Le blog de Sybille de Bollardière
J'écris souvent le dimanche, et parfois en semaine dans le train, ballotée entre les visages fermés et le charme abandonné des friches SNCF. J'écris sur les voies, entre tags et lianes, détritus et sureau en fleurs, entre silence et brouhaha, solitude et promiscuité. J'écris sur un cahier replié sur mes genoux, à la sauvette et si possible très petit pour qu'on ne puisse pas lire par dessus mon épaule. Parfois si petit que je ne peux pas me relire.
Quand le train quitte les quais et s'enfoncent dans les sous-bois, mes personnages s'animent alors qu'il suffit d'approcher d'une gare pour que je cherche mes mots. Que voulez vous, l'écriture,
le roman surtout, est un voyage ferroviaire que l'on croit mettre sur les rails en oubliant les rencontres et d'imprévus aiguillages. Et puis il ya ces gares où montent des personnages et
d'autres stations en rase campagne où ils débarquent quand on croyait finir le voyage avec eux.
J'épouse le rail, son rythme et berce ma phrase entre les hoquets d'un train de banlieue, les yeux rivés vers ces grues métalliques qui se perdent dans le ciel de la ville. Déjà le gouffre
m'aspire loin des lisières, un train qui s'en va braille sur une autre voie une langue inconnue et le silence bleuit l'horizon, comme cette page blanche que je referme pour d'improbables
lecteurs.
Un grand merci, je suis très touchée.
merci pour ces merveilles ! amitiés de plume et de rail
en vous lisant aujourd'hui, je n'ai pu m'empêcher d'être tout à coup à la place de celle qui décrivait récemment l'écrivain penché sur son travail avec ses secrets et ses envies. C'est le fait que vous n'aimez pas être lue par-dessus votre épaule qui m'y a ramenée. Donc, c'était amusant de vous imaginer assise dans ce wagon en train d'écrire en face de moi. :-)
Woaw !! Impressionnante votre collection de cahiers d'écriture datés et numérotés !
Bon, je me retire et continuez d'écrire, on vous regarde faire ! :-)
Et j'aime écrire dans les trains...
Il faisait un temps splendide et j'ai adoré votre ville, cette boucle du Doubs transparente comme le ciel au bord du parc. C'est un bon souvenir pour les livres comme pour l'amitié et j'espère bien revenir avec un autre roman, vous aurez une autre chance...