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Sybille de Bollardière

poesie

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Périphérie

25 Septembre 2022, 16:45pm

Publié par Sybille de Bollardière

Périphérie

S’en tenir à la périphérie des villes et des êtres
Fuir et se priver de ce qui aurait pu se dire ou se faire
Rester à distance
Graviteur d’infortune, choisir cet écart nécessaire
Comme un navire s’éloigne de la terre un soir de tempête
« Tirer des bords » tout en convoitant l’objet délaissé
Le cœur à atteindre, à renverser, dévaliser
S’astreindre à l’exil par ruse ou par sagesse
Pour cet indispensable changement de point de vue
De plus loin ou d’ailleurs la ville est différente
L’autre aussi
Aucun centre n’est le même quand on s’en éloigne
L’attraction s’épuise et, de chemins de traverse
En lisières au couchant
On se retrouve ici, poète au cœur de rien
Au chevet de tout
 
Il y a matière à réflexion.

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Les vivants

31 Mars 2022, 14:47pm

Publié par Sybille de Bollardière

Où que j'aille la Bretagne me serre le cœur
Je n'y vais plus que de mémoire
Saisir le temps d'un cliché, cette mer aléatoire
Qui s'efface sous le ciel.
Ici au nord,
Une presqu'île offerte en souvenir 
A ce qui n'a pas eu lieu ou trop peu
Et pourtant dans la lumière d'ouest, tu es là
Inondé de vent et de soleil comme un gisant de pierre
De profil pour l'éternité. 
 
La mer furieuse remonte dans le bruissement du vent
Le bleu du monde encercle la presqu’île
Ensable notre langue
Les mots parcimonieux du discours amoureux
Quand tu me disais toi, le pilleur d’étoiles
Je t'aime à jamais.
 
La mer furieuse remonte dans le bruissement du vent.
J’écris en psalmodiant nos noms au soleil de mars
Et soudain, Il fait bon comme en été
Dans la chaudière des sentiments
Entre mes doigts, un couple de coquillage se défait
Face au silence, les bancs vides
Une vague s'avance, grise et tendre
Presque imperceptible
Avant qu’elle ne s'ourle de blanc
Une fois encore, je choisis les vivants.
A M.

 

 

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Terre d'exil - Poèmes du Djoué

11 Février 2022, 08:23am

Publié par Sybille de Bollardiere

Les chutes de la Loufoulakari (1988)

 Maintenant que je renais à d'autres ignorances
Toi ma terre d’exil qui m’offrit le silence
Je n’écrirai rien dans ta chair
Qui ne puisse s’effacer
Je retournerai parmi les pierres
Poussière des fleuves, alliée du vent.
 
J’aimais ta moisson d’herbe et d’orages
Les entrailles des pluies, mon amnésie
L’ornement des songes et la lessive des nuits
Mais comment échapper à la promesse d’errer ?
 
Comme le pollen des fleurs anémophiles
J’irai d’abeille en arbre
Jusqu’au pistil des forêts
Dans ces troncs renversés où boivent les fauves.
 
Les soleils rouges de la terre m’accompagnent
Les voici sur le pays des eaux
Traçant leur route au milieu des forêts.
L’étreinte des arbres sur les cimes
Donnera un nom au silence de la terre
Pour que du royaume des morts
A celui des vivants
O terre féconde
Tu prélèves la part inscrite.

Brazzaville - Congo

1993

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La route

31 Décembre 2021, 17:20pm

Publié par Sybille de Bollardière

 

Sur la vaste plaine, un ciel bas boursouflé de nuages et soudain, le miracle d'eau
Sous l'écorchure du couchant, des lambeaux de mauve et de bleu
Je me suis arrêtée dans l'écrin des roseaux pour un bain de lumière 
Et puis le ciel de décembre s'est ouvert, limpide, rempli d'absence 
J'ai repris ma route.

 

 

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