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l'amitié des livres

28 Avril 2018, 06:31am

Publié par Sybille de Bollardière

Plaisir de lire. Parfois je sais qu'un livre va me manquer alors j'aime les auteurs qui ont la délicatesse avant de terminer leur opus, de nous donner quelques pistes pour le suivant. A une époque, j'ai découvert la littérature en file indienne, chaque livre me conduisait à un autre. Une histoire d'amour se poursuivait de page en page, au fil des saisons, au point que je pouvais vraiment craindre un jour sans livre plus encore encore qu'un jour sans peine.

Pourtant, il est des soirs sans lecture, pétris de silence, désertés comme cette scène débarrassée des visages anciens où lentement, se faufilent les personnages à venir.

Ici où même ailleurs, je ne dis jamais ce que je pense vraiment, ce que je suis ou ce que j'ai été : vieille, pauvre, seule, au chômage, de droite ou de gauche mais fondamentalement extrémiste, jusqu’au-boutiste, autoritaire, antidémocratique et j'en passe. Tout est de passage, même mes certitudes alors j'ai souvent avoué ma "poulpitude". Passer par l'état octopode m'a permis de glisser entre les lignes ennemies vers la fiction qui me semble être le seul espace de liberté.

Écrivant cela, je pense à ma place dans mon dernier roman*. "Voyeur omniscient", je guette, et j'écris, un peu comme une mère observant de loin, mais pas sans inquiétude, les jeux de ses enfants. Les vies imaginaires m'accompagnent et se mêlent à celle bien réelle, que je traverse parfois en funambule. Mémoires mythomanes ou écriture onirique ? De quel genre est cette fiction qui vous colle à la peau depuis l'enfance ? Leurs noms me hantent, d'un livre à l'autre, ils m'accompagnent.

"Chaque écrivain a dans la tête un théâtre avec sa troupe. Shakespeare a cinquante personnages, j'en ai dix, Tennessee (Williams) cinq, Hemingway un, Beckett s'emploie à n'en avoir aucun." 

Gore Vidal, conversations 2005

*que je corrige actuellement...