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Sybille de Bollardière

Album - Le Congo d'une femme d'argile

3 Avril 2011, 23:13pm

Le Congo-Brazzaville, la région du Pool durant les années 1987-1993
Le Congo-Brazzaville, la région du Pool durant les années 1987-1993
Le Congo-Brazzaville, la région du Pool durant les années 1987-1993
Le Congo-Brazzaville, la région du Pool durant les années 1987-1993
Le Congo-Brazzaville, la région du Pool durant les années 1987-1993
Le Congo-Brazzaville, la région du Pool durant les années 1987-1993
Le Congo-Brazzaville, la région du Pool durant les années 1987-1993
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Le Congo-Brazzaville, la région du Pool durant les années 1987-1993
Le Congo-Brazzaville, la région du Pool durant les années 1987-1993
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Ce pays

3 Avril 2011, 10:04am

Publié par Sybille de Bollardiere

Non pas un pays pour y vivre

Ni même pour y mourir

Une simple urne de couleur

Où l’on trempe son corps pour écrire

Un pressoir à douleur

Pour que le fleuve pleure

La sève des forêts

Pour que le poète découvre l’unique pierre

Et s’en frappe humblement le front.

 

Pas de saison si ce n’est

Celle de l’eau ou son absence

La sueur et les pluies, l’oubli

Et des routes abandonnées, inondées

Sans cesse remaniées

Pour que le poète n’ignore rien

De sa destination

Pour qu’il se souvienne

Que l’écriture n’est

Qu’une liquéfaction de plus.

 

Le vacarme des nuits

Sur la chaleur des jours

Les lampes grésillent d’insectes

Quand le soir s’avance

Luisant comme la peur de l’ombre

Pas une aube de silence

A midi le coq chante encore

Quand le poète s’endort

La main collée au papier

 

Feuilles blanches des matins

Quand la saison sèche nourrit la poussière

Sous les cosses noircies des arbres

Acre fumée des feux qui dévore les collines

Dans le tintamarre des dernières noces

La saison du poète africain

Celle des morts aussi

Que l’on porte en blanc vers les villages.

Un tableau perpétuel

Où les couleurs se touchent et se mélangent

Avec un rire qu’aucun peintre ne connaît

Une douceur de pierre usée

D’adoration et de larmes

Comme une église dehors

Qui braderait ses saints à la criée

Pour n’avoir jamais su ni chanter ni danser

Le poète en est réduit

Au blanc primitif de l’aquarelliste.

 

L’amour parfois

Ou plutôt l’idée que l’on s’en fait

Une convoitise élaborée

Comme un poème inachevé

Qui vous retranche de la vie

Ne plus savoir écrire

Ou plutôt, ne l’avoir jamais su

L’Afrique est un état du corps

Pas un état des lieux

  

Blanc, à hanter les rues comme un malade

A traîner sa mauvaise mine

Sa nostalgie de rien

D’un tout qui lui échappe et le ronge

Blanc, comme un chagrin de fin du monde

Avec du bois de coudrier

Pour unique fortune.

 

Ni Joseph le tailleur

Ni Abel le ferronnier

Ne me l’on dit

Ni aucun de ceux d’ici

Mais quand j’allais au fleuve

Laver ma solitude

Au goût de leur savon

Les chiens me l’ont appris

J’ai tourné le dos

Attelé à ma honte

Pour que le poète se souvienne

Qu’ici, contre une faute si ancienne

Le poète est désarmé.

 

Les poèmes du Djoué

Brazzaville 1993


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Exercice d'admiration et un certain bonheur

28 Mars 2011, 11:05am

Publié par Sybille de Bollardiere

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Les marges des livres auxquels on tient sont pavées de nos bonnes intentions littéraires. Stimulés par l’illusion d’un échange ou d’une filiation secrète, on se prend à rêver d’une œuvre à soi à l’ombre d’une grande figure. On emporte ses livres au fil du temps et des lieux, partout, et il arrive parfois que les pages de garde se transforment en carnet de notes où les vœux d’écriture se superposent en strates successives avec les exercices d’admiration.

 

Relisant Cioran qui redécouvrait de Maistre, je retrouvai cette phrase à propos des éloges bien encombrants du grand énergumène :

« Il n’est qu’une manière de louer : inspirer de la peur à celui que l’on vante, le faire trembler, le contraindre par l’hyperbole généreuse, à mesurer sa médiocrité et à en souffrir. Qu’est ce qu’un plaidoyer qui ne tourmente ni ne dérange, qu’est ce qu’un éloge qui ne tue pas ? Toute apologie devrait être un assassinat  par enthousiasme »  Cioran Exercice d’admiration – Joseph de Maistre

 

Aujourd’hui lundi, la journée s’annonce sous un ciel transparent et l’on oublierait presque les nuages sombres de l’actualité. Un vent inodore et mauvais souffle sur nos têtes. Pourtant une joie imprévue me fait écrire en marge : Nous ne sommes jamais innocents des moments de bonheur que nous vivons. Acteurs dans l’âme, nous recherchons la scène. Un dieu voyeur nous l’offre parfois et nous l’en remercions sans trop s’appesantir, certains qu’il y aura, lui aussi, pris son plaisir.


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Seules quelques étoiles

20 Mars 2011, 23:18pm

Publié par Sybille de Bollardiere

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20032011019

 

 

La peur monte la garde omniprésente, surtout le soir quand le village se replie volets battants sur la nuit qui l’étreint. Seules quelques étoiles défient le temps silencieux du clocher. Quelques heures encore et les ombres regagneront les lisières.

Demain.

Je devine, tremblante dans la lumière du matin, la branche du cerisier en fleurs.

 

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