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  • Romancière, poète, Sybille de Bollardière vit entre la région parisienne et le Perche. Elle est l'auteur du roman "Le Défaut des Origines" publié aux Editions Ramsay 2004 (Prix Lafayette)et "d'Une femme d'Argile" à paraître.

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Chroniques


Mercredi 21 juillet 2010 3 21 /07 /2010 21:45
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Par Sybille de Bollardiere
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Mardi 20 juillet 2010 2 20 /07 /2010 20:48
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« Le vrai domicile de l'homme n'est pas une maison mais la route, et la vie elle-même est un voyage à faire à pied. Bruce Chatwin

 

C’est la saison des départs et bien qu’il fasse relativement chaud, on ne peut s’empêcher de songer à ce chemin qui nous entraînerait à flanc de colline vers un ailleurs que l’on dessine avec autant de souvenirs que de rêves. J’aime cette phrase de Chatwin, son visage aussi ; lui, Bouvier, Kessel et quelques autres ont tracé les limites d’un monde que je continue d’explorer en relisant leurs pages au fil des nuits d’été. Des mots pour les voyageurs immobiles et pour ceux qui rêvent d’enfance, de celle qu’on laisse en dépôt dans un paysage avec les odeurs d’une saison.

 

Partir pour effacer le temps qui s’enfuit et retrouver la liberté, la douceur de l'oubli, une page de cahier et juste quelques mots semés au hasard des jours. Partir  pour revoir, relire, redécouvrir, mais aussi attendre. C’est cela les vacances, ce vide qui vous emporte, vous habite et se glisse dans votre vie au milieu des soupirs et des retrouvailles. Rien ne sera jamais plus pareil. Etre simplement et définitivement seul pour guetter ce que rien n’annonce et que l’on ne fera qu’effleurer.

 

Souvent je me dis que mes semblables sont en chemin, ou en mer, hantés de silence comme les lieux qu’ils traversent.

 

Par Sybille de Bollardiere
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Lundi 28 juin 2010 1 28 /06 /2010 21:23
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C’est juste une journée de grosse chaleur en tête à tête avec mon ventilateur. Je suis descendue trois fois voir le courrier, j’ai vérifié la charge de mon portable, défragmenté mon disque dur et fait tout ce que l’on peut faire de non urgent dans une journée et pourtant, c’est encore trop tôt pour appeler Yoshka qui, contrairement à toutes ses habitudes, s’est mis au travail. Je suis désœuvrée. C’est un mot horrible, indécent, un effet secondaire à cet état précaire que l’on appelle « l’arrêt de travail » et qui ne ressemble en rien ni à des vacances ni à l’école buissonnière. Pourquoi ? Je me le demande… A part la fatigue et une cervelle passée à la lessiveuse, je ne vais pas si mal : 37°2 le matin et pareil le soir, y a pas de quoi en faire un scenario et tout compte fait, je me sens au bord de la « blanche », pas la page, mais l’immensité, le désert, une banquise !  Je voudrais partir, mourir un peu, je ne sais pas très bien. En fait je n’ai aucune idée précise et normalement y a pas de quoi en faire un blog sauf que, j’ai eu des nouvelles de Piotr. (La deuxième fois que je suis allée voir le courrier) Il est vraiment très classique pour un poulpe (papier crème format A4 plié en trois dans une enveloppe même ton doublée gris, beau timbre italien représentant Corto Maltese à Venise)

 

Ma chère Amie,

Quelques nouvelles de Trieste d’où je compte partir pour la mer Egée.

C’est avec une certaine émotion que j’ai lu votre récent blog. Mais que faites-vous dans les cerisiers ? Ne m’aviez vous pas promis d’écrire ? Un roman j’entends, ou plus précisément la suite de celui que vous laissez ...é depuis de longs mois. Je veux parler de l’Amour en Zone Inondable. Pas fameux pour l’instant, j’admets qu’il y a beaucoup à reprendre car vos personnages sont pour certains, comment dire ? Insuffisants, improbables, effleurés. Mais puisez dans votre vivier personnel car il me semble que vous avez ce qu’il faut… Oui, je sais, ce n’était pas très élégant de ma part mais figurez-vous que pendant vos absences, j’ai pu découvrir à loisir le contenu de votre précieuse malle rouge.

 

Je sais que vous auriez pu me faire cuire pour moins que cela, mais avouez que c’était tentant et d’ailleurs je vous confie que je ne suis pas le seul à avoir succombé à la curiosité. Je me souviens très bien de cet après-midi que nous avons passé Yoshka et moi à lire vos lettres d’amour ou plutôt ces brouillons de rupture et autres missives que vous avez gardé pour vous. Ah quel trésor d’émotions contenues, de sentiments aussi éperdus qu’inutiles envers un homme qui ne vous méritait pas ! Il ferait pourtant un bien beau personnage n’est-ce-pas ? Hâtez-vous de lui dresser une statue avant que d’autres ne se chargent de la besogne.  Les sentiments les plus émouvants ne sont-ils pas ceux que l’on revisite ?

 

A vous écrire, je revois avec émotion ces lettres où le temps a délavé votre écriture bleue comme la sienne au crayon s’est résignée à l’effacement. Peut-être vous faut-il ce voyage pour renouer avec le roman et laisser pour quelque temps cerises, râteaux et maux éphémères ?

 

Ne prenez pas à la légère les conseils et la bienveillance d’un céphalopode à votre égard. Il se pourrait qu’ils ne soient que la marque d’une légendaire et sous-estimée philosophie.

 

Partant pour les eaux fraiches des Iles Égéennes je reste votre fidèle,

Piotr le Poulpe

Par Sybille de Bollardiere
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