Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Sybille de Bollardière

poesie

commentaires

A pierre fendre

23 Janvier 2013, 11:14am

Publié par Sybille de Bollardiere

Et la neige dans la vallée... 3435

Photo Sde B  2012 

 

Il gèle à pierre fendre

Je n’ai jamais autant aimé l’hiver

il me faudrait l’éternité ici

et tous ceux que j’ai aimé jadis,

 perdu, noyés dans les regrets

ou seulement disparus

 

Le temps d’aujourd’hui compte ses absents

ceux qui m’aimaient quand je n’étais qu’enfant

rêvant d’ici et d’ailleurs, avec eux plus tard, maintenant

Oui, l’éternité me l’offrirait

et je les imagine heureux un moment

un peu perdus souvent

et finalement déçus parce que je suis devenue

 

C’est ainsi, le temps se défait de nous

de nos vœux de plus tard, de maison, de feux, d’hiver

quand c’est maintenant et qu’ils ne sont plus là

dans ce bel aujourd’hui où seule, je pense aussi

à ceux qui grandissent et se passeront de mes rêves

et de l’hiver ici où je les aurais attendus

 

Mais bon, il neige

alors toi qui me lis, prends soin de toi, de l’hiver à ta porte

de ce feu que je devine et du temps qui nous reste

l’éternité n’est pas de bon augure

 

18 janvier 2013

Voir les commentaires

commentaires

Retour

18 Janvier 2013, 10:16am

Publié par Sybille de Bollardiere

brume-d-automne-b-w.jpg

DR

 

Sillons de glace dans la plaine

Et l’écorchure bleue du ciel sous la griffe des lisières

Un feu près des voies pour les hommes qui ont froid

 

Il avance sous le reflet métallique du ciel

Entre des futaies de noisetiers, les feuilles froissées

Et les herbes rousses

Le rail

 

 

Voir les commentaires

commentaires

Et pour commencer, une année en bleu et en poésie...

1 Janvier 2013, 17:26pm

Publié par Sybille de Bollardiere

IMG_3214-Medium.jpg

Union island, Grenadines-DR

 

Une fois n’est pas coutume, hier, j’ai réveillonné avec les rois mages, dansé avec Melchior, trinqué avec Balthazar et brassé des étoiles en rêvant, pailletée sur l’oreiller, de longues routes sous les ciels de nuit… Et puis en pensant à ce que j’allais vous écrire ce matin, c’est aux Grenadines que je me suis réveillée. Je vous les offre en bleu et en poésie, pour commencer cette année 2013 aussi belle et heureuse que vous pouvez le souhaitez…

...

"Le beaupré, la flèche, le cœur de désir et d’élan-

Le vol vers une cible au but à jamais inconnu,

La vaine quête d’une île dont nous guérit le port

Et l’horizon innocent, où de son ombre l’amandier

Ne blesse pas le sable. Il y a tant d’îles !

Autant d’îles que d’étoiles la nuit."

... 

"The bowsprit, the arrow, the longing, the lunging heart-

The flight to a target whose aim we’ll never know,

Vain search for one island that heals with its harbor

And a guiltless horizon, where the almond’s shadow

Doesn’t injure the sand. There are so many islands !

As many islands as the stars at night."

... 

After the storm

Le royaume du fruit étoile

Edition bilingue

Derek Walcott

Circé – 1992

 

Dès demain je vais me remettre au travail, un nouveau roman pour lequel il faudrait peut-être déserter le blog pendant quelque temps... A bientôt.

 

Voir les commentaires

commentaires

Laisser verdure de François Montmaneix

31 Décembre 2012, 11:30am

Publié par Sybille de Bollardiere

M121127_121123CCE3110201200000.jpg

       

 

Sans retour

  

I

 

Un feu là-haut sur la colline

projette d'ombre un chêne gigantesque

ses branches sont les aiguilles des heures

d’où calmement descend la nuit

sur l’ancienne ferme à l’abandon

 

Du puits montent des ronces des orties

la porte n’est plus qu’un rictus

près des restes d’un banc de pierre

auquel manquent ses murmures

je me tais de toutes mes forces

 

Depuis combien d’années la solitude

est-elle ici chez elle ?

 

 

II

 

J’essaie de me parler d’avant

d’un temps de bœufs rentrant couverts de brume

de cris d’enfants d’abois

dans les pattes des bêtes besogneuses

de la chaleur du vin du sucre des pommes

 

Je suis seul et la terre est obscure

je contemple le ciel plein d’étoiles

une feuille morte s’en détache

je relève le col de ma veste

en m’éloignant étrangement

 

Est-ce du même pas

que jadis le fermier

sans ses clés sans se retourner ?


François Montmaneix, Laisser Verdure,

 Le Castor astral, 2012

Préface d’Yves Bonnefoy 

« Sous l'éclairage de ce que Maurice Denis disait d'un tableau, on pourra se rappeler qu'un poème, avant d'être un instant donné, l'éclair d'une rencontre, une rêverie en marche, un monde habité, est essentiellement un espace plan recouvert de mots en un certain ordre assemblés. Ce sont les désordres de cet ordre-là que l'auteur est allé interroger. De leurs innombrables et incessantes réponses - l'une prenant aussitôt la place de l'autre -, il a tenté de réunir les voies et de rassembler les voix : celles-là en une continuelle croisée des chemins à venir, celles-ci en un choral où le contrepoint tient lieu de charpente à un édifice dont les ouvertures sont issues du mouvement profond qui voudrait les élever vers ce qui leur est un ciel étoilé : le visage du lecteur, ce frère en inquiétude et en solitude, lui aussi à la recherche de son semblable. Puisse-t-il le rencontrer ici, dans ces quelques mots en un certain ordre assemblés, cet être au monde à qui confier le moment où le présent prend son essor et où la vie est alors partageable, tel le lied entre le chanteur et le pianiste qui parcourent ensemble l'espace d'une forme sans laquelle ils ne viendraient pas au monde ainsi qu'il vient à eux. » François Montmaneix « Laisser verdure ? En tout ce qui est reconnaître bruissement léger, frémissement, transparence comme d'un feuillage dans la lumière, et faire de ce constat - non, de cette instauration - ce qu'on peut confier à des mots : voilà bien ce que ce poète avait en esprit quand il a entrepris et mené à bien son livre. Et il n'est pas d'ambition plus haute ; ni de plus utile réponse au besoin de l'heure présente. »

Yves Bonnefoy


Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>