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Le blog de Sybille de Bollardière

Le blog de Sybille de Bollardière

Blog littéraire de Sybille de Bollardière - Auteur de Romans, de poèmes et d'un roman en ligne : L'Amour en Zone Inondable, sur ce blog. Egalement une chronique "L'Atelier"... d'écriture Publications : Le Défaut des origines - Editions Ramsay - 2004 Alizarine - Editions la Coincidence

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Je ne l'ai jamais appelé Gary - L'Amour en Zone Inondable n°19


























Au hasard des routes et des croisements, Blanche se dirigeait vers le Nord. « La mer, c’est tout droit,  lui avait dit le cafetier du dernier village, pas la peine de regarder la carte, vous ne pouvez pas la rater ! » Rythmée par le ballet lancinant des essuies glaces, la pluie lavait ses souvenirs.

Elle n’avait plus de nouvelles de Philippe et s’était bien gardée d’en demander aux rares amis communs qui l’appelaient encore. Pourtant elle aurait aimé le tenir au courant de sa vie, lui montrer comment elle avait embelli la maison, le jardin. Philippe lui manquait même si leur histoire d’amour avait été d’une banalité exemplaire avec juste ce qu’il faut de projets d’enfants, toujours remis à plus tard en raison de la sortie d’un livre ou d’une série de concerts.

Un rayon de soleil entre deux nuages chassa l’infidèle et la cohorte des regrets entre deux soupirs.  Blanche se persuada qu’une nouvelle vie se dessinait pour elle avec l’écriture de L’Amour en Zone Inondable et, peut importe qu’elle fut en solo.

Le matin de son départ, je lui ai avoué que j’avais reçu un mail de Yoshka et je lui ai lu pendant qu’elle fermait la maison.


« En découvrant  tes articles sur ton blog, je comprends que tu as décidé de te passer de mon personnage, je t’avoue que cela me contrarie un peu. Je commençais à m’habituer à Blanche et rêvais de ces falaises…

D’une certaine façon cela m’incite à me replonger dans mes projets d’écriture et puis, qui dit que je ne réapparaitrai pas ?

En attendant, viens quand tu veux avec Blanche, dans la vie ou la fiction vous êtes les bienvenues.

Je t’embrasse

Gary »


Je ne l’avais jamais appelé Gary, une fois Garymovitch parce que ça donnait du panache à sa mélancolie.  Je réalisais que nous étions tous les quatre rassemblés dans une phrase : Gary, Yoshka, Blanche et moi, absents, séparés mais virtuellement plus liés que nous ne l’avions jamais été.


Avant qu’elle prenne la route pour Fécamp, je montrai à Blanche les dessins de la chambre de Yoshka que j’avais fait à l’époque de son séjour à S***. Elle les a beaucoup aimés. C’est à ce moment là, je crois que nous avons décidé  de les inclure dans les articles. Blanche m’annonça également qu’elle avait commencé de tenir une sorte de journal parallèlement au roman. Elle avait besoin de rassembler certains moments de sa vie, de son enfance mais n’était pas prête à les inclure dans l’Amour en Zone Inondable. Il lui semblait que cela pourrait faire l’objet d’un livre, d’un « vrai livre en papier »


La nuit était presque tombée, une nuit de plomb avant l’averse. Blanche approchait de Fécamp et son héros Martin Hamel l’attendait quelque part au pied des falaises.

 

à suivre

 

 



Publié le 15/05/2009 à 22h13 dans L'Amour en Zone Inondable

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