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L'Orange de Mars 3 - Cette orange qu'on dit maltaise...

, 00:47am

 

  th_fond.jpg Après avoir relu une dernière fois la fiche signalétique de C., Savannah se décida à lui écrire. Après tout, que risquait-elle ? Cela faisait déjà plusieurs mois qu'elle visitait ce site où d'aventureux Zénon se piquaient de littérature avant de disparaître dans le grand marécage mythomaniaque. C. lui, n'avait pas d'image, et apparemment pas d'autres prétentions qu'une couleur - L'Orange, qu'il portait en étendard.

 

De Savannah à Malcom, 8 mars 2003,  19 heures

Bonsoir Malcolm, Votre description et votre portrait chinois me donnent envie de bavarder (de René Char notamment) Peut-être à bientôt. Savannah.

Le narrateur : Le mot est bref pour ne pas dire péremptoire, il faut dire que la rencontre virtuelle a commencé par un portrait chinois. Ce rébus  a permis à chacun de se décrire favorablement, de se parer des couleurs d’un paysage – une île, d’une saison, celle  d’un poète - en l’occurrence René Char, mais surtout d’une couleur. En ce soir de mars, quand Savannah découvre sur le site de rencontre de son magazine préféré le fameux C. Elle ne voit déjà plus que « Malcom » celui qu’elle réinventera jour après jour. Il se pare de la plus belle des couleurs puisque c’est aussi la sienne. L’Orange, ce fameux orange qu'ils ont choisi tous les deux va colorer leur amour naissant de sa teinte chaude et pourtant déjà sépulcrale comme les couchers de soleil à l’ouest.

Que cherchent-ils ? Nous y reviendrons plus tard même si à première vue c’est évident (a défaut d’amour sur le net, on vient y chercher du sexe même s'il ne s'agit parfois  que d'un contrôle technique et pour certains,  de la révision annuelle).

 

De Malcolm à Savannah,11 mars 2003 19 heures.

Oui Savannah, parlons de ces "satisfactions adoptives" mais aussi de cet orange qui en cette saison est maltais et si parfumé. Nous allons vers les beaux jours et prendre la plume fut-elle numérique deviens chose raisonnable pour chausser les heures de veille. Il s’agit donc de « s’autoprotraiturer » et d’envisager, pour commencer, un format. J’opte pour un très raisonnable 10 x 15, des recadrages et des homothéties seront fréquentes. Dans les premiers jours je quitte Neuilly-sur-Seine pour n’y revenir que 20 ans plus tard et en repartir aussi vite que possible, l’endroit est impossible, d’autres l’avaient déjà enduré. La province, les provinces, la France dans ses moments les plus savoureux, ceux de l’insouciance dans l’insoumission de l’enfance. Beaucoup reçu et généreusement donné. Les années de formation s’en vont et déjà le temps me manque, je dois allonger le pas et sortir du cadre. En 13 x 18 j’aime, viré au sépia, prendre l’encre et le papier et m’inventer brouillon. En 18 x 24 je reprends de couleurs et m’installe artisan des images et des mots. En 24 x 32 je persiste et signe avec pour viatique : « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s’habitueront ». Fini la pause, nous en re-croquerons, n’est-ce pas Malcom ?.

Malcom

 

De Savannah à Malcom, 12 mars 21 heures.

Ouah ! Quelle belle lettre Malcom ! Faut-il que je sorte mes armes littéraires pour vous répondre ? Je ne vous ferai pas l'état des lieux dans les mêmes formats. Des couleurs pour vous : naissance et enfance vert et bleu près de Saint Germain, puis des années anthracite jusqu'à l'orange de l'adolescence à Paris, bref passage au rouge avant d'épouser en blanc, blanc toujours quelques naissances, un peu d'orange qui flotte dans l'air et revient en force. J'ai connu des années jaunes et noires, Paris, Varsovie et puis retour à l’orange bien qu’il  me reste encore dans les yeux l'émeraude de mes étés maritimes et puis voilà ! Aujourd'hui je choisis le blanc de la page à écrire.

A très bientôt mon cher Malcom!

 (à suivre)