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Articles avec #chroniques

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Fest Noz à Concarneau

1 Octobre 2017, 07:14am

Publié par Sybille de Bollardière

Fest Noz à Concarneau
Fest Noz à ConcarneauFest Noz à Concarneau
Fest Noz à Concarneau
Fest Noz à ConcarneauFest Noz à Concarneau
Fest Noz à ConcarneauFest Noz à Concarneau
Fest Noz à ConcarneauFest Noz à Concarneau

Ce matin à 7 heures, le silence de la nuit d’octobre rythmé par les vagues de la marée montante. Concarneau un dimanche, lendemain de Fest Noz.

Nous voulions écouter de la musique celtique. Sur le port on nous avait dit : « venez ce soir on en mettra un peu enfin, pas trop, ici on est plus années 80 » et puis l’info est tombée sur mon smartphone : Fest Noz au CAC, la salle de Concarneau.

20 h 15, la salle était encore calme, quelques groupes - des jeunes pour la plupart- se pressaient près du bar, d’autres se jetaient sur les quelques chaises alignées le long du mur. Sur la scène, un flûtiste et une cornemuse commençaient leurs réglages. Au milieu, immense, le sol de la salle comme une scène déserte que personne n’osait fouler. Et puis ils sont arrivés, régulièrement, par deux, par quatre, des familles entières, des amis, des collègues, des vieux, des jeunes, quelques enfants, des cadres, des retraités, des tatoués, des chevelus, des chauves, venus de Quimper, de Pont l’Abbé et de la Cornouaille toute entière. La chanteuse a entamé son couplet en breton et je les ai vu se faufiler tout autour de la salle, des femmes surtout, elles se donnaient la main. Après le dernier couplet, la chanteuse a annoncé les gavottes et là, il n’y avait plus que nous assis contre le mur, ébahis devant cette chaîne humaine lancée dans la ronde hachée, obsédante, des petits pas bretons. Le son était infect et la musique incroyablement répétitive mais la magie était là. Trois heures plus tard, nous y étions encore le Frison et moi, les tympans en vrac mais au milieu des musiciens* et de la foule, fascinés et émus, heureux d’être là et malheureux de ne pas en être, de ce pays là où les hommes et les femmes dansent des nuits entières en se donnant la main. Tellement fiers, tellement souriants jusque dans les toilettes quand je me suis retrouvée avec les femmes venues se rafraîchir après une « scotiche » endiablée…

« Et vous le Brexit ça ne vous gênes pas ? m’ont-elles demandé. Le frison et moi ne sommes pas anglais mais pour eux, de toute manière des étrangers et la frontière n’est pas très loin, bien avant le Mont Saint Michel et le cours du Couesnon** « Vous parlez bien le français pour des hollandais ! » Oui surtout moi !  « Et puis c’est rare de venir de Normandie pour nous voir. Au fait, est-ce que c’est joli la Normandie ? »

Oui c'est joli la Normandie, la Bretagne, la France et à vrai dire tout est joli quand on voyage plume au vent mais la question n'est pas là. Hier soir à Concarneau c'était tout sauf du folklore, une histoire de vie, d'appartenance, de fraternité mais ce matin, je me console en me disant que la route est belle aussi. 

* Bagad Quimper - Bodénès- Hamon Quintet - Bagad Penhars

** « Qui dans sa folie, mit le mont en Normandie »

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Le prochain roman de l'atelier d'écriture

18 Septembre 2017, 20:26pm

Publié par Sybille de Bollardière

Le dernier voyage du Lancastria 

Pourquoi l’une des plus grandes catastrophes maritimes de l’histoire est-elle restée secrète ?

Un roman à neuf voix pour faire revivre cette tragédie 

 « Le dernier Ouest-France traînait sur le comptoir... En première page en gros et en gras : « L'anniversaire : des milliers de morts dans la tragédie fantôme... Il y a 75 ans, le 17 juin 1940, le paquebot anglais Lancastria sombrait en vingt minutes, assailli par les bombes allemandes au large de Saint-Nazaire. Aujourd'hui encore, on ignore le nombre de victimes... On parle de 6 000 morts. »

  C’est la découverte de cette catastrophe méconnue à la une du quotidien Ouest-France en juin 2015 qui inspira à L’Alduna ce roman à neuf voix. Tout en respectant les faits et la réalité historique, chaque auteure s’est glissée dans la peau d’un personnage de fiction pour faire revivre le drame des naufragés du Lancastria. Dans ce récit émouvant et passionnant, on découvre les vies de réfugiés venus de toute l’Europe, pour échapper à l’invasion Allemande. Le lendemain, alors que de Gaulle lançait l’appel du 18 juin ; le lancastria lui, sur ordre de Churchill, était condamné aux ténèbres du « secret défense » et de l’oubli.

Ce livre est aussi l’aventure de « l’écrire ensemble » vécue par les auteures de l’Alduna depuis septembre 2015. Dix-huit mois d’échanges, de dialogues, d’émotions et d’écriture dans la peau de ceux que nous avons voulu faire vivre pour que l’on oublie pas les naufragés du Lancastria.

L’Alduna, collectif de l’atelier d’écriture de La Passagère, est composé de : Catherine Becquart, Olga Bunzl, Sarah Delacour, Francine Lenoury-Heude, Pascale Grilliat, Corinne Leveillé-Nizerolle, Diana Wander, Valérie Weber et Sybille de Bollardière. 

A paraître le 15 octobre 2017

La Passagère 13 €

www.lapassagere-edition.com

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Encore quelque chose à oublier

11 Septembre 2017, 16:05pm

Publié par Sybille de Bollardière

En caravane

Un mois chaud avec des vents de terre et des voiles grand largue vers les îles. J’énumère les écueils et soudain c’est la voix des nuits de Norroy que j’entends quand enfant, et dormant dans sa chambre, elle ouvrait la fenêtre pour me faire aimer les nuits d’été. Le Haumet, Les Jardins, La Conchée… Ici, il y a toujours une saison qui m’attend jusqu’à celle, ultime, dont j’ignore le nom.

Sur la route de la Liberté, remonter le Cotentin en caravane sous le moutonnement du ciel. Suite de villages où les piétons traversent sans un regard, comme impatients de mourir dans leur bon droit.

Barfleur, vent de Surroy. La houle est lourde, épaisse quand elle se brise sur les rochers. Un temps à maquereaux ! Sur le port, les pêcheurs nettoient leurs filets dans la lumière de l’est. Certains vendent leur pêche : coquilles saint Jacques à 5 euros le kilo, aile de raie, maquereaux… Oui ils sont bien là.

Escale de granit à Vitré. Solitude intérieure face à la douceur d’une nuit à l’ombre des arbres. Insomnie sous l’opacité du ciel. Non loin, un chien veille gueule ouverte sur mes peurs et le ciel qui bleuit. Immobile, je le regarde. Cinq heures, la conscience vacille dans le froissement des draps. La voici enfin l’ataraxie du sage, Tout à l’heure est un autre jour et nous repartons plus loin.

En bateau

Dinan. L’entaille de la ville dans le vert des forêts, un matin frais et silencieux et soudain la brume et l’effacement des rives. Plus loin, ciel bleu sous un lavis de nuages, fleurs ouvrières au fil de l’eau, soulevées par la vague qui nous porte. Et enfin l’ombre noire de la rive. Sous la discrétion d’un saule, le bouillonnement d’un égout.

Manche océan. Sous la garde d’un cormoran, épave verte, les frondaisons se reflètent sur la moire des eaux. Au sud, des murets de pierres roses surmontées de grilles où la valériane épouse le lierre. Quelques pins se détachent sur le ciel, un épicéa et puis là, ce palmier qui annonce un jardin. Plus bas, maison de pierre à fenêtres étroites. Une longue haie de buis  longe le canal, croisant cette voie romaine qui se perd sous les arbres. Le bateau remonte vers le nord entre l’envasement et ma mauvaise humeur. Guettant la brise du large et la prochaine écluse, je rêve de haute mer et de silence. 

Terschelling, Waddenzee, îles de la Frise. L’immensité. Sous le ciel anthracite, la mer rugissante, invisible derrière l’écran des dunes. Sur la grève au sable incroyablement doux, des débris de tourbe et des éclats de bois fossiles des anciennes forêts. Elles sont au loin, sous la mer, bien au-delà des îles.

En train

Au Pays-Bas, entre Groningen et Zwolle, toutes fenêtres fermées, climatisation oblige. J’imagine l’odeur des champs à perte de vue : blé court, avoine, orge, pomme de terre et quelques rares pâturages. Ni oies ni cigognes comme à Zuidlaren, le chemin de fer traverse un paysage monotone partagé entre les cultures, les futaies de saules et de sureaux. Dans la fuite du paysage, je cherche un étang, un fleuve. Toujours en attente de l’eau, je ne voyage que pour l’apercevoir, m’en approcher, la toucher enfin.

Ou peut-être ai-je encore quelque chose à oublier ?

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Retour des îles

1 Juillet 2017, 20:46pm

Publié par Sybille de Bollardière

Après la pluie et les îles, le miroitement de l'eau au soleil couchant. D'autres nuages arrivent par le nord et le vent couche les roseaux qui bordent le canal. Si peu de juillet aujourd'hui... Au loin l'horizon ponctué par une haie de tilleuls et devant moi, des fleurs séchées et le paysage intérieur du maître des lieux. Lui aussi est ici sans être tout à fait là comme en témoigne le soin amoureux accordé à chaque objet et ces cartes punaisées au mur où s'affiche son ailleurs... La Baltique, les côtes norvégiennes et le semis des lacs de Finlande. Il aime au grand nord une femme aux cheveux sombres sur de larges épaules qui me regarde du haut de son portrait. 

Je repense à Terschelling, aux heures de bicyclette dans le chaos dunaire. Qu'emporterai-je avec moi de ces jours ici ? Pas les forêts silencieuses que l'on trouve sur le continent ni ces dunes fumantes sous le soleil gris non, simplement ce chemin interrompu que j'ai suivi des yeux vers l'est avant qu'il ne se perde lui aussi. J'emporterai tout ce que je n'ai pas vu, ce dont j'ai rêvé et qui reste intact, inviolé au bout de cette piste de sable qu'épuisée, j'ai renoncé à prendre.

Certes, j'ai aimé ces étendues sauvages et leurs crêtes de sable, le tapis de fleurs mauves, mais plus encore peut-être, la Terschelling dont j'avais rêvée, cette Solitude Island que pour l'avoir trop dessinée, je n'ai pas reconnue. Ce qui me manque finalement, c'est ce que je ne connais pas encore.

Retour des îles
Retour des îlesRetour des îlesRetour des îles

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Jaune

6 Juin 2017, 18:05pm

Publié par Sybille de Bollardière

Comme un cœur dissimulé dans le silence, épicentre floral ou soleil intérieur, mon jaune est doux comme le mimosas sous le gel de février, amer comme le fiel des mots de mai perdus, oubliés, jamais dits, usés jusqu'à la corde.

Juin, déjà. C'était sa couleur... j'ai eu il y a longtemps, une mère jaune à peau brune qui jouait dans la lumière des étés renouvelés. Pour elle la couleur se faisait parure d'un temps immobile quelle que fut la saison. jaune d'hiver quand elle brodait à la lueur des lampes plus tard d'or sur ma peau, serpentant sur l'avant-bras, en chaînes, anneaux, pour ne pas oublier. Une couleur à moissonner l'été, à suivre sur les grèves dans le désert de midi et jusque dans l'iris de certains serpents. Citrine, topaze et diamant jaune comme le grand fleuve de Chine aux eaux troubles et tous les papillons dont je ne sais pas le nom. Le jaune est ma couleur, mon rire parfois comme si la teinte s’acidifiait avec le temps alors que je me souviens encore de la lumineuse douceur des fleurs de Wordsworth...

I wandere'd lonely as a cloud
That floats on high o'er vales and hills,
When all at once I saw a crowd,
A host, of golden daffodils;
 

Et maintenant demain est jaune comme un ciel d'orage, immense et inconnu telle cette route qui invite au départ...

 

 

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Jour de Pâques face à la mer ou pas...

18 Avril 2017, 14:33pm

Publié par Sybille de Bollardière

Les lumières de Barfleur
Les lumières de BarfleurLes lumières de BarfleurLes lumières de Barfleur
Les lumières de BarfleurLes lumières de Barfleur

Les lumières de Barfleur

Voici l'autre visage de Barfleur : Ils appellent ça la liberté... Ils se sont installés au seul endroit où on les accepte gratuitement... Face à la digue, véritable mur de béton pour protéger la ville des tempêtes. Venus des pays de Loire, de la Somme, souvent de Saint Lo ou de Caen... Ils sont là dans leurs camping car dernier modèle dont ils ne sortent que pour faire quelques pas... Jamais loin de leur antenne satellite.

En les regardant je pense à la cabane de Marcel à quelques kilomètres de là, seule face à la mer...

Vue de la cabane de Marcel...

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Barfleur

18 Avril 2017, 14:04pm

Publié par Sybille de Bollardière

ll faisait encore beau quand nous sommes arrivés à Barfleur, la côte prenait des airs d'été près de l'école de voile et du camping où nous venions de nous installer mais le gris nous suivait, remontait le Cotentin avant de gagner l'horizon... 

Petit tour vers le port en longeant la côte et la digue qui la protège de la mer...

Barfleur la veille du week-end de Paques.

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Entre Rennes et Fougères

18 Avril 2017, 13:51pm

Publié par Sybille de Bollardière

Après la grande île des Charentes en route vers le nord. Nous rejoignons l'hiver près de Rennes. Ici le vert tarde encore et le bleu a déserté. Au bout de l'allée qui borde l'étang le héron guette ses proies dans un halo de lumière. Je marche pour me réchauffer, pour attendre l'heure du dîner dans la caravane et le départ demain pour le nord du Cotentin. 

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Quelques jours à Oléron

11 Avril 2017, 15:53pm

Publié par Sybille de Bollardière

Une île à fleur d'eau qui n'a rien d'une île. Oléron est terrienne avant tout, elle étale ses champs maritimes sous le soleil d'avril. Ici je retrouve la lumière de la Frise, des ciels transparents avec des teintes de rose et de vert à moins que ce soit déjà l'eau qui remonte.

Quelques jours ici entre deux salons du livres. La caravane est installée dans un bois de pins maritimes, contre la dune, à l'abri du vent. D'ici j'entends la mer et des oiseaux dont j'ignore le nom. L'idée d'un livre s'annonce, s'incruste entre les pages feuilletées au soleil. Des phrases traversent le ciel le soir, quand nous sortons pour voir le coucher du soleil sur les platiers de l'ouest... Ici, l'arbre de la plaine a reçu du vent la courbe d'une vague, l'océan s'annonce...

Quelques jours à OléronQuelques jours à Oléron
Quelques jours à OléronQuelques jours à Oléron
Quelques jours à OléronQuelques jours à OléronQuelques jours à Oléron
Quelques jours à OléronQuelques jours à Oléron

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La Passagère

28 Mars 2017, 10:19am

Publié par Sybille de Bollardière

Voila c’est parti… Une petite pause à l’Ouest entre terre et mer mais le cœur lui est déjà sur la route.

J’en ai rêvé pendant des années et depuis si longtemps : écrire et vivre dans une roulotte, arpenter le temps avec lenteur pour en épouser toutes les courbes, en sentir le moindre relief, la moindre pierre. C’est peut-être pour cela, pour cette errance présente et à venir que j’ai décidé de faire des livres comme on fait son pain, au gré du temps, au fil des jours et des chemins.

La Passagère, c’est un atelier d'écriture, une caravane... Un rêve d’enfant qui jouait à la marchande en vendant ses poèmes dans des cahiers cousus main... Aujourd’hui ce sont quelques livres : Les mauvais sentiments, Le vase noir, et des projets : Le dernier voyage du Lancastria et d’autres à écrire, à relire, à corriger avant qu’ils ne prennent la route eux aussi.

Avec les mauvais sentiments et Le Vase noir, je serai à Oléron le 7 avril, à Barfleur le 16, à Vitré le 22 et le 23… Cet été ce seront les côtes normandes puis le Massif Central après nous verrons…

Pour nous suivre : Rencontres et signatures

La Passagère Edition et Atelier d'écriture : www.lapassagere-edition.com

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