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Sybille de Bollardière

poesie

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Doet, prononcer "Doute"

24 Octobre 2015, 07:45am

Publié par Sybille de Bollardiere

Doet, prononcer "Doute"Doet, prononcer "Doute"
Doet a enfilé son imperméable jaune
et marche devant moi dans le matin d'octobre
Je la rejoins
l'absence de mots accompagne nos pas
et cette ombre sur la mer qui dessine les îles
Elle sait déjà tout de notre disgrâce
n'ignore rien de ce qui nous attend
exil horizontal sous les vertiges
de l'hémisphère nord
Doet m’offre son sourire blessé
et plus qu'une main posée,
l'abri pour une nuit là, sous les toits
dans le bleu et bois
en contrebas de la mer si calme ce jour-là.
 
J'ai aimé marcher près d'elle
Buissons d'oiseaux sous le dais gris du ciel
qui se levaient à notre approche
et cette nuit là et toutes les nuits
quand je me cherche un autre nom
je la revoie
Doet avance et me sourit
Avec son cœur de mère
Comme un rempart jaune contre l'oubli.
 
Anniversaire : Mon blog (première chronique le 24 octobre 2008) fête ses sept ans aujourd'hui ! vous pouvez retrouver l'intégralité des chroniques et des images en suivant les liens : Chroniques  IMages Jour et nuits  Poulpitudes et autres tourments ainsi que les Albums photos et les peinture et illustrations
 

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Un lac comme un calice offert aux dieux

21 Septembre 2015, 07:15am

Publié par Sybille de Bollardiere

Credits photos :Charlie Kellogg, Olivier Wandestrick, Barour Thomassen ,Globe-Trotting
Credits photos :Charlie Kellogg, Olivier Wandestrick, Barour Thomassen ,Globe-TrottingCredits photos :Charlie Kellogg, Olivier Wandestrick, Barour Thomassen ,Globe-Trotting
Credits photos :Charlie Kellogg, Olivier Wandestrick, Barour Thomassen ,Globe-TrottingCredits photos :Charlie Kellogg, Olivier Wandestrick, Barour Thomassen ,Globe-Trotting

Credits photos :Charlie Kellogg, Olivier Wandestrick, Barour Thomassen ,Globe-Trotting

Parmi les îles Féroé,Danemark, le somptueux lac Sørvágsvatn, lac situé dans la partie nord de l'île de Vágar.

L'Ecume bleue d’une vague
En son crépuscule de larmes
Comme un calice offert aux cieux
Pour sceller nos égarements
 
Se noyer d’étoiles
Pour un reflet du ciel
Quand la douleur nous livre
Hébétés
A ces plaines immenses
Où rien ne commence
Où rien ne finit
Seule la violence nous délivre
Et nous lie à la mer
 
Ici
Je suis devenue l’hôte
Des songes de l’homme
 
Poèmes épars 1980

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Vie privée

23 Juin 2015, 18:01pm

Publié par Sybille de Bollardiere

Vilhelm Hammershøi  http://www.sybilledebollardiere.com/album-2140428.html

Vilhelm Hammershøi http://www.sybilledebollardiere.com/album-2140428.html

La Vie privée. Je n’ai pas de mots pour ça, c’est hors du champ de ma langue. Moments à vivre, à peindre, morceaux de temps inscrits sur la page et qui resteront muets.
Ma vie privée de mots, suspendue.
J’écris pour qu’on ne me lise pas.
A tâtons dans le noir, les mains tendues, j’avance aveugle et mutique vers l’inconnu.
J’avance emmurée dans l’image qu’un autre se fait de moi face au miroir de ses peurs.
Je vous le dis, c’est une chance de se perdre.
Je ne peux pas tomber je suis la chute, l’écartée, la protégée, l’ombre sur le chemin, la prière du matin. Je ne crains rien.
J’écris pour qu’on ne me lise pas.
Si j’ai délaissé les morts c’est pour voyager léger parmi les vivants.
Les premiers ne me demandent plus rien, de vie privés comme une peau de chagrin et les suivants n’en souhaitent pas davantage
Alors avec les caprices de bleu de ce jour de juin, je glisse dans le temps de l’autre comme cet arbre qui annonce la mer et l’insistance des vents en épousant la courbe d’une vague.
C’est une chance de se perdre.
 
Autres tableaux de Wilhelm Hammershoi

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l'irrésolue

12 Avril 2015, 16:40pm

Publié par Sybille de Bollardiere

l'irrésolue
Une femme comme en exil de sa propre vie
Ombre de femme gémissant dans son souffle
Emmurée, inconnue, complice et éphémère 
Elle, la  sœur, la mère, la fille, la nourrice et l’héroïne
Et toutes les autres femmes qu’elle porte sous la peau
De l’aube au quotidien gelé des silences.
Elle est la guerrière défaite ou victorieuse
La veuve, l’orpheline et l’illégitime
Mais aussi toutes les femmes aux cheveux
noués, tirés, nattés, cachés, lâchés
Elle est  l’infidèle, la libertine, la voyageuse et l’irrésolue
Toutes les  femmes siphonnées de leurs rêves
Eventrées, violées, répudiées ou seulement oubliées
Comme la femme bleue de Madison.
Elle, multiple et contraire dans l’océan des passions
Aphasique dans la déraison, elle choisit son bourreau
Epinglée, désirée et même admirée,
Elle avance dans le gris des semaines
Noire, suzeraine ou courtisane
Libre et enchaînée
Comme les filles de Tselophchad
Machla, Thirsta, Hogla, Milca et Noa
Femmes sous la loi dans les plaines de Moab
Elle avance dans sa substance et dans sa chair
Déformée, aveugle, vomissant des pierres noires.
Avec ses rides sur le cœur
Elle est la peur, la jalousie et la mort
Pour quelques temps encore l’amie, l’amante et l’innocente
L’amer,  l’amour, le poison et l’antidote
Mais pourquoi se suffire d’une seule vie ?
Femme et femmes encore, singulière et plurielle
Il y a longtemps que le chagrin ne m’avait si bien accompagnée.
 

Illustration: Sibylle de Delphes  - Michelangelo - Détail - Chapelle sixtine

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