Le pantin et les mots
Dans le désordre d’un dimanche, parmi les objets retrouvés
Le pantin d’une enfance nomade
Et maintenant avec l’impatience des nuits
Le silence recueille l’empreinte des mots
Romans, poèmes, atelier d'écriture
Dans le désordre d’un dimanche, parmi les objets retrouvés
Le pantin d’une enfance nomade
Et maintenant avec l’impatience des nuits
Le silence recueille l’empreinte des mots
Pointe Noire, photo Mvi
Ne pas dormir, rester l'espace d'une nuit suspendue à la toile pour y dérober les images "d'ailleurs". Très tôt ce matin, c'est sur une plage de l'atlantique, au sud de l'équateur que le zoom de Google earth m'a déposée. Entre écume et vent, j'ai regardé sa silhouette s'avancer sur le sable et j'ai retrouvé mes mots.
"J’avais aimé ces traces de pas qui n’étaient pas les miennes et dans lesquelles je me glissais pour ne pas le perdre. Des pas d’homme immenses qui annonçaient sa silhouette là-bas dans les roseaux, épiant les rives, les pirogues et les barges descendant du nord chargées d’hommes et de marchandises..."
texte à paraître bientôt ...
« …Je passais mes journées à ramasser mes souvenirs comme un puzzle, rêvant des heures devant une photo, ressassant des phrases et des lambeaux du passé comme si ce bric-à-brac de la mémoire avait les clés de l’avenir…
De rendez-vous manqués en soirées décevantes, la ville me fit comprendre qu’elle m’avait oublié. Comme une partition que l’on aurait trop aimée pour la supporter jouée par d’autres que ceux qui vous l’ont révélée, Paris défilait sous mes yeux sans fausse note et sans âme. »
Extrait Le défaut des origines Ramsay (2004)
Il y a des jours où l’on sent d’instinct qu’on est au bon endroit, au bon moment, sur le lieu d’une rencontre. Parfois il suffit de l’hiver, d’un bois et de la nuit qui les entoure. Hier soir j’avais rendez-vous avec cette magie de l’instant à Vincennes pour assister à Hiver, justement, la pièce de Zinnie Harris mise en scène par Guy-Pierre Couleau, qui se donne au Théâtre de la Tempête.
Dès l’entrée en scène derrière ce voile qui nous sépare des acteurs, on est plongé dans un monde intemporel et proche où il est question de guerre, de froid de faim et de peur. Dans les blancs et les gris d’un décor très réussi qui évoque les solitudes boréales, la robe rouge de Maud, l’héroïne dessine la vie, celle qui se bat et résiste face à l’absence, la peur et la mort. Ténèbres de la guerre : des êtres sont morts et d’autres survivent sans parole, sans identité avec pour seul repère la matière, omniprésente dans la pièce. Le froid de l’hiver, la brume qui serpente sur l’eau de la rivière, la chaux enfin, tous aussi allégoriques que réellement présents dans ce décor. Si j’ai aimé le texte sobre à l’extrême, j’ai été totalement séduite par le décor, le jeu des acteurs et surtout par cette ferveur que l’on ressent de chacun et de tous tout au long de la pièce.
J’ai des images que j’aimerais garder comme un paysage intérieur. La vision de cet enfant autiste pêchant dans des trous d’eau, le guerrier ahuri de souffrance au bord de la rivière et tous ces détails de mise en scène : plancher plein de chausse-trapes qui révèlent l’eau, la vie, le froid et la peur, la lumière au fond d’une bassine comme un clair de lune pour une étrange lavandière nocturne.
C’est un peu loin Vincennes pour qui vient de l’Ouest mais le lieu fait partie de la magie de l’Hiver...
de Zinnie Harris
texte français : Dominique Hollier et Blandine Pélissier
(Éditions L'avant-Scène théâtre)
mise en scène Guy Pierre Couleau
Réservations : La Tempête (Cartoucherie) tél : 01 43 28 36 36
Avec Anne Le Guernec Maud
Philippe Cousin Grenville le soldat qui revient de guerre
Pascal Durozier Trent le colporteur
Philippe Mercier Léonard, le grand-père
Et pour hier soir : Mattéo Eustachon Sirin-Isaac, le jeune garçon