Vendredi 7 janvier 2011 5 07 /01 /Jan /2011 19:55
- Publié dans : Chroniques

 

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Indignation, déprime ou désenchantement ? Il faut dire qu'avec les plaies actuelles : Pagaille, jeudi noir, dividendes record, injustice et incurie, les temps sont durs pour nos pharaons, mais le désenchantement français me plait, il est de bon augure.

 

Je préfère de loin ce mot à celui banalisé de « déprime » et puis, une déprime se soigne, le désenchantement est une désillusion qui se vit, tout simplement. 61% des français ont le moral en berne contre 52% de Britanniques, 48% des Espagnols, 41% des Italiens et seulement 22% des Allemands (Nouvel 0bs d’aujourd’hui). Ces chiffres me mettent du baume au cœur, ainsi les Britanniques nous suivent. En cherchant une explication, je nous trouve quelques points communs : nos façades maritimes, la poésie, un goût immodéré de l’orage et ce que j’appelle « un désenchantement de bon aloi » qui ne nous a pas si mal réussi des deux côtés de la Manche en d’autres temps. Avant de se révolter, l’Anglais se méfie et il a raison mais cela ne l’empêche pas d’être furieusement romantique à ses heures. Et puis l’adoration n’est pas sa tasse de thé. C’est une nation qui se sert des rois pour mettre la religion au pas et qui n’hésite pas à leur couper la tête. Le Français, apprécie. Lui, quand il déprime, s’il n’écrit pas, il invente, se débrouille ou guillotine, c’est bon pour le moral (cherchez des noms) Il a le désenchantement fondateur et c’est ça qui lui donne son incomparable panache. Le Français aime les commencements, les débuts de l’amour et l’aube de la démocratie. Il se lasse vite des contingences qu’elles soient conjugales ou républicaines.

 

Quand il est las, le Français se lance en politique, s’indigne… (Certains en font des succès de librairie) ou il va au café. Mais c’est là que le bât blesse, le Français « est à la rue » et plus encore depuis qu’on lui interdit de fumer au café et de boire dans la rue. Fumer et boire en même temps est devenu quasiment impossible comme beaucoup d’autres choses d’ailleurs. Il nous reste notre désenchantement et nos pensées indignées comme le baiser du poisson rouge à la surface de l’eau, à moins que…

Très bon week-end à vous

(c'est mon 100 ème article...) 

 

Par Sybille de Bollardiere
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S. de B. Sybille de Bollardière, auteur de poèmes et de romans, vit entre Paris et le Perche en Normandie. Elle a vécu également en Bretagne et au Congo, près de Brazzaville. Elle a publié Alizarine, poèmes aux Éditions de la Coïncidence 1981, Le défaut des origines, roman Ramsay 2004, (Prix La Fayette)  Une femme d'argile, L'Editeur, 2011.  Membre du jury du Prix Rive Gauche à Paris




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