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Articles avec #l'atelier d'ecriture

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Ecriture aux Halles avec Mathieu Simonet

22 Novembre 2013, 15:50pm

Publié par Sybille de Bollardiere

 

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Lundi 18 novembre 17heures

Les participantes se sont installées autour des tables regroupées au centre de la pièce. Chacune ouvre son carnet, cahier ou bloc note et pour moi qui assiste en invitée à l’atelier d’écriture de Mathieu Simonet, elles se présentent rapidement. Elles s’appellent Martine, Andréa, Eugénia, Anne-Marie ou Claudine et elles écrivent pour le plaisir, pour l’émotion de se relire à voix haute devant le groupe et de redécouvrir leurs propres mots.  Elles ont choisi des textes sur le blog et chacune en a tiré des images pour sa propre histoire ou simplement pour le bonheur d’une phrase. À les écouter dans cette pièce exigüe et aveugle - nous sommes au forum des Halles- je reconnais une sensation ancienne de salle de classe, le silence rythmé par la progression des stylos sur la feuille et le grésillement des néons. Ça fait du bien de retrouver le bruit des pages, de voir la diversité de leur graphie sur le papier ligné, l’écriture penchée de Claudine qui file vers les marges emportée par son sujet. Très joli texte sur une rencontre avec un meuble dans une brocante, un « barbier » en bois doré qui ne l’a jamais quittée quand sa vie à elle a tellement changé.  Elle termine avec nostalgie par un «Qui l’aimera après moi? ». Plusieurs parlent des mains, les décrivent tout au long d’une vie, d’un âge, dans leur aspect, leur gestuelle ou leur immobilité. L’écriture est toujours là pour parler du temps qui s’enfuit et Mathieu attentif et souriant, répartit les rôles, les textes et surveille l’heure qui passe trop vite.

 

19 heures

A peine un verre d’eau avalé et c’est l’atelier qui reprend. Dans la nuit du Forum on ne sait rien du jour ni du temps qu’il fait. Dans la salle voisine, un cours de photographie, l’animateur dicte à voix haute : «La petite ouverture correspond à une grande valeur». Distraite, j’observe la pièce pendant que les participants à l’atelier du soir s’installent. Les murs sont recouverts d’affiches de B.D. qui vont de Tintin aux Comics en passant par Akira, Blake et Mortimer, Hulk et Dragon ball Z ». Nous sommes dans la salle « Graphisme, bande dessinée ». Le grondement a repris, un grondement sourd et lent. Je pense maintenant qu’il ne s’agit pas du bruit du métro mais de celui de l’escalator tout proche. Ça ressemble au son d’un moulin qui brasse une rivière.

Mathieu distribue les textes et chacun se jette sur son papier. Véronique est script et écrit à l’encre verte sur un grand cahier, quant à Céline, la page de son carnet se recourbe sous la pression de son trait. L’écriture plaisir est aussi dense que le silence et l’émotion qui l’entourent. Il y a dans ce moment d’échange, entre les questions qu’ils me posent, nos dialogues, les textes qu’ils lisent, le sentiment d’un partage qui ne m’est pas habituel. Je suis émue, saisie de la justesse de leurs phrases, de leurs images comme ce rempart qui entoure l’homme écrivant qu’évoque Boris. Il écrit presqu’à l’oblique, plume de biais à l’encre fine sur la page comme une griffure qui tente de s’imposer sur son territoire.

Car c’est cela l’écriture, une affaire de territoire et l’atelier est là comme un champ de tir pour ajuster ses mots avant de le conquérir, de le garder et d’y vivre… 

21 heures

Je repars me perdre dans l’angoissant dédale souterrain des Halles avec le souvenir de leurs mots, mes quelques notes et l’envie de relire les textes de chacun. Mathieu a de très beaux projets, nous en reparlerons et vous retrouverez  dans la rubrique Ateliers, les textes des participants.

Les textes des participants (lien)


Atelier d’Ecriture                                         Le site de Mathieu Simonet

Centre d’animation

Les Halles le Marais

6-8 place carrée - 75001Paris 

01 40 28 18 48

 

Si vous souhaitez me contacter pour les ateliers d’écriture (Pour l’instant

uniquement dans le Perche)  atelier.sybilledeb@yahoo.fr


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La cour aux "Ernests"

21 Novembre 2013, 14:08pm

Publié par Sybille de Bollardiere

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Quand il a fallu que je trouve une photo pour illustrer ce premier article sur les ateliers d’écriture, mon choix s’est naturellement porté vers un portrait ancien, un visage inconnu ou familier à redécouvrir dans l’album familial, de préférence à une époque où je n’ai pas de souvenir. J’ai cherché également un paysage, un décor dans ce qui me tombait sous la main : magazine de voyage, hebdomadaire, mais tout flottait devant mes yeux sans vraiment m’intéresser. Je cherchais la photo d’un jour, d’un moment, d’une émotion. Une photo dont je pourrais dire « quelque chose va se passer là, maintenant, ou à partir de cet instant… » En feuilletant l’album de mon smartphone, je me suis arrêtée sur ce jardin parisien dans le soleil d’un après-midi de septembre.

C’est la cour carrée de L’E.N.S. rue d’Ulm. A ma gauche, des étudiants boivent leur cannette de coca sous la frondaison des arbres, il fait chaud mais j’hésite à m’asseoir comme si je ne faisais pas partie des lieux. L’eau du bassin est verte, opaque et le débit du jet d’eau ténu. Dans un angle il y a des échafaudages, des travaux de rénovations de la façade se poursuivent. Je remarque les bustes encadrant la cour, tente de déchiffrer sur la pierre le nom des écrivains qui sont représentés, reconnais Lamartine mais je suis à contre-jour et j’aimerais rester discrète. Je sors mon téléphone et j’appuie furtivement sur le déclencheur. Le cliché est banal et mal cadré. Je me souviens de l’avoir pris comme une touriste, un peu honteuse de ne pas déjà connaître l’endroit. J’étais ce jour-là, intimidée dans le saint des saints d’un temple où je croyais ne jamais pénétrer même en visiteuse. Je n’ai su lire correctement que fort tard et quant au Bac, en dehors des épreuves de français et de géographie, c’est un moment de honte que j’ai chassé de ma mémoire avec les quelques notes à un seul chiffre que m’a valu cet examen. Les autodidactes ont toujours le sentiment d’entrer par effraction en littérature comme ailleurs. Dans certaines circonstances ça devient un challenge et on finit par y prendre du plaisir sans que la crainte de ne pas être à la hauteur ne baisse pour autant la garde.

Lorsque j’ai franchi le porche du 45 de la rue d’Ulm en ce vendredi de septembre, l’émotion m’a envahie au point de me faire oublier quelques instants que je venais là pour assister à une conférence. Traversant le hall, j’ai marché vers ce jardin encadré de bâtiments anciens, regardé les maigres fleurs des parterres et avancé dans l’ombre des frondaisons poussiéreuse comme dans un cloître interdit aux profanes. Alors pourquoi cette photo aujourd’hui ? Pour ce jardin témoin de la littérature, pour les mots entendus cet après-midi-là mais plus encore pour l’impression tenace bien qu’invérifiable, d’avoir été dans ce jardin, là où je devais être, chez moi dans « un lieu d’écriture ».  C’est à partir de ce moment que j’ai décidé de participer aux Ateliers et d’en organiser moi-même.

Depuis je retourne souvent en pensée dans la cour dite « Aux Ernests »*. Le plus étrange pouvoir que donne les mots c’est celui de vous promener dans le passé aussi bien que dans n’importe quel présent imaginaire. Je retournerai rue d’Ulm quelque soit la saison. Je rêverai dans ces allées désertes, m’assiérai sur l’un de ces bancs et peu importe la neige, le vent ou la nuit à venir, les grilles sont toujours ouvertes au passeur de la chose écrite.

 

  * Le bâtiment historique de l'École est construit en carré autour d'une cour. Un bassin circulaire, récemment rénové, y abrite quelques poissons qui sont surnommés « les Ernests » (du nom d'un ancien directeur de l'École, Ernest Bersot) ils sont un des symboles officieux de l'École. Par extension cette cour est appelée « Cour aux Ernests », et le vestibule de l'École qui donne sur cette cour est appelé par analogie « Aquarium ». Tout autour de la cour se trouvent les bustes de quarante grands hommes français qui se sont illustrés dans des disciplines représentées à l'ENS : hommes de sciences dans la partie nord et hommes de lettres dans la partie sud. ce sont : sur le mur ouest : Jouffroy, Buffon, Lagrange, Cauchy, Poisson ; sur le mur  nord : Fresnel, Ampère, Foucault, Arago, Laplace, Biot, Pouillet, Lavoisier, Berthollet, Gay-Lussac ; sur le mur est : St-Hilaire, Thénard, Beudant, Jussieu, Cuvier, Descartes, Pascal, Corneille, Molière, Racine ; sur le mur sud : Boileau, La Fontaine, Bossuet, Fénelon, Malebranche, La Bruyère , Massillon, Voltaire, Montesquieu, Rousseau ; sur le mur  ouest : Rollin, Lamartine, Chateaubriand, Aug. Thierry et Cousin.

 

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Textes de l'atelier du vendredi, 6 décembre 2013

7 Décembre 2007, 16:45pm

Publié par Sybille de Bollardiere

 

 A propos d’une photo :

 

Premier atelier d’écriture du vendredi. Dans la lumière de l'après midi, chaque participant a choisi sa photo avant de s’ installer son cahier sur les genoux, pour traquer stylo en main, les mots captifs de l’image. Sybille de B.

 

 Cosima

 El Lobo

Sept ans, l’été.

Nous partons en Espagne dans la grande voiture bleu marine  de mon enfance, Nonno, Maman, oncle Virginio et moi.

Maman est toute jeune et soumise aux dictats des hommes de la famille. Moi je ne compte pas pour grand chose.

De ce voyage il me reste quelques souvenirs dont une corrida poussiéreuse dans la chaleur étouffante de l'été. Des cris et du monde. Plus tard, la seule image que j’ai pu supporter de regarder de ce sport horrible a été la photo de Picasso et Cocteau assis complices dans une jouissance commune.

Le dos de ce toréador est le dos que j’ai tourné à mon enfance et à ces vacances en Espagne.

Un jour sur la plage mon oncle qui avait 20 ans à l’époque, m’a jetée à l’eau. Je ne savais pas nager.

Ça, l’Alhambra et les papiers jonchant les sols des bars est tout ce qui reste dans ma mémoire cinquante ans après.

Cosima

*   *   *   

Agathe

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" Le rêve du Petit Michel"  Doisneau

Promesse

La paupière est fermée, la ligne des cils dessine un trait de plume au dessus de la joue semée de tâches de rousseur, l'ombre de la narine, la rondeur du nez, la paix, le sérieux d'un enfant endormi.

L'enfant rêve  les mains nouées autour de l'objet de son rêve,  deux planches de bois.

Deux planches pour braver la peur, la sienne et  celle des grands, glisser sans réserve sur le manteau de neige, se griser d'air vif. En attendant il dort, la tête enfoncée dans le moelleux de l'oreiller, dans l'ailleurs de son rêve. Les lignes du pyjama sur  les draps immaculés annoncent la trace bleutée des skis. Candeur d'un visage d'enfant abandonné sur un drap blanc comme neige.

Sous le regard attendri de son père, un enfant dort, agrippé à son rêve, portait d'une attente,  un matin, une rencontre, un ailleurs.

De  la promesse de l'aube.

Agathe

*   *   *   

      Dep

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 London, the embarkment on a wet night  

La jetée une nuit humide, ou plutôt l'embarquement prochain... La fin ou le début qui se touchent souvent, se frôlent et qui sait... Se superposent.

La nuit malade d'humidité, celle des larmes, du déchirement... Celles de la délivrance ?

Celles de la joie future de cet ailleurs asséché des pluies, souriant et lumineux.

 Cette photo décrit bien la vie, celle qui fût, est et peut être sera la nôtre car nous avançons toujours en mode actif ou vibratoire, en restant immobiles parfois, oui nous avançons. Et même si cette humide tristesse gluante et falote émanant des réverbères adhère et poisse sous nos pas, nous avançons...

L'espoir est au bout du quai, au bout du cauchemar, de la Peur.

L'espoir, ou... Le retour sur nos pas.

Pas assez de courage

Pas assez de Vouloir

Pas assez de raisons... Ou tout simplement personne à l'autre bout.

Personne nous attendant

N'attendant que nous...

Il n'en faudrait pas plus parfois pour se larguer, s'ennivrer au jus des mots d'espoir et d'amour. Il n'en faudrait pas plus pour conquérir un monde lointain ou intérieur mais toujours synonyme de liberté.

Libération, révélation de notre lumière intérieure...

Adieu...

Au revoir...

Sommes-nous enfin arrivés à quai ? DEP

*    *    * 

Après quelques pas dans un jardin... 

 

 Bien sûr... Il ne pouvait en aucun cas être rond ou carré ou d'une forme laissant au repos notre imagination !

Il a pour mission de protéger ses habitants et dérouter ses éventuels envahisseurs. Protégeant les " autres vies " de ceux qui aiment à le parcourir régulièrement, le saluer au réveil ou lui souhaiter une belle nuit et à demain.

 

Petit mais labyrinthique il aime à se révéler au détour d'un détour.

Modeste certes mais tel une page blanche, apte à se transformer en Riviera, en forêt emplie de lutins selon les saisons.

Ce jardin est malicieux et veux nous dire " il ne tient qu'à toi de me transfigurer en parc ou en forêt enchantée " !

Page blanche pleine de la fraicheur du soir, lumière et chemins au delà des barrières invitant à ... Prolonger la promenade. DEP

 

Pascale

 

En regardant le ciel, elle a retrouvé cette vieille image qui l’a portée souvent au cours de sa vie – celle de la traînée blanche que laisse derrière lui un avion. Cette ligne qui fend le ciel et avance sans hésitation pour aller vers sa destination, puis se diluer ensuite petit à petit. Cela ressemble à la devise qu’elle s’était choisie qui en fait est une citation attribuée, on ne sait pas trop, soit à Lénine, Jean Jaurès, Churchill ou Saint-Exupéry – pour ma part, je préfèrerai les deux derniers !

« Là où il y a une volonté, il y a un chemin »

La différence entre l’avion et elle c’est que lui sait où il va alors qu’elle ne savait pas trop où elle allait, mais elle avait la volonté d’y aller quitte à surmonter toutes les difficultés et elles furent nombreuses et elle est arrivée…..

Pascale

 

 

 

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