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Sybille de Bollardière

poesie

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L'écrivain

26 Décembre 2012, 17:12pm

Publié par Sybille de Bollardiere

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Magritte

 

La Cérémonie


C’est l’heure des adieux et des éloges

Et dans l’arène désertée

Où les voix amies se sont tues

On écarte l’auteur pour dresser sa statue

 

Je sais que je t’aurais aimé, admiré aussi,

Autant qu’on peut l’être

Même si, et je ne peux l’ignorer

Tu aurais probablement été indifférent

Dur, sarcastique et cruel comme ce regard obscur

Qu’éclaire le duel apaisé de tes mains nouées

 

Toi que je devine,

Assis ou dressé dans la lumière d’une gloire encombrante

Toi que j’aurais aimé

A n’en pas douter, plus que de raison

Et cela, sans craindre l’âge

L’ultime commémoration des corps

Et cette pause arbitraire que les héros

Se donnent pour image à la veille d’en finir.

Toi qui me cherches encore 

Sans pouvoir me nommer

Je t’aurais aimé sans mesure

Comme cet espace où tu t’es réfugié

Au delà de tout

Pour être au cœur des mots

Et d’un essentiel qui n’appartient qu’à toi.

 

Poème, extrait de "Territoires" 2012

 



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L'aveu

9 Décembre 2012, 21:57pm

Publié par Sybille de Bollardiere

 

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Je l’aime à distance et dans le secret

Autant pour ce qu’il est

Que pour ce qu’il aurait voulu être

Aujourd’hui, plus qu’un pays

C’est une saison qui m’est devenue étrangère

Loin de lui

Je n’aime plus l’hiver


Poème extrait de "Territoires"

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Le sable des passions

24 Novembre 2012, 11:49am

Publié par Sybille de Bollardiere

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Photo Web DR


La nuit est tombée et encore une fois je ne m’en lasse pas

J’aime ses silences et sa lenteur profonde,

Longue nuit de novembre qui ne pâlit jamais

Ou si tard, juste dans le halo des lampes

Dans ce creux de mémoire où se dessine le profil des absents


J’écris contre le temps noir qui cogne à la fenêtre

La crainte et l’espoir et tous ces intervalles

Qui prolongent l’attente

J’écris pour que reviennent

Des soirs d’été, les pages lues sous les étoiles

La fraicheur du vin, la sueur sur les visages

Et nos mains tamisant le sable des passions

 

Pour lier chaque jour à son nom, ne rien perdre des nuits

J’allume un feu et tisonne braises et avenir


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Rails

12 Septembre 2012, 11:33am

Publié par Sybille de Bollardiere

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Quand la nuit des banlieues s’installait sur les lisières anonymes,

J’ai voyagé.

J’ai vu le monde noir, nu et affamé en travelling sur les rails de mars

J’ai senti son âme expirer d’un soupir dans les cendres des polymères

Un monde de peu de mots, de pas grand-chose au fond quand on ne fait que passer,

Qu’aimer d’un revers de page ce qu’on aurait pu vivre une vie entière.

Et pourtant, la peau de chagrin des voyages est une chance mesurable

Ici ou là, sans rien en vouloir, je me défais de moi et me remplis de tout

La solitude tisse une toile, la seule qui vaille, où se reflète le monde

 

Alors seulement,

J’ai pu sentir sur ma peau la vague noire des buffles dans la ville blanche

Le souffle des nuits quand la mer draine la terre endormie

Les combats de l’aube dans l’acre fumée des feux

Quand le jour distrait s’offre au cri des corbeaux

Parler ou tenter de le faire de l’objet du poème, d’amour, de haine

Ou des méandres de la fiction vous tombe des mains

Sans artifice, la langue des corps efface

L’homme, l’enfant, le souvenir pour le « bel aujourd’hui »

 

J’ai fait vœu d’ignorance et d’animalité

Et j’aime ce peu qui me reste d’humain et me permet d’écrire

Ce que je deviens et où je m’en retourne

Poète, nu, soufflant comme un buffle dans la nuit

Si j’ai chevauché l’absence et les désillusions, j’ai semé aussi

Parfois sans le savoir, un peu de ciel entre mes pas.

2012

 

 

Le temps d’un éclair

D’un de ces éclairs bleus qui lèchent les rails

Le temps d’une gare

Au hasard de cette vie étrange

Et je repartirai

Dans l’humide brume d’un soir de décembre

Les yeux pleins de nuit

Dans ces forêts étranglées de barbelés

Où les fées ne viennent plus jamais

Le temps de l’amour

Le temps de l’oubli

Et je repartirai.

1970


 

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Territoires

Sybille de Bollardière

Poèmes 1970 -2012

Dont Alizarine, Le Pont de l’Epée  (épuisé)

Les poèmes du Djoué

232 pages

18 €

 

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