Nul seigneur je n'appelle, et pas de clarté dans la nuit. La mort qu'iL me faudra contre moi, dans ma chair,
prendre comme une femme, Est la pierre d'humilité que je dois toucher en esprit, Le degré le plus bas, la séparation intolérable D'avec ce que je saisirai, terre ou main, dans l'abandon
Sans exemple de ce passage Et ce total renversement du ciel qu'on n'imagine pas. Mais qu'il soit dit ici que j'accepte et ne demande rien
Pour prix d'une soumission qui porte en soi la récompense. Et laquelle, et pourquoi, je ne sais point : Où je m'agenouille il n'est foi ni orgueil, ni espérance. Mais comme à travers l'œil qu'ouvre la lune sous la nuit. Retour au paysage impalpable des origines, Cendre embrassant la cendre et vent calme qui la bénit.
Tout a commencé par une autre vie que la mienneUn soir sans sommeil, la révélation de ne pas être soiLa petite fille couchée dans les draps Ni tout à fait cette autre, plus âgée Gardienne libre et sauvage d’un présent immatérielCet autre moi dont je ressens chaque penséeChaque gesteJe n'ai pas cinq ans et soudainJe ne sais plus d'où je viensJe vis chaque soir mon ubiquité entre deux mondesUn tempsJ'ai pensé qu'il me suffirait de fermer les paupièresD'invoquer dans le noirLe grand intermittent des prièresQui lui, doit bien savoirComment retourner d'où je suisComment retrouver le livre des nuitsMa mémoire ancienne(Une autre vie)...Dans la chambre sous les toitsOuverte aux combles des nuitsLes brouillons d’amour s’offraient des paradis bleu marineUne page d’illusions parfoisDe celles que l’on se lit glacés au petit matinDans le souvenir des corps et l’envie des mots Oui, tout cela avant d'écrire un jour...(Muse)..Les mots n'atteignent rien mais je voyage avec euxPassagère et libreParfois la lenteur nous prend en otagePour repeindre le monde sous d’autres couleursC'est ainsi que je passe le temps sous les nuages(Les nuages) ...Plus haut, plus basLa rime arrimée se défendLa poésie c'est le gouffre du connuElle se dérobe sous nos pas, sous nos motsElle échappe à nos tentatives d'arraisonnementEt le silence n’en finit pas d’expierAucun ne reviendraAucun l'indéfini nous ouvre les abîmesNous privant à jamaisDe quelqu'un, quelque chose à venir, à revenirAucun efface les limbes du possibleAucun n’est jamais revenuIl n'y a plus aucun espoir(Lapidation en bleu)