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Sybille de Bollardière

poesie

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Horizons bleus

20 Mai 2012, 14:00pm

Publié par Sybille de Bollardiere

 

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         Ne ferme pas les yeux

Dans les reflets du ciel

J’écorne nos silences

 

Loin d’ici

J’ai connu des horizons bleus

Et l’amère douceur des tropiques

J’ai aimé je crois

Ce trop de couleur qui dévaste la rétine

L’opacité des verts et la nonchalance des jours

Oui j’ai aimé parfois

Jusqu’à cette part des ténèbres

Qui veut que tout s’achève

Quand la terre menacée

Gémit de mémoire.

 

Alors j’ai voulu revoir

La brume de novembre dans les replis d’un vallon

Longer encore et encore l’écume des labours

Dans les verts déserts des multiples saisons

Ne ferme pas les yeux

Sous le vacarme des pluies

J'ai reconnu ces vents d’ouest

Qui nous ramènent d’exil

 

 

Soleils noirs 2010 - Ludmila K.

(S de B)

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Paris aujourd'hui, nos illusions tempérées

11 Avril 2012, 17:22pm

Publié par Sybille de Bollardiere

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Quand je pense à Paris, je dis « ma ville »

Et je sens le sol gronder dans mon sommeil

Ligne 13, Guy Moquet parfois

A la Périphérie de ce qui fut mon paradis

Autrefois oui,

Quand j’étais encore là et pas seulement de mémoire

Argentine et les cracheurs de feu

Le pendu de la rue des Acacias

En surimpression d’une saison hivernale

 

Paris aujourd’hui,

Avec nos illusions tempérées et démocratiques

« Ma ville » que j’habite en transparente, entre deux mots,

Des lits, des canapés, des envies, des dénis

J’en oublie le métro qui s’enfonce dans la sueur des banlieues

Argentine et Maillot entre deux contre allées

Je ne fais que passer

L’espoir aussi finit par lasser

D’un monde meilleur j’aurais aimé

J’aurais voulu savoir, expliquer, dire mais trop tard

Même de révolution me passe l’envie

Me reste la lèvre gercée des sables à marée basse

Le brouet des jours amers et sa trace

Dans son geste à lui que j’aurais aimé garder

Et maintenant le chemin s’écrit sans écho

Mais quelle importance

Au meilleur de l’été, il m’a toujours manqué

 

Ce soir, loin de « Paris-ma ville »

J’ai croisé mes compagnes d’herbages en route pour nulle part

Elles beuglaient d’amertume à l’adresse d’un ciel innocent et bleu

Même les poètes sont carnassiers et réduisent leur cœur à la merci des mots

 

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Un peu de ciel entre les pas

22 Mars 2012, 09:26am

Publié par Sybille de Bollardiere

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Quand la nuit des banlieues s’installait sur les lisières anonymes,

J’ai voyagé

J’ai vu le monde noir, nu et affamé en travelling sur les rails de mars

J’ai senti son âme expirer d’un soupir dans les cendres des polymères

Un monde de peu de mots, de pas grand-chose au fond quand on ne fait que passer

Qu’aimer d’un revers de page ce qu’on aurait pu vivre une vie entière

Et pourtant, la peau de chagrin des voyages est une chance mesurable

Ici ou là, sans rien en vouloir, je me défais de moi et me remplis de tout

La solitude tisse une toile, la seule qui vaille, où se reflète le monde

 

Alors seulement

J’ai pu sentir sur ma peau la vague noire des buffles dans la ville blanche

Le souffle des nuits quand la mer draine la terre endormie

Les combats de l’aube dans l’acre fumée des feux

Quand le jour distrait s’offre au cri des corbeaux

Parler ou tenter de le faire de l’objet du poème, d’amour, de haine

Ou des méandres de la fiction vous tombe des mains

Sans artifice, la langue des corps efface

L’homme, l’enfant, le souvenir pour le « bel aujourd’hui »

 

J’ai fait vœu d’ignorance et d’animalité

Et j’aime ce peu qui me reste d’humain et me permet d’écrire

Ce que je deviens et où je m’en retourne

Poète, nu, soufflant comme un buffle dans la nuit

Si j’ai chevauché l’absence et les désillusions, j’ai semé aussi

Parfois sans le savoir, un peu de ciel entre mes pas

 

 

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En poésie...

18 Mars 2012, 09:20am

Publié par Sybille de Bollardiere

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No-where/Nulle part

(Kathleen Raine)

 

Il existe un lieu

Plus réel qu’ici

C’est : nulle part.

 

Du fond des pays de mémoire

Une joie sans borne

Ouvre ses espaces,

 

Pays de l’abandon

Vastes comme l’amour, élevés

Comme le cœur désire.

 

Lointains, lointains

Et aussi immenses que l’absence

Ces bois, ces prairies,

 

Aussi interminables qu’un départ

Ses fleuves coulent

Hors de portée de l’espérance.

 

royaumes d’autre part

Dont le temps est : jadis

Dont le lieu est : au loin.

 

Dans des jardins d’il y a bien longtemps

Ces chants d’oiseau

Parlent de nos amours

 

Qui ne furent jamais,

Et pourtant – profonds comme la vie, 

Et pourtant – tout ce que nous sommes. 

 

Kathleen Raine, traduit de l’anglais par P. Giraudon, revue Thauma, n° 9, p. 101 à 103. et le site : http://poezibao.typepad.com/poezibao/

 

There is a place 

More real than here 

That is no-where

 

From regions of memory

Boundless joy

Opens its distances, 

 

Regions of loss

Vast as love, high

As heart aspires.

 

Far, far

And wide as absence

Those groves and fields

 

Long as departure

Its rivers flow

Beyond hope’s reach. 

 

Realms of elsewhere

Whose time is once

Whose place is away.

 

In long-ago gardens

Those bird-voices

Sing of our loves

 

That never were,

Yet deep as life,

Yet all we are. 

 

 

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