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Par la fenêtre... Textes de l'atelier 10 janvier 2014

, 21:20pm

Ouvertures 9802 (2)

Le sujet de cet atelier de janvier était « par la fenêtre »…  Pour accompagner les textes j’ai choisi cette image où le voilage est à la fois écran et toile de lumière.

Sybille de B.

La fenêtre-miroir de Dep

Elle est là... Je la vois qui m'observe et m'épie, me traque et m'examine de son regard d'entomologiste. Depuis des jours au travers des carreaux je la vois qui s'anime et réveille son corps à la vie et cela rituellement.

Que peut-elle vouloir de moi cette femme qui au fil des ombres et des lumières se transforme, se déforme tantôt défaite, épaisse bouffie de mauvais sommeil, au regard de chouette lasse d'un méchant repos, échouée sur un radeau de survie en forme de lit où gisent livres, crayons, téléphone tablette et mots croisés, tantôt triomphante, inoxydable, insubmersible et radieuse ?

En arrière plan, selon l'heure du jour ou de la nuit, des vacillements de flammes se voulant réconfortantes, flammes prédatrices de l'ombre qu'elles voudraient dévorer, ou bien activités dérisoires de beauté, accessoires de maquillage surgissant comme par prestidigitation d'une vielle trousse à l'allure plus médicale qu'esthétique et voila comme par magie, les bouffissures atténuées, les cernes avalés par les touches d'éclat factices et onéreuses et le numéro de cirque est prêt à démarrer...

L'arrière plan est douloureusement joyeux aujourd'hui... Alors qu'hier... Oui hier c'étaient l'éclat de son regard qui diffusait le scintillement du bonheur.

Hier elle pouvait observer par la fenêtre les sourires menaçants des tuiles moussues, prometteurs de soucis à venir, tuiles anciennes, colonisées par une faune mycologique - résultat de longues années d'impuissance et non de négligence-

Observer, sans ressentir la pénétrer l'humidité transie de ces giboulées aux gouttes obliques s'engouffrant par ces interstices, expertes en envahissement de lieux fragilisés.

Images de dissolution où les contours se dématérialisent, où tout se brouille sur fond de ciel blafard parcouru par moment de fulgurences irréelles, survolant les toits dorés historiques de La Maison des Comtes...

Des Contes...

Histoires d'un quotidien sûrement belliqueux d'une petite bourgade fière et éloignée de la torpeur que l'on pourrait lui prêter.

Mais c'était hier..

J'ouvre la fenêtre sur le jour qui se lève,

respire,

        renais...

De petits nuages font l'effort de s'iriser, de rosir de plaisir devant le miracle du jour qui  re-commence insufflant énergie et féerie matinales.

Les comtes du Perche se re-mettent en selle et partent guerroyer, je ressens aussi l'appel de la vie éveillant mes muscles.

L'énergie crépite telle un feu de sarments

La tentation de la nuit est vaincue par une force cosmique irrémédiable.

Mon observatrice studieuse et inquisitrice se fond de plus en plus dans l'arrière plan qui se dore aux premiers rayons.

En piste

Elle disparait.

 

Par la fenêtre j'ai vu Venise... par Agathe

Pas le flot ininterrompu de silhouettes migrant d'un lieu d'intérêt à un autre.

A priori sans intérêt, un mur de brique sombre, lessivé par l'air marin, la pluie, le ressac. Il  lézarde  au soleil du matin entre terre de Sienne et rouge carmin, ses fondations noyées sous le jus vert et saumâtre de la lagune.

Ce mur est suffisamment loin pour laisser passer un canal où se croisent gondoles et bateaux à moteur étincelants de vernis. Assez proche pour me livrer des bribes de la vie qui s'y cache.

Chaque matin j'ai osé traverser le canal du regard. Par la fenêtre, une cuisine et ses habitantes, ses revenantes plutôt car chaque jour je les ai trouvées là. J'ai pris le pouls de cette ville dans le tempo alerte de deux vénitiennes.

La  passagère, en escale avec un  simple sac,  regarde du coin de l'oeil les légitimes. Ignorant ma présence elles écrivent leur histoire sans guide, ni tour operator.

Trop vite je partirai, le lit ouvert, les serviettes essaimées sur les fauteuils...ma chambre sera louée à d'autres. D'elles je garderai une image de Venise sereinement indifférente.

 

FeuNaitre par Corinne

3 - Bonheur infini de la petite lucarne qui inonde ma chambre de soleil et d’une langueur exquise.

Je touche du bout des cils les tuiles délavées du fournil noyées dans un rectangle de jardin trop vert pour la saison et délicieusement familier.

Fenêtre ouverte sur le vol des oiseaux qui balayent le ciel de leurs chants d’espoir.

Bien-être.

1 -D’abord il y a eu la fenêtre morte de cette chambre d’hôpital toujours close sur un paysage immuablement déprimant.

Fenêtre avec vue sur un mur triste de vitres  linéaires et minérales, laissant juste apercevoir un triangle de ciel vide.

Fenêtre silencieuse comme ces jours de souffrance et de solitude.

Oubli

2- Puis cette vitre ouverte sur le monde.

 La lunette ambulante de l’ambulance qui me ramène vers la vie, vers mon lit.

Défilé de montagnes, d’arbres, de routes interminables et encombrées…

Clin d’oeil au monde du voyage, nostalgique, presque magique entre soleil et ombre.

Espoir

4 -Mais je n’oublierai pas la plus petite, la plus constante, la plus indispensable.

Fenêtre animée et musicale, porteuse de tant d’amour, d’amitié et de solidarité,

Ecran chantant de mon smartphone.

Merci

 

Vue de ma fenêtre par Cosima.

La vue de ma fenêtre change tous les jours et tous les jours j’essaye de la photographier.

Les vues qui m’interpellent sont en réalité deux.

Il y a celle de ma salle de bain et celle de mon bureau. Suis-je assez reconnaissante pour toute cette beauté qui m’est offerte? Voyager vers la lumière, m’incliner devant le miracle qu’est une nouvelle journée.

La vue de mon bureau me fait penser à un tableau de Rosa Bonheur, les moutons dans le près, la rangée d’arbres qui cache la rivière, la densité du ciel.

Je cherche à capturer toutes les nuances de celle que, le matin à mon réveil, je vois en premier. La plus belle vue de la maison est de ma salle de bain.

Il fait encore noir quand le me lève.

Je laisse mon appareil photo près de la fenêtre pour pouvoir être là quand la lumière commence a donner des contours aux choses et en ombres longues le soleil illumine les champs.

Cet hiver le près semble rester vert, d’un beau vert puissant, reposant. La rivière délimite mon terrain et à cet endroit l’Huisne est large. Le niveau monte et descend au gré des pluies. Je n’étais pas là l’autre jour quand elle a débordé et un grand lac s’est ouvert jusqu’aux pieds de la maison.

J’ai trépigné contrariée quand Georges me l’a dit au téléphone. J’ai raté ça !

De l’autre coté de la rivière le grand champ monte en pointe entouré par des haies d’aulnes; l’été les ballots de foin lui donnent ses lettres de noblesse. Paysage bucolique à souhait, c’est la lumière qui lui donne toute sa plasticité et sa forme en pointe son mystère. En ce moment il est propre, l’herbe est basse et sur les berges, les ragondins et les poules d’eau se promènent souvent le matin de bonne heure.

Longtemps j’ai essayé de deviner ce qui se cachait derrière les arbres au fond, dans les ombres du sous bois.

Et puis un jour j’ai appris le chemin, trouvé le petit pont et l’ouverture pour entrer dans le champ. J’ai vu ma maison de loin, imposante, merveilleuse. A sa droite le château des Perrignes, rien qui gâche la vue. J’y amene souvent mes invités en ballade. Ici le temps semble s’être arrêté et la vulgarité du monde n’a pas droit d’entrée. 

Selon la lumière le paysage change, le ciel, lumineux, plat ou couvert de nuages, toute les émotions du monde se reflètent dans ces petits changements. Emotions imperceptibles et pudiques, mouvements d’âme qu’il faut observer attentivement pour pouvoir les percevoir.

Je contemple ce tableau parfait et je respire lentement. Ce ciel m’enchante, je me nourri de ce calme, de cette perfection.

 

La cour des Bourdonnais par Passerose

C’est mon lieu de vie. J’aime regarder les hautes fenêtres, les toits en ardoises et les vieilles pierres blondes qui deviennent un peu dorées au soleil.

C’est un endroit calme,  un antre où l’on aime se réfugier, un havre de paix. Au cœur de Paris, on a l’impression d’être à la campagne, loin du bruit alors que derrière la lourde porte cochère la ville est là bruyante, vivante, trépidante et même grouillante. C’est un lieu où le temps est suspendu en équilibre entre le passé et le présent. Louis XIV a sans doute gambadé dans cette cour lorsqu’il venait rendre visite à son « gouverneur » : le maréchal de Villeroy.

Certes, je n’ai pas les superbes couchers de soleil du Perche, le carré de ciel que j’ai ne le permet pas, la lune me visite rarement et les étoiles sont étouffées par les lumières de la ville. Mais j’ai autre chose, j’ai un cocon protégé des rafales de vent et de toutes les tempêtes ; mes géraniums me rappellent la nature et attirent au printemps les pigeons pour faire leur nid. La cheminée fonctionne très bien mais ne réchauffe pas comme celle du Perche, elle satisfait le regard et donne un charme supplémentaire au lieu.

Les voisins sont discrets, je les vois peu car nous avons des horaires très différents, je me lève tard et me couche tard !

Ce lieu fut aussi un nid d’amour pour moi protégé par ses vieux murs. Il fut choisi avec l’élu de mon cœur. Je m’y sens toujours bien et pourtant j’y suis seule maintenant, mais il est habité par une âme qui n’est pas si lointaine et qui m’accompagne à travers la musique que j’écoute très souvent.

Il n’y a pas de tristesse dans cette solitude là, c’est un lieu où j’ai engrangé tellement de bonheurs qui continuent à me nourrir généreusement.

 

 Prochain atelier le lundi 3 février 2014 

Si vous souhaitez participer à un atelier atelier.sybilledeb@yahoo.fr