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Sybille de Bollardière

poesie

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Et moi je pense à Frankétienne...

20 Janvier 2010, 21:18pm

Publié par Sybille de Bollardiere

 



Et moi, je pense à Frankétienne, ses mots m'accompagnent, le chaos d'une langue debout dans sa révolte...


"Mon royaume anarchique
Mon désordre esthétique
Mes paysages fugaces
Mon pays en folie filant à vive allure dans l’hystérie du vide l’étrange cacophonie d’une cathédrale qui s’effondre en un concert d’abîme.
Hasard déchiqueté qui m’entraîne en pleine métamorphose
Mon destin qui m’emporte"


"Voix marassas"
Frankétienne - Peintre et poète haïtien

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Poèmes retrouvés

19 Décembre 2009, 07:56am

Publié par Sybille de Bollardiere

Paris-sous-la-neige 0281


Ton visage entre mes mains

Et ces yeux où je me regarde

Depuis tant d’années

Sans jamais me reconnaître


*   *   *


Le temps d’un éclair

D’un de ces éclairs bleus qui lèchent les rails

Le temps d’une gare

Au hasard de cette vie étrange

Et je repartirai

Dans l’humide brume d’un soir de décembre

Les yeux pleins de nuit

Le temps de l’amour

Le temps de l’oubli

Et je repartirai


*   *   *


Plénitude des arbres du silence

Il pleut sur l’ombre du soir

Et la nuit se reflète

Immobile sur l’étang de mes pensées


 

Saint Nom La Bretèche, décembre 1970

 

 

 





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Noires, chaque nuit réinvente le monde - Le livre

9 Juillet 2009, 08:18am

Publié par Sybille de Bollardière

 

 

Noires

Chaque nuit réinvente le monde

Poèmes 

Illustrations de l'auteure

16 Avril 2024

100 pages 14€

version numérique Amazon sans les illustrations (Kindle) 7,50 €

ou Editions de La Passagère

 

 

 

Noires, chaque nuit réinvente le monde - Le livreNoires, chaque nuit réinvente le monde - Le livreNoires, chaque nuit réinvente le monde - Le livreNoires, chaque nuit réinvente le monde - Le livre

Extraits :

Tout a commencé par une autre vie que la mienne
Un soir sans sommeil, la révélation de ne pas être soi
La petite fille couchée dans les draps
 Ni tout à fait cette autre, plus âgée
 Gardienne libre et sauvage d’un présent immatériel
Cet autre moi dont je ressens chaque pensée
Chaque geste
 
Je n'ai pas cinq ans et soudain
Je ne sais plus d'où je viens
Je vis chaque soir mon ubiquité entre deux mondes
Un temps
J'ai pensé qu'il me suffirait de fermer les paupières
D'invoquer dans le noir
Le grand intermittent des prières
Qui lui, doit bien savoir
Comment retourner d'où je suis
Comment retrouver le livre des nuits
Ma mémoire ancienne
(Une autre vie)
 
...Dans la chambre sous les toits
Ouverte aux combles des nuits
Les brouillons d’amour s’offraient des paradis bleu marine
Une page d’illusions parfois
De celles que l’on se lit glacés au petit matin
Dans le souvenir des corps et l’envie des mots 
Oui, tout cela avant d'écrire un jour...
(Muse)
 
..Les mots n'atteignent rien mais je voyage avec eux
Passagère et libre
Parfois la lenteur nous prend en otage
Pour repeindre le monde sous d’autres couleurs
C'est ainsi que je passe le temps sous les nuages
(Les nuages)    

...Plus haut, plus bas
La rime arrimée se défend
La poésie c'est le gouffre du connu
Elle se dérobe sous nos pas, sous nos mots
Elle échappe à nos tentatives d'arraisonnement
Et le silence n’en finit pas d’expier
 
Aucun ne reviendra
Aucun l'indéfini nous ouvre les abîmes
Nous privant à jamais
De quelqu'un, quelque chose à venir, à revenir
Aucun efface les limbes du possible
Aucun n’est jamais revenu
Il n'y a plus aucun espoir
(Lapidation en bleu)
 
 
 

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Clichy mon amour !

22 Janvier 2009, 23:02pm

Publié par Sybille de Bollardiere



J’ai vu Clichy et son métro.
Grimpé les marches et retrouvé la civilisation noyée dans les odeurs de kebab et de dissolvant.
J’ai vu Georges et son bar de la rue Marthe.
Père noël des alcooliques, enguirlandé dans une solitude bruyante et transpirante.

J’ai entendu craquer les visages de cire quand Pauline passa la porte,
Comme si la beauté en ces lieux ne passait plus souvent.

Nous ne sommes pas d’ici et ils l’ont bien vite compris.
A notre allure je crois que c’est « champagne » qu’ils avaient dit.

Mais ce Georges a une gueule de cinéma !
Il parle en noir et Blanc et respire en fracas,
On l’appellerait bien Mr Max, le roi de la démolition,
On lui donnerait bien la vieille Denise sans vraiment poser de questions.

Accoudé à son zinc, il a fermé les yeux.
La musique retentit, les clients vont et viennent,
Et lui rêve d’une vie qui un jour était la sienne.

Une oreille chante. Georges ronfle.
C’est la paroi de ses rêves qui se fissure
et la force du liquide qui remplit ses murs.

Mais il faudra bien que je parte, que je règle l’addition.
Que je réveille un instant cet embrasseur de pression.
La nuit est tombée et Georges est tombé sous le poids de ses passions.
Son réveil est brutal et désordonné,
Il se confie dans un râle d’ une vie bien fatiguée.

Mon Ironie s’éteint sous le souffle de la compassion,
Ce bon vieux Georges est un saint et la rue Marthe sa prison.

 

Barthélémy Desplats

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