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Sybille de Bollardière

jour et nuit (images)

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Paris aujourd'hui, le 1 er septembre

1 Septembre 2010, 19:51pm

Publié par Sybille de Bollardiere

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 Marie et Laura

 

 Mercredi 1 septembre 2010

 

Enfin un endroit agréable, un rêve vert et rouge en plein Champ de Mars, une sorte de refuge pour Amélie Poulain avec ses nappes de vichy rouge, son chalet vert sapin. (3) Perdu au milieu des bosquets de verdure on oublie tout dans "La bonbonnière de Marie Laura".

 

J'ai ouvert mon cahier sur la table, noté quelques pensées capitales et bu mon café en oubliant le temps immobile au pied de cette tour Eiffel en fourrure du meilleur effet (2)

 

Les photos ne sont pas exceptionnelles, mais elles sont d'aujourd'hui et de moi, sur mon Blackberry... C'était une journée magistrale d'ennui entrecoupée de somnolences et de quelques instants de lumière que je n'aurais manqué sous aucun prétexte. Et pourtant je vous avoue que c'est un parc fragile, plus séduisant en images qu'en réalité. Malgré quelques parisiennes, venues parfaire leur bronzage sur les pelouses reverdies (4) Cet immense jardin ouvert à tous les vents souffre de la foule, des cars et d'une poussière jaune et collante dont, miraculeusement le havre de Marie Laura semble épargné. Quelques pas dans les allées pour découvrir les restes boueux d'un arrosage qui font le bonheur des oiseaux. Ils sont là, s'ébrouant en silence et guettant leur tour avec d'infinies précautions : pigeons, moineaux et autres et moi je les regarde dans cette lumière de septembre si heureuse d'être là dans la mi temps d'un jour ordinaire. Encore quelques images captées un peu trop vite : la tour Montparnasse chapeautant une allée (5) et puis la reine des lieux dans son écrin de Buddleias : La tour Eiffel (6).

 

  

(2) Tour Eiffel en peluche

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(3) La Bonbonnière de Marie LauraIMG00128-20100901-1312.jpg

 

 (4)IMG00137-20100901-1341.jpg

 

 

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Qu'est ce que je fais là ? Saint Philippe du Roule, 13 heures

31 Août 2010, 20:33pm

Publié par Sybille de Bollardiere

 

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         Saint Philippe du Roule. Photo anonyme sur le Web

 

Dernier jour d’août. Qu’est ce que je fais là ?


Assise sur ces marches où l’été s’attarde pour nous donner l’illusion qu’il peut recommencer, j’écris sur mes genoux au soleil de Paris devant L’Eglise Saint Philippe du Roule. A midi, Paris le huitième se restaure comme il peut, à même le sol pour les jeunes cadres moyens. Ca sent le melon, la salade à la Féta, la carbonara tiède en boite carton, le sandwich élaboré dans un pain compliqué de graines et le jus de fruit parfumé. Tout le monde est « jeune » ici, même ceux qui le sont moins. Assis côte à côte, dos au culte et face au soleil, « tout le monde » s’occupe en mâchouillant : SMS et Messenger sur fond d’huile d’olive pression à froid. Certains mâchouillent de concert : deux collègues de bureau  parlent de « mon ex » (vaste sujet, le « mon » dit tant de regrets inavoués) plus loin ce sont deux amoureux d’un été ou d’un stage qui s’offrent une arrière saison.


Personne ne se préoccupe de l’unique visiteur de l’église qui s’agite comme un forcené sur la porte d’entrée avec un trousseau de clefs digne d’un maton de la Santé, ni des pigeons roumains oubliés par la dernière rafle. Le 83 s’arrête et repart, délesté de quelques cols blancs. Au loin, de l’autre côté de la place  c’est le 80 qui ronfle avant de prendre l’avenue sous les arbres – je ne connais qu’elle mais j’ai oublié son nom. Plus près encore, c’est le 52 désarticulé avec ses deux voitures et son accordéon central qui se tortille en descendant le Faubourg. Silence bref et intense sur les marches, toutes les places sont prises et moi aussi je ne bougerai pas. Quelques passants regardent avec convoitise cette pieuse assemblée de mâchouilleurs dont je suis. Et alors ? Paris n’offre plus que ses trottoirs, tout le reste est payant ! Ici sur les marches on domine, on s'isole en vue de tous, la grille nous protège.

 

On est loin de la banlieue,  les pauvres sont "du quartier" mais ce n'est pas encore l’heure des pauvres. Ils viennent plus tard ou plus tôt avec leurs ballots et sans portable.


Qu’est ce que je fais là ? Je me chauffe au soleil parce que le fond de l’air est frais, j’ai une heure à perdre et s’il y a longtemps que je n’aime plus cette ville, aujourd’hui, bordée de droite et de gauche, je me sens bien. Ciel bleu intense pour ce peuple de « jeunes » qui sillonnent les trottoirs. Ni vieux, ni poussette, ni enfants. Ici le mâle est longiligne, en costard sans cravate, cheveux coupés avec recherche et barbe d’une semaine, la femelle est plutôt fine et que ce soit sur sandales ou escarpins, elle est perchée, balancée, dorée dans ce noir, blanc, beige ou gris qui fait d’elle une parisienne. La colonne Morris affiche « Ces amours là » de Claude Lelouch. Un 93 vient de passer, puis un 52 et les marronniers de la place sont cuits à point, les feuilles prêtes à tomber. Ce sont des arbres que l’on devrait interdire à Paris. C’est tellement démoralisant les marronniers, ils commencent leur automne fin juillet.


Il faudra bien que cela finisse. Je veux dire ces instants au soleil sur les marches de pierre, mon cahier de cuir rose n° 67, mon stylo. Idéalement je devrai renoncer à travailler et rester là seulement parce que je commence à me sentir chez moi, comme avant, quand je suivais cette ville à l’odeur,  les mains dans les poches et les yeux fermés.


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Le Pont des soeurs - Blesle

6 Août 2010, 15:53pm

Publié par Sybille de Bollardiere

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2 août 2010

 

Halte à Blesle, Haute-Loire au lieu dit "Le Pont des Soeurs"

 

J'ai marché contre l'eau sourde sous l'ombre des chênes, là où tout est secret, lave et silence.

 

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Les chemins de l'été

20 Juillet 2010, 19:48pm

Publié par Sybille de Bollardiere

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"Le vrai domicile de l'homme n'est pas une maison mais la route, et la vie elle-même est un voyage à faire à pied". Bruce Chatwin 

C’est la saison des départs et bien qu’il fasse relativement chaud, on ne peut s’empêcher de songer à ce chemin qui nous entraînerait à flanc de colline vers un ailleurs que l’on dessine avec autant de souvenirs que de rêves. J’aime cette phrase de Chatwin, son visage aussi ; lui, Bouvier, Kessel et quelques autres ont tracé les limites d’un monde que je continue d’explorer en relisant leurs pages au fil des nuits d’été. Des mots pour les voyageurs immobiles et pour ceux qui rêvent d’enfance, de celle qu’on laisse en dépôt dans un paysage avec les odeurs d’une saison.

 

Partir pour effacer le temps qui s’enfuit et retrouver la liberté, la douceur de l'oubli, une page de cahier et juste quelques mots semés au hasard des jours. Partir  pour revoir, relire, redécouvrir, mais aussi attendre. C’est cela les vacances, ce vide qui vous emporte, vous habite et se glisse dans votre vie au milieu des soupirs et des retrouvailles. Rien ne sera jamais plus pareil. Etre simplement et définitivement seul pour guetter ce que rien n’annonce et que l’on ne fera qu’effleurer.

 

Souvent je me dis que mes semblables sont en chemin, ou en mer, hantés de silence comme les lieux qu’ils traversent.

 

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