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Revoir un jour d'hiver...Mamallapuram, Tamil Nadu

8 Février 2013, 11:43am

Publié par Sybille de Bollardiere

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Quelques images de ce village sur le golfe du Bengale et pas encore de mots pour décrire ce qui n'apparait pas mais s'inscrit lentement sur le paysage : les odeurs, les nuées de corbeaux qui balaient le ciel...

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Femme de dos, Vilhelm Hammershoï

2 Février 2013, 01:06am

Publié par Sybille de Bollardière


 

Le journal est là sur la table du salon, ouvert à la page légèrement chiffonnée que je regarde depuis plusieurs jours. Ce n’est qu’une image, la reproduction d’un tableau : Femme dans un intérieur de Vilhelm Hammershoi. Une femme vue de dos dont on devine à peine la joue gauche dans le mouvement  qui la retient en arrière. J’ai scanné la photo et je regarde la femme sur mon écran. Parfois, à force de l’observer, il me semble qu’elle a légèrement bougé, mais peut-être a-t-elle eu froid. Cette pièce me semble glacée, traversée de courants d’air qu’aucune tenture ne repousse. Le sol est nu, un simple parquet sombre que l’on doit laver grossièrement avec du savon noir dont on imagine l’entêtante odeur. Pas de tapis dans le décor, pas de table ni de lampe, ni  aucun objet hormis ce tableau en bois doré accroché au dessus de la porte où l’on devine une silhouette. Il y a bien ce tuyau noir et luisant de suie qui s’enfonce dans le mur, mais on voit bien qu’on n’utilise plus de ce poêle, placé de manière si malcommode derrière la porte !

 Elsie (Oui, ça lui irait bien ce prénom Elsie…) tient la porte d’une main et se penche légèrement en arrière, elle dit :

- C’est toi ?

Elle croit avoir entendu le bruit de la porte d’entrée que l’on referme, mais pas un pas ne répond à son appel. « C’est le vent bien sûr pense t’elle, le vent, toujours le vent » et elle reste là, immobile, dans cette pièce traversée d’absence comme le silence revient. Elle demeure face au vide de l’attente, oubliée, égarée, femme de dos dans sa robe noire, femme figée sous le regard d’un peintre fasciné par les nuques… Mais Pourquoi cette posture ?

Plusieurs toiles d’Hammershoi montrent ces femmes de trois quart dos à la nuque offerte. Qu’est ce que le peintre garde pour lui en nous offrant ces dos ? Quelle part de ces femmes a-t-il ravi dans leur absence de visage ? Il est dit que le regard est chargé de toutes les passions de l’âme et qu’il est l’instrument des ordres intérieurs. Mais c’est aussi l’échange, le don qui révèle autant celui qui regarde, que celui qui est regardé. Curieusement la nuque, qui est en quelque sorte « l’envers du regard » est considéré come le lieu où les désirs et les volontés ne se sont pas encore révélés. Ce serait aussi le point de passage de l’imaginaire au réel.

Sans visage, sans regard, la femme de dos s’efface à elle-même autant qu’aux autres, le peintre n’en a capté qu’une empreinte, mais de quelle force … Le tableau est aussi un aveu d’amour et d’impuissance face à l’indicible, face à ce qui lui échappe et i nourrit son imaginaire : une femme dans un temps et un espace qui n’appartiennent qu’à elle.

S de B publié en octobre 2008

  Autres toiles de Vilhelm Hammershoï  :

 

Le Peintre Danois Vilhem Hammershoi (1864-1916)
face à l'unique sujet de son oeuvre : le temps suspendu figeant êtres et choses dans ses étranges vues d'intérieur, ses paysages et ses vues urbaines de Copenhague et de Londres.

 Vilhelm_Hammershoï

Album et autres tableaux

 

 


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"Nuit" de Gustave Roud "Parler de soi..."

29 Janvier 2013, 18:45pm

Publié par Sybille de Bollardiere

GustaveRoud-autoportrait-vers1940.jpg

Autoportrait Gustave Roud

« Parler de soi… Un nuage pourrait-il le faire, commencer un « je suis » à l’instant où, penché sur le brasier du soleil moribond, de mouvante vapeur il se mue en flamme, puis flotte en nappe de cendre sur la terre endormie ? Son être est à la merci d’un rayon, d’un frisson de la mer aérienne ; toutes ses métamorphoses, et même les plus secrètes, jusqu’à la subite glace en son sein, toute forme lui est donnée… En vérité s’il tente, lui, le seul léger parmi tout ce qui pèse, de dire non l’impossible « je suis », mais au moins un « j’étais » - ce lien entre ses successives apparences – oserait-on lui reprocher son orgueil ? Quand le monde entier maintient sans une seconde d’oubli entre vous et lui l’infranchissable, comment parler des autres ? Là serait l’orgueil, et le pire – tandis que les paroles sur soi-même à voix basse de l’homme oublié, tout de suite reprises par le silence, forment peut-être un acte de véritable humilité. »

Extrait de Nuit,

Gustave Roud

Bibliothèque des Arts

1978

Gustave Roud, poète et photographe

http://www.gustave-roud.ch/Accueil.html

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2006/02/gustave_roud.html


Gustave-Roud-vers1940.jpg      Gustave-Roud-Hiver-dateNC

Photos Gustave Roud

Alors maintenant, que je vous ai offert ce poème et donné, je l’espère, l’envie de découvrir Gustave Roud, ce grand parmi les grands, "rentrer en soi" sera le mot d’ordre, la destination, un vœu d’écriture en somme et bonne semaine.

S de B


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Paris 27 janvier 2013

28 Janvier 2013, 11:46am

Publié par Sybille de Bollardiere

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