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Sybille de Bollardière

chroniques

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Un livre : Destination Lovecraft

12 Février 2010, 23:04pm

Publié par Sybille de Bollardiere

destination.jpg

 

« Lovecraft est un homme transparent qui marche au milieu de la foule new-yorkaise. Au loin, sa haute silhouette, sa tête un peu penchée, ses habits démodés. Une déclivité, un tournant : il s’éloigne, le personnage n’a jamais été très proche.


Lovecraft est indéchiffrable, voilà un motif suffisant pour en faire un livre. La figure de son existence reviendra-t-elle réclamer son dû entre ces lignes ? Je ne le crois pas... H. P. L. est un gentleman. Il ne demande rien. Tout a fini par advenir. L’Innommable s’est liquidé »


Ainsi commence Destination Lovecraft de Rémi Karnauch

 

 «Le combat contre le temps est le seul véritable sujet de roman.»
écrivait d'Howard Phillips Lovecraft dans « le Rodeur devant le seuil » C’est probablement pour cela que Destination Lovecraft, le dernier roman de Rémi Karnauch est un livre ou plutôt un voyage haletant, une sorte de pèlerinage douloureux et magnifique ou encore un chemin de croix que le lecteur fait dans le recueillement et la passion. Lovecraft, Le reclus de Providence et Karnauch l’autre héros de cette balade des écorchés, ce sont trouvés. Dans cette biographie au scalpel on touche au sublime en grinçant parfois.


C’est vrai, il y a du Lautréamont  dans ce livre ambitieux et il ne faut pas craindre de le lire à haute voix. Dans la langue de Karnauch, Lovecraft, l’héritier de Poe remonte des abîmes.

 

Sybille de Bollardière


A partir du 19 février dans toutes les "bonnes librairies"Destination Lovecraft de Rémi Karnauch, 17 euros Editions L'Aparté H&O

http://www.laparte.ho-editions.com

 

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Un vent pour BHL ou El nino en philosophie...

8 Février 2010, 13:17pm

Publié par Sybille de Bollardiere

Exclusif Bibliobs

BHL en flagrant délire: l'affaire Botul

Par Aude Lancelin

Ce devait être le grand retour philosophique de Bernard-Henri Lévy. Patatras ! L'opération semble compromise par une énorme bourde contenue dans « De la guerre en philosophie », livre à paraître le 10 février. Une boulette atomique qui soulève pas mal de questions sur les méthodes de travail béhachéliennes
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Nul ne peut plus l'ignorer, Bernard-Henri Lévy, « ennemi public » ainsi qu'il se présentait à l'automne 2008 dans sa correspondance avec Michel Houellebecq, est de retour dans les magazines. Tous les magazines. Lorsque nous l'avions invité à débattre au « Nouvel Observateur », le 13 janvier dernier, avec le philosophe Slavoj Zizek, un de ses adversaires, nous étions encore loin de deviner l'ampleur de la tornade à venir. Grand entretien dans « l'Express », portrait d'ouverture dans « Paris Match », couverture de « Transfuge », panégyrique dans « le Point » signé Christine Angot, interview de six pages dans « Marianne ». On en oublierait presque une chose. La cause occasionnelle, le détail à l'origine d'une telle profusion : la parution de deux livres, le 10 février prochain chez Grasset. Un épais « Pièces d'identité », recueil de textes et d'entretiens déjà parus sur toutes sortes de supports, et « De la guerre en philosophie », version remaniée d'une conférence prononcée en 2009 à l'ENS de la rue d'Ulm.

"Bernard-Henri Lévy est écrivain, cinéaste, documentariste, chroniqueur - mais il est, d'abord, philosophe. Et c'est à cette identité première qu'il revient dans ce livre", annonce l'éditeur du bref essai qu'il publie ce 10 février 2010, et qui s'intitule "De la guerre en philosophie".....


Plaidoyer pro domo en faveur d'une œuvre injustement décriée, la sienne, ce second opus d'environ 130 pages, « De la guerre en philosophie », se présente comme le « livre-programme » de la pensée béhachélienne. Un « manuel pour âges obscurs, où l'auteur "abat son jeu" et dispose, chemin faisant, les pierres d'angle d'une métaphysique à venir » -  rien de moins, trompette l'éditeur au dos de la couverture. On l'aura compris, ce livre devait signer le grand retour de BHL sur la scène conceptuelle dite sérieuse. Son ultime plaidoirie face à une caste philosophique qui l'a depuis toujours tourné en dérision, de Deleuze à Bourdieu, en passant par Castoriadis. Une lecture attentive dudit opuscule révèle cependant que l'affaire est assez mal engagée.

« La vraie question pour une philosophie, c'est de savoir où sont vos adversaires, et non où sont vos alliés.» Ainsi l'auteur se lance-t-il, chemise au vent et sans crampons, à l'assaut de quelques contemporains gauchistes renommés, mais aussi de Hegel ou de Marx, « cet autre penseur inutile, cette autre source d'aveuglement », notamment reconnu coupable de ne pas donner les moyens de penser le nazisme. A la décharge, l'idéalisme et le matérialisme allemands, toutes ces conneries superflues ! Bernard-Henri Lévy ne s'est jamais laissé intimider par les auteurs mineurs.

Il s'en prend tout aussi fougueusement à Kant, « ce fou furieux de la pensée, cet enragé du concept ». Un peu audacieux de la part d'un penseur qui ne peut, somme toute, revendiquer à son actif qu'un brelan de concepts pour news magazines comme le « fascislamisme » ? Même pas peur. BHL a des billes. Le vieux puceau de Königsberg n'a qu'à bien se tenir. A la page 122, il dégaine l'arme fatale. Les recherches sur Kant d'un certain Jean-Baptiste Botul, qui aurait définitivement démontré « au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans sa série de conférences aux néokantiens du Paraguay, que leur héros était un faux abstrait, un pur esprit de pure apparence ». Et BHL de poursuivre son implacable diatribe contre l'auteur de « la Critique de la raison pure », « le philosophe sans corps et sans vie par excellence ».
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Il en sait des choses, Bernard-Henri Lévy. Le néo-kantisme d'après-guerre. La vie culturelle paraguayenne. Seul problème, Jean-Baptiste Botul n'a jamais existé. Pas plus que ses conférences dans la pampa, auxquelles BHL se réfère avec l'autorité du cuistre. Ce penseur méconnu est même un canular fameux. Le fruit de l'imagination fertile de Frédéric Pagès, agrégé de philo et plume du « Canard enchaîné », où il rédige notamment chaque semaine « Le journal de Carla B.». Un traquenard au demeurant déjà bien éventé depuis la parution de « la Vie sexuelle d'Emmanuel Kant », pochade aussi érudite qu'hilarante publiée en 2004 aux éditions Mille et une nuits sous le pseudonyme de Botul. Une simple vérification sur Google aurait d'ailleurs pu alerter le malheureux BHL. Le même Botul y est en effet aussi répertorié pour avoir commis une œuvre au titre prometteur : « Landru, précurseur du féminisme ».

Renseignement pris, personne ne s'était encore jamais pris sans airbag cet énorme platane. C'est désormais chose faite. Toutes proportions gardées, c'est un peu comme si Michel Foucault s'était appuyé sur les travaux de Fernand Raynaud pour sa leçon inaugurale au « Collège de France ». Mais alors, qu'a-t-il bien pu se passer dans le cerveau infaillible de notre vedette philosophique nationale ? Une fiche mal digérée ? Un coup de sirocco à Marrakech? « C'est sans le moindre état d'âme que j'ai, depuis 30 ans et plus, choisi le rôle du renégat, endossé l'habit du disciple indocile, et déserté ce mouroir de toute pensée qu'est devenue l'Université », écrit Bernard-Henri Lévy. Un peu trop, sans doute.

Ainsi se sera-t-il toujours trouvé un importun, un pédagogue indiscret et pointilleux, pour venir s'interposer entre sa personne et la gloire philosophique. Il y a trente ans, c'était l'historien Pierre Vidal-Naquet, qui avait recensé dans un texte mémorable publié par « le Nouvel Observateur » les nombreuses perles d'écolier contenues dans son essai, « le Testament de Dieu ». Cette fois-ci, c'est un philosophe burlesque qui n'existe même pas.

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Voeux de lumière

26 Décembre 2009, 10:37am

Publié par Sybille de Bollardiere

IMG_0335.JPG

La rivière, 25 décembre 2009

Nue dans le vallon détrempé par la fonte des neiges, la rivière
Et pour vous, en ces derniers jours de l'année
Mes voeux d'eau et de lumière
D'amour et de sérénité



S. de B.

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La couleur de l'absence

24 Septembre 2009, 20:46pm

Publié par Sybille de Bollardiere



Quelle est la couleur de l'absence ?

Ce soir j'aimerais que l'on écrive à ma place... Oh pas un roman, juste un poème comme vous savez les faire, légers, doux comme les larmes et le jour qui s'en va. Oui c'est une curieuse idée mais voyez-vous, j'ai de la peine et pas de mots pour l'envelopper, pas de mots pour partager et j'aimerais tant pouvoir le faire.

J'ai perdu une amie, mon amie... Vous l'auriez aimée, elle peignait la mer et s'était installée à son chevet pour en capturer l’éclat. Elle aimait les vagues ; les domptait au bout du pinceau tout en accueillant les visiteurs. Aujourd'hui dans l’atelier désert, elles déferlent sur un paysage inhabité. Elle était ma fenêtre sur la couleur, le peintre des fleurs, celui des lendemains aussi ; des matins, des projets, "tout ira bien tu verras" "je te rappelle bientôt" "Nous irons à Zanzibar". Mais le temps s'est arrêté comme les promesses de voyage que je n'ai jamais tenues. Le carnet à quatre mains je le dessinerai toute seule avec ses couleurs dans les yeux pour peindre ces fleurs qu'elle ne verra pas. Inutile chagrin qui ne ramène rien, pas même un grain de sable. L'horizon lui appartient, mes mots à venir aussi.

 

à Martine Gayet

 


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