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Les Pouilles 8 - Les villes blanches

11 Septembre 2019, 15:25pm

Publié par Sybille de Bollardière

Albarobello, les trulli
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Albarobello, les trulliAlbarobello, les trulli
Albarobello, les trulliAlbarobello, les trulli

Albarobello, les trulli

Conversano 11 septembre
 
Ciel sombre et bas sur les Pouilles du nord, un temps doux, idéal pour visiter Albarobello et ses célèbres « trullis ». Dès la sortie de Putignano, nous découvrons au hasard de la campagne, ces étonnantes constructions presqu'orientales, qui me rappellent l'Anatolie.
Mais le site est très fréquenté... Autant dire que photographier un de ces fameux « trullo » sans touriste tient de la prouesse, mais on y arrive surtout quand on se résout à délaisser les ruelles aux magasins « très ciblés » pou le quartier dit « habité ». En fait une bonne partie des charmants trullis sont convertis soit en boutique soit en « resort » à 100 € la nuit. Les habitants qui restent chez eux se terrent au fond d'une ruelle ou au contraire, font visiter leur intimité et ce commerce qui ne dit pas son nom-parce qu'officiellement c'est gratuit- n'est pas tout à fait de mon goût. Je passe. Il suffit de flâner dans les ruelles jusqu'à l'église qui surplombe un jardin public. On retrouve à Alberobello comme à Locorondo, Martina Franca ou Ostuni des traits communs : la même situation en hauteur, un plan circulaire et surtout cette admirable blancheur qui prend d'autant plus de relief sur un ciel d'ardoise.

Marcher, flâner et se délester peu à peu de l'inutile. Avec la sensation d'être partie depuis longtemps me revient l'envie de lire. Je viens de commencer le très beau livre de Santiago Amigorena « Le ghetto intérieur » « Qu'est ce qui fait que parfois nous disons que nous sommes juifs, argentins, polonais, français, anglais, avocats, médecins professeurs, chanteurs de tango ou joueur de football ? Qu'est ce qui fait que parfois nous parlons de nous même en étant si certains que nous ne sommes qu'une seule chose, une chose simple, figée, immuable, une chose que nous pouvons connaître et définir par un seul mot ? » S.A.

Dans les villes blanches des Pouilles où je marche accompagnée, je cherche le décor d'un passé à écrire, un jardin où installer ce qu'en Italie on appelle « Rimembranze »
 
Journal d'Italie
Les Pouilles 2019
 
Ostuni la ville blanche
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Ostuni la ville blanche

Martina Franca
Martina Franca
Martina Franca
Martina Franca
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Les Pouilles 7, San Vito, l'envers du décor

11 Septembre 2019, 08:00am

Publié par Sybille de Bollardière

San Vito jour de vent
San Vito jour de ventSan Vito jour de vent
San Vito jour de vent

San Vito jour de vent

9 septembre, Conversano et San vito

Parfois ici comme ailleurs, tout est gris et celui qui le traverse aussi. Le décor se fissure et je découvre la région sous un autre angle. Il suffit d'un rien, d'une erreur de route ou tout simplement d'arriver un peu trop tard sur la plage. Septembre change la donne avec de grands bancs de nuages qui donnent à la mer des teintes de fin de saison. Oui, même ici au sud, la seule saison du bleu c'est celle du soleil. Ainsi San Vito, situé près de la belle Polignano a Mare, si lumineux et festif hier, n'est plus qu'un banal village de pêcheurs plutôt caillouteux et pour couronner le tout, une méduse s'est installée sur le rivage. Pour peu qu'elle soit en famille, je préfère renoncer au bain.

A la recherche d'une hypothétique plage accueillante à défaut d'un bar avec vue, nous roulons vers Mola de Bari tout en cherchant la route du retour vers Conversano et soudain, tout devient obscur comme éclairé par un soleil noir. L'Italie a un talent particulier pour la laideur, parfois comme à la grande époque de son cinéma, elle la magnifie mais ce n'est pas le cas ici. Ruelles sales et taggées, immeubles gris et décrépis plus proches de l'architecture des banlieues roumaines que du décor de la « dolce vita ». Nous découvrons qu'en dehors des centres historiques particulièrement choyés et entretenus, que ce soit à Mola di Bari, Conversano, Monopoli ou même Polignano, les constructions modernes sont affligeantes. Balcons énormes, fils électriques pendant devant le décor, exiguité des rues et pas un arbre, pas une place ni un banc. Des rues à angles droits au maillage serré, des carrefours, des sens uniques et une armée de pancartes pour remettre le conducteur dans le droit chemin. Une fois traversé la superstrada qui borde la côte, la situation n'est pas plus brillante. Une campagne laborieuse efficace et domestiquée s'étale sur des kilomètres. Un paysage de vignes bâchées à perte de vue. L'Italie a choisi l'industrialisation d'une culture millénaire pour garder la tête hors de l'eau et protéger ses vignes des intempéries... On ne peut l'en blâmer, mes regrets aussi sont d'un autre temps et demain, San Vito sera aussi beau qu'il l'était hier.

Journal d'Italie
Les Pouilles 2019
San Vito sous le soleil
San Vito sous le soleil
San Vito sous le soleil
San Vito sous le soleil
San Vito sous le soleil

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Les Pouilles 6, Lecce un bijou jaune et noir

10 Septembre 2019, 14:26pm

Publié par Sybille de Bollardière

LecceLecce
LecceLecce
LecceLecce
LecceLecceLecce

Lecce

7 septembre

Santa Maria di Leuca

Après une journée à Lecce, écrire au bord de l'eau, au confluent des eaux ioniennes et adriatiques, le plus profond bonheur imaginable. Écrire pour soi, tacher les pages du cahier au gré de l'encre et des embruns, se moquer éperdument de tout ce qui n'est pas « encre », sang noir de mon crane qui se délivre face au bleu. Oublier les livres et jusqu'à l'idée d'un livre, se contenter de laisser la trace des journées d'ici. Lecce, une ville massive, lourde, on dit "baroque", on dit aussi « La Florence du sud ». Pour moi Lecce est une perle ocre et noire sur l'océan des anciennes terres d'oliviers, une ville mille feuilles aussi belle que ténébreuse et peut-être plus encore. Dès la piazza Sant'Oronto, le ton est donné : un amphithéâtre romain, ses gradins intacts tout comme la porte par où ont dû pénétrer fauves et lutteurs. Lecce vénéneuse en ce jour d'orage où le ciel se déverse sans ménagement sur les dalles glissantes des ruelles, où le ciel noir traversé d'éclairs se déchire en bleu pour reprendre très vite sa teinte de ténèbres. Nous avons remonté trempés, la Via del palazzo del Conti di Lecce, longé les murs terre de sienne où des coulées noires nous invitaient à lever les yeux vers les balcons incroyablement ornés et sculptés de ces demeures patriciennes.

Par ce qu'il pleuvait encore, nous avons cherché la via Asciano Grandi et l'incroyable musée Faggiano. Un petit miracle archéologique qui commence par une banale histoire d'humidité. Je vous laisse découvrir le musée sur son site : http://www.museofaggiano.it

Je suis encore émue autant par cette visite, que par cette incroyable histoire. Dans les années 80, un homme, Faggiano (le père du guide qui me raconte l'histoire) achète cette maison de ville de Lecce pour en faire son habitation. Lors des travaux d'installation il remarque des problèmes d'humidité qui l'amène à découvrir le passé de cette étrange demeure qui remonte au moyen âge et fut tour à tour demeure patricienne et couvent...

J'ai pris un certain nombre de photos des lieux, notamment les céramiques très anciennes qui protégeaient les murs de l'humidité lors de la descente des eaux du toit ou celle plus troublante d'une tombe de nouveau né... Une tombe si petite qu'on ne pouvait y mettre qu'un enfant mort né ou un enfant qui n'avait pas à naître... et j'ai pensé aux mœurs de certains couvents que l'on commence à évoquer... La tombe se trouve entre deux portes, elle était invisible anonyme. C'est le côté vénéneux de Lecce car il est probable qu'une grande partie des maisons du centre historique ont des histoires semblables à révéler.

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Lecce, Pouilles, Italie
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Les Pouilles 5, Dernier soir au cap

9 Septembre 2019, 20:16pm

Publié par Sybille de Bollardière

Les Pouilles 5, Dernier soir au capLes Pouilles 5, Dernier soir au cap
Les Pouilles 5, Dernier soir au cap

8 septembre Santa Maria

Dernière soirée face aux eaux mêlées des deux mers. Je ne parviens pas à quitter ce lieu, cette nostalgie qui se murmure au dessus d'un verre de spritz et que les rengaines italiennes n'en finissent pas de chanter sur les pontons de Leuca. La nuit tombe tôt, de plus en plus vite, le temps file comme une fin de saison comme l'amour vieux, celui que l'on n'attendait plus alors, on reste un peu plus tard on regarde la mer virer au violet, au gris. En robe de mousseline orange dont elle se défait rapidement sur la jetée, elle vient se baigner, seule dans l'eau grise du soir. C'est son habitude, ça se voit, elle est seule au monde et remarque à peine cet autre sexagénaire qui la salue d'un geste de main. Des habitués. Il fait doux et lui traîne sur son transat. Cheveux blancs, peau bronzé et « moule bite » rouge, il téléphone en se caressant le ventre. Sa femme, ses filles et ses petits enfants sont déjà remontés mais lui est bien, il est resté pour téléphoner. Il a l'air heureux, disert, la brise du soir ne le dérange plus. Au bout du fil quelqu'un qui l'aime, ça se voit.

Un bateau de pêche rentre au port, je finis mon verre de blanc et soupire en fermant le cahier. Le « moule bite rouge » s'est rhabillé et la femme a enfilé sa robe de mousseline orange. La terrasse se vide. Demain nous partons pour Polignano a Mare et la côte Adriatique.

 

Journal d'Italie
Les Pouilles 2019

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