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Sybille de Bollardière
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Rencontres à Antalya

8 Juin 2010, 19:27pm

Publié par Sybille de Bollardiere

 

Turquie-2010 1088

 

 

Ces visages m'obsèdent. Plus que les vivants ils m'ont accompagnée et je les ai suivis, guettés comme ces regards saisis par le sculpteur et  prolongés par la lumière de la salle qui les accueille. D'essence minérale, mais tellement humains que j'ai cru partager leurs secrets, l'intimité d'une vie dont il ne subsite que des ruines, et quelles ruines ... Qui disent encore dans les soupirs du vent ce que fut, un temps, l'Anatolie.

J'ai rêvé d'appartenir à ces lieux ou tout du moins, d'y revenir et de poursuivre cette route vers l'Orient qui est la source de tout, malheurs et civilisations confondus. Non contents d'êtres mortels, les hommes s'érigent des dieux et des lois qui ruinent leur passé et n'apportent aucune lumière. Est-ce cela  que je lis sur ces visages ? Doutes ou douloureuse nostalgie de l'éphémère gloire qui les a portés là, érigés, puis démembrés dans l'océan des plaines.

L'Anatolie est un chemin tellurique au coeur de l'homme, un temple livré aux vents et à la démesure de l'oubli peut-être aussi et c'est la crainte qui m'habite, à la vindicte des certitudes ou de l'ignorance, ce qui revient au même.

 

Musée d'Antalya, Turquie - Mai 2010

Images extraites de l'Album "Turquie" à voir ici  Turquie-2010 Turquie-2010

 

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"le rêve de la femme du pêcheur" ou le baiser du poulpe

3 Juin 2010, 21:15pm

Publié par Sybille de Bollardiere

 Hokusai-Le_reve_de_la_femme_du_pecheur.jpg

Le rêve de la femme du pêcheur de Hokusaï (autres estampes d'Hokusaï)

Autrefois j’aurais rêvé d’avoir Patrick Grainville pour Professeur de français (je n’en serais sûrement pas là aujourd’hui) mais maintenant, si je le regrette, c’est en tant que professeur de poulpe. Comme toujours dans les histoires d’amour, il suffit d’être quitté pour que l’absent revienne vous hanter par le biais d’une série de hasards douloureux.

Piotr, mon poulpe venait à peine de vider les lieux qu’on me le mettait  au menu en vinaigrette sans aucun ménagement. Il y a quelques jours, après l’odieuse salade de poulpe, je recevais par mail la somptueuse image ci-dessus, douce torture d’un souvenir que je n’ai pas en magasin. Mon poulpe à moi, hypocondriaque et misogyne se remettait mal d’un amour qui l’avait laissé choir dans l’Adriatique. Voir Venise, même en image, le mettait au supplice.

 Mais revenons à Patrick Grainville dont je découvre par le biais d’une chronique littéraire  (Jacqueline Demornex) le très passionnant ouvrage. Il y est question d’Hokusaï, de volcan, de mer et de feu mais surtout des turpitudes  d’un gastéropode qui m’a l’air autrement plus entreprenant que ne l’était mon Piotr. Mais je n’en dis pas plus. J’irai découvrir « le baiser de la pieuvre entre les lignes », dans son écrin, comme je vous conseille de le faire.

Le Baiser de la pieuvre, de Patrick Grainville

Seuil 248 pages 18,50 euros

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Voyage en Turquie

30 Mai 2010, 09:31am

Publié par Sybille de Bollardiere

Turquie-2010 0791

 

Pour affronter le gris de ce dimanche en Ile de France, je viens de mettre en ligne les images de mon voyage enTurquie. Vous les trouverez plus bas sur ma page et pour commencer : le signe de Neptune dans son encadrement de pierre...

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Yoshka, une salade de poulpe et les étonnants voyageurs

26 Mai 2010, 21:26pm

Publié par Sybille de Bollardiere

 Scan10001-copie-1

 

Mon dessin n’est pas terrible, je vous l’accorde mais il s’est passé tant de choses depuis ces derniers jours qu’il m’a semblé important de les rassembler « en image »… Piotr, mon poulpe,  m’a quittée. Oh j’aurais dû m’en douter car depuis une semaine il était fréquemment « sorti faire un tour » comme me l’annonçaient laconiquement ses SMS. Je suppose que Piotr s’est lassé plus vite que prévu de mon menu thon en boite-crevettes congelés.  Il me reste la nostalgie, le bonheur en différé car ce qui est bien avec les ruptures, c’est de pouvoir à loisir se remémorer tous les bons moments de la rencontre. C’est la douceur des regrets et l’incomparable volupté des remords, bref tout ce qui vous sauve de la lassitude à laquelle vous venez d’échapper.


Cela dit le passage de Piotr a été très instructif : tout le temps que j’ai passé à lui expliquer ce qu’était la littérature, un éditeur, un bon roman a abouti à une conclusion : J’ai du pain sur la planche ou plutôt un roman à finir. En partant il m’a laissé sur mon bureau un petit mot :


« J'ai lu "L'amour en zone inondable". Je trouve la double mise en abyme plutôt réussie et l'écriture vraiment agréable. Malheureusement, les deux histoires m'ont semblé beaucoup trop légères et manquer d'intérêt. C'est vraiment dommage. Je pense que vous devez proposer des personnages plus fouillés, et vous attaquer à des histoires plus construites. Vous avez du talent, c'est sûr, mais il me semble encore inexploité.


Je tenais aussi à vous remercier de l’aide et du soutien que vous m’avez offert durant cette période un peu difficile mais combien instructive pour moi. »

Suivait une formule plus intime pour me faire part de tout le bonheur qu’il avait eu à me connaître. C’est à ce moment là je crois, que j’ai reçu un mail de Yoshka. Nous devions nous retrouver le lendemain au festival des étonnants voyageurs à Saint Malo.

« Impossible de te rejoindre, en raison d’une intense invasion de blattes, me suis intoxiqué avec du « fly-tox ». J’attends les services d’hygiène et le SAMU pour ne rien te cacher je ne suis pas vraiment au mieux »


Après quelques heures dans un TGV Paris Saint Malo surchauffé, je me suis retrouvée invitée à dîner face à la mer un soir de Pentecôte qui se donnait des airs de juillet. La soirée s’annonçait littéraire, douce et arrosée quand patatras, on nous apporta l’entrée : de la salade de poulpe.


C’est à la vue de ces tentacules violacées baignant dans la vinaigrette que je compris que j’avais échappé à un lien contre nature.


Depuis je me remets au travail, enfin, un jour sur deux.


 

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