Il ne pleut jamais en Bretagne...
Romans, poèmes, atelier d'écriture
Depuis son retour de New-York, j’ai senti Piotr profondément perturbé. Au début, j’ai pensé que son amour sans espoir pour Delphine Levy-Lobster pouvait être la cause de son humeur et cela m’a décidée à lui proposer de m’accompagner en Périgord. Mais, contre toute attente, la présence pleine de sollicitude de Yoshka et notre merveilleuse balade sur les eaux de la Dordogne n’améliorèrent pas son état. Hier soir, une émission aussi émouvante qu’intéressante sur le front populaire mit le « feu aux poudres » si je puis dire. Piotr s’ouvrit à moi et me fit part de ses sentiments quant à notre avenir politique. Malgré ses doutes envers la démocratie et le genre humain en général, il m’a confirmé que, par attachement pour Yoshka, il tenait absolument à participer à nos choix et cela, dès les primaires.
Les jurés du Prix Rive Gauche à Paris (dont je fais partie) se sont réunis le 1 juillet 2011 à l'Auberge de Venise pour remettre le prix 2011 à Grégoire Delacourt pour son très beau roman :
"L'écrivain de la famille" chez Lattès, un livre à emporter pour ses vacances (avec "Une femme d'argile" bien sûr ;)
Vous trouverez ici l'album photo de la soirée avec tous les membres du jury: auteurs, journalistes, chroniqueurs... L'album du prix Rive Gauche
« Les amoureux sont seuls au monde parce que le monde est fait pour eux et par eux. » dit Sollers dans Trésor d’amour mais en écrivant cela, c’est surement aux rêveurs qu’il pense, à ceux qui même la nuit, ne cessent de tisser la toile de leurs jours, écrivant mot à mot dans le désordre onirique et pourtant précis des rêves, leur destination.
Certains, particulièrement nomades, se perdent en rêvant, oublieux de l’origine ; leur âme évadée erre sans fin d’une contrée à l’autre cherchant dans le récit la trace d’une vie antérieure. Il m’arrive de croire que la vie que je mène ici n’est que l’émanation d’un rêve entamé il a longtemps. Comme Yoshka, j’ai l’âme sibérienne, chaque roman m’entraine plus loin encore et parfois me rapproche sans que je saisisse pour autant notre très ancienne réalité échappée.
L’amour, l’amitié, vous offrent le privilège rare d’habiter quelque temps les rêves d’un autre.