delta

 

Absence de signe autre

Que le bleu écaillé du ciel

Et le grand tourment du soleil

Dans l’enchevêtrement des pluies

 

Un feu dessine un temple

Dans les mailles d’une mangrove

Et je la vois Elle, dans le jeu des flammes

Telle qu’elle était

Avant que le monde ne l’habille

Remontant le Nil et les cataractes

Du Soudan aux vallées kenyanes

Telle qu’elle était, gravide et nue

Depuis les premières collines de l’Est

Jusqu’au commencement de l’eau.

 

L’altérée

Comme une stèle noire sur la rive

Tissant l’homme à venir

Avec du jonc de l’écume et du feu.

 

Plus bas au seuil de la nuit qui rougit l’échine des falaises

Le fleuve emporte son cri dans la plainte des rapides

Une nouvelle lune m’accompagne

Sur le miroir des eaux.

 

Extrait - L'altérée - Poèmes du Djoué


Par Sybille de Bollardiere
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sybille-de-b-17-juin-2011 (1) Sybille de Bollardière, auteur de poèmes et de romans, vit entre Paris et le Perche en Normandie. Elle a vécu également en Bretagne et au Congo, près de Brazzaville. Elle a publié Alizarine, poèmes aux Éditions de la Coïncidence 1981, Le défaut des origines, roman Ramsay 2004, (Prix La Fayette)  Une femme d'argile, L'Editeur, 2011. 



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