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Sybille de Bollardière
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Dimanche de pluie et normales saisonnières

20 Mai 2012, 09:08am

Publié par Sybille de Bollardiere

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C’est un dimanche ordinaire au nord de la Loire, un dimanche de pluie dans ce temps infini où l’on n’évoque même plus les normales saisonnières. Sur la table l’ébauche d’un roman à venir « Passions », les méandres d’un plan, quelques profils entre les pages et le décor avec ces couleurs de l’Inde qui sont toujours trop bleu pour le vert d’ici. Ce qui manque c'est la lumière et la couleur des mots qui l'accompagne.

Le 18 mai 2011 :

« Chaleur de plomb qui couvre la France et subitement le chant des grillons devient inquiétant. S’il y a parfois de longues trainées nuageuses dans le ciel, elles n’annoncent qu’un peu de vent et jamais de pluie. La sécheresse est là et déjà on ne parle que de ça »

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Retour dans "la vallée"

16 Mai 2012, 14:22pm

Publié par Sybille de Bollardiere

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Pensée spéciale ce matin pour mon petit prince d’Edimbourg qui trône sur le blog. Avoir onze ans et être loin de chez soi pour la première fois, avoir onze ans et tenir son journal dans le « free time » qu’il lui reste entre les cours, les sports, le dortoir… Là-bas dans les Highlands où l’on fabrique des héros, des sorciers et des génies ordinaires.

Moi je l’attends ici dans cette "vallée" que les cartes ne nomment pas mais qu’il reconnaitrait entre mille. C’est là où forêt et campagne s’affaissent  pour n’être plus qu’une sillon silencieux où coule une rivière et les jours tranquilles de quelques poètes. "La vallée" si petite soit-elle occupe pourtant un espace immense qui n’appartient qu’aux mots, à ceux qui les écrivent et à ceux qui les aiment.

Ici le printemps enfin, le silence des nuits qui vous bat les tempes et rappelle qu’« Ecrire sur l’amour ou ne rien écrire » est au programme du roman à venir. Quel sujet ! Je tiens des listes à jour, des listes d’amours et de tourments et aussi de ce qu’aimer veut dire. C’est de saison, d’être amoureux, pas de souffrir en écriture. On a beau écrire sur l'amour, on ne change pas, fleur bleue, on ne peut que guetter ce pincement au cœur dont on tirera au mieux quelques lignes acceptables sur le papier. Au pire, on lira du Sollers pour s’en remettre « Entendre des femmes faire la morale, et comprendre pourquoi sera un de tes plaisirs » L’éclaircie

Mais en littérature aussi l’expédient amoureux ne passe pas, il reste sur l’estomac comme un pain ordinaire. Avec le hoquet le matin, la gorge nouée le soir, on reprend son sujet à deux mains. J’y arriverai ! Et tant pis si l’amour n’attend pas. Insaisissable, son plaisir est ailleurs, dans le déplacement et son reflet agité dans la vite d’une portière qu’il vous claque au nez. L’amour n’existe peut-être que pour son biographe.

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Piotr et la deuxième sélection du Prix Rive Gauche à Paris

12 Mai 2012, 20:37pm

Publié par Sybille de Bollardiere

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Les états d'âme du lecteur... Je lis, j'aime, je brûle, je vis

 

 

Deuxième sélection : Sur les 13 romans sélectionnés le 30 mars, restent donc en lice : 

Marin de Viry – Mémoires d’un snobé - Pierre-Guillaume de Roux

Philippe Sollers – L’éclaircie - Gallimard

Philippe Ségur – Le rêve de l’homme lucide – Buchet-Chastel

Olivier Steiner – Bohème - Gallimard

Anne Wiazemscky – Une année studieuse – Gallimard

Antoine Laurain – Le chapeau de Mitterrand – Flammarion

Dominique Fabre – Il faudrait s’arracher le cœur – Editions de l’Olivier

Emilie de Turckeim – Eloïse est chauve – Héloïse d’Ormesson

 


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je ferais mieux d'aller marcher

5 Mai 2012, 09:44am

Publié par Sybille de Bollardiere

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Mais la mer est loin, les fleuves aussi et j’aime arpenter droit en lisière d’eau, l’espace et le vent. Alors ce matin, faute d’embruns, je lis et note ciseaux en main. A propos du « bon écrivain » un brevet difficile à obtenir qui ne vous facilite ni les prix littéraires, ni les ventes, mais fait tellement plaisir à votre mère, Chevillard écrit :« Le mètre étalon c’est la phrase…»  Oui, c’est la performance mesurable de l’écrivain, son saut en longueur, il en reste souvent le cul dans le sable mais content d’y mettre enfin le point.

Eric Chevillard fait partie de ceux que je lis le matin pour donner un sens à ma vie ; c’est l’âme secourable de la littérature sur son blog l’auto fictif - à dose infinitésimales, à mettre sur la langue et à garder en bouche avant d’avaler lentement - ou dans le Monde des livres. Chevillard parle si bien des romans qu’on le lit pour lui-même, pour ce qu’il en dit et qui nous offre plus peut-être que le récit qui nous attend en librairie. Je like Chevillard.

Emprunts à défaut d’inspiration : Dieu serait un psychopathe surhumain. Sans me départir d’un certain respect pour celui que j’honore régulièrement de quelques cierges, j’avoue que je souscris à la vision. Il faut être puissamment dérangé pour orchestrer avec maestria un désordre millénaire et intime dans une telle superproduction. Les croyants son sado-maso - je crains d’en faire partie - mais Dieu est bipolaire, ça ne fait aucun doute.

Et je lis aussi ce matin que « ce qui rend éminemment dangereux l’individu stupide c’est le caractère totalement imprévisible parce qu’irrationnel de sa conduite » (Roger-Pol Droit à propos des Lois fondamentales de la stupidité humaine de Cippola chez PUF) Oui, peut-être... Mais pendant ce temps là, les babouins commencent à découvrir la lecture, pour la phrase je ne sais pas où ils en sont mais l’orthographe, ils aiment ça. Dans quelques décennies on pourra éviter le pilon à nos livres et leur écouler nos invendus à la place des bananes à moins que d’ici là, ils se soient mis à écrire et là on est mal, vraiment mal. Je crois que je vais aller marcher…


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