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Sybille de Bollardière
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9 ème Nord

13 Novembre 2010, 19:02pm

Publié par Sybille de Bollardiere

9 eme nord

 

Semaine difficile pour Piotr qui cherche à fuir dans une tentative poétique les réminiscences douloureuses d'un amour sans espoir et une intoxication aux moules surgelées. A son chevet au 9ème Nord, j'ai rempli mes premières grilles de sudoku et contemplé les dépressions successives qui ont balayé l'ouest de la France. Ma seule consolation : Houellebecq a reçu le prix Goncourt, j'ai crains un moment qu'il n'échappe à cette punition. Il me semble que certains prix, tout comme la gloire, ont le son du tocsin quand ils viennent trop tard.

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Le poulpe érudit, Editeur © et l'atlas des îles abandonnées

7 Novembre 2010, 23:20pm

Publié par Sybille de Bollardiere

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Piotr face à sa nouvelle vie dans les couleurs de l’automne. Grâce à un jeu de miroir, je l’observe assis à ma table de travail, tour à tour à son image et à celle sans cesse redessinée de ce qu’il comprend des sentiments humains. Etonnant Piotr à qui je prête mon espace, mes livres et parfois jusqu’à mes souvenirs.

Mais laissons Piotr cartographier son errance terrestre et son avenir d'éditeur, j’ai d’autres projets : des nuits immobiles penchée sur l’écran de Google earth où je repère d’un œil ce que ma main suit sur les cartes délavées d’un recueil d’îles. L’Atlas des îles abandonnées a été consacré plus beau livre allemand de l’année 2009. On le doit à Judith Schalansky née au bord de la Baltique en ex-RDA en 1980. Dans ces très belles pages qui semblent venir d’une autre époque, l’auteur y dessine avec une langue aussi précise que poétique, les contours d’un monde oublié qui ne cesse de nous hanter.

 

Des îles, des paradis et des enfers juste posés sur nos rêves en quelques lignes, le temps pour nous de désirer cet au-delà interdit, inaccessible ou abandonné. « Si j’aimais tant les Atlas, c’est sans doute parce que ces lignes, ces couleurs, ces noms remplaçaient des lieux réels que je n’aurais jamais pu visiter. Mais cet amour survécut au grand chambardement, quand le monde me fut ouvert et que mon pays natal eut disparu des cartes, lui et ses frontières, politiques et mentales.» Tout est dit…

Atlas des îles abandonnées- Judith Schalansky- Préface d’Olivier de Kersauson- Arthaud 25 €

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"Dors bien il faut que je te quitte" roman

3 Novembre 2010, 20:05pm

Publié par Sybille de Bollardiere

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Si vous n’avez pas encore lu le premier roman de Delphine Comby, vous allez le regretter. Pourquoi ? Parce que c’est un livre formidable (formidable est un mot qu’on n’emploie plus depuis trente ans, c’est totalement « vintage » et je suis donc fière de m’en servir aujourd’hui.) Tenez, j’ai encore la petite musique d’Alice, la narratrice, dans la tête, une musique douce-amère, grinçante, drôle aussi. « Dors bien il faut que je te quitte » est un roman de désamour-passion qui se lit à voix haute pour le plaisir des mots et dans lequel beaucoup de femmes vont se reconnaître. Parce qu’Alice petite fille, se sentait seule et mal aimée, elle parvient à nous faire rire de son enfance, de sa vie et surtout de ses amours bancales et fragiles avec un homme plein de charme mais mou du gland… Tout un poème l’amoureux ! Prestidigitateur de ses sentiments et de son temps, il organise ses entrées en scène et un peu moins bien ses sorties, mais Alice se réjouit tout en pleurant, moi non plus. Comment oublier cette langue savamment déjantée, subtile, cinglante, provocatrice mais toujours maîtrisée, qui nous promène tout au long du roman dans le désordre des sentiments ? L’histoire ? Vous la découvrirez ! De l’amour, sensuel, léger et attachant comme on en fait plus depuis longtemps. Dans les couloirs de Ginger, l’agence de publicité où travaille Alice, on croise une faune sur les dents et toujours les mêmes rengaines. Qu’importe à notre héroïne, insouciante et tragique, elle peaufine ses recettes amoureuses à l’huile d’olive. Mais tout cela est beaucoup plus grave qu’une simple histoire d’amour. On n’aime vraiment que ce qui vous a manqué, ce qui vous a fait défaut corps et âme alors, Alice sait de quoi elle parle. A l’instar les grandes amoureuses, elle sera impitoyable et généreuse, tout comme la langue de Delphine Comby. On appelle ça un style, moi j’appelle ça un bonheur de lecture et ce n’est pas si courant que cela pour que vous preniez le risque de vous en passez.  Alors, filez jusqu’à la librairie la plus proche !

Dors bien il faut que je te quitte de Delphine Comby - 350 pages - l’Editeur 

 19 €

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On l'appelle la Suisse normande...

1 Novembre 2010, 22:13pm

Publié par Sybille de Bollardiere

 

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C'était ce matin, juste un détour pour éviter la foule des retours en ce lundi de Toussaint. A Villedieu les Poêles j'ai quitté l'autoroute et filé vers l'est, droit sur cette mer de collines qui dévale depuis le Cotentin jusqu'aux confins de l'Orne. 

J'aurais pu rester quelque temps et j'y ai songé... Il y avait ce café, aussi peu suisse que le décor, la serveuse anglaise,  et l'iris bleu d'un passant. Il y avait la vallée de l'Orne sous la menace des pierres, la lumière, les promesses d'une saison. J'ai marché et répondu à un sourire avant de m'en retourner. Il y a toujours une route au fond d'un paysage, elle vous entraîne ailleurs vers un nouvel exil. Habiter les lieux demande de la patience et beaucoup d'obstination.
Photos extraites de l'album "Suisse normande" à voir ici  suisse-normande suisse-normande

 

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