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Sybille de Bollardière
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Ce qui manque c'est le vent

7 Février 2010, 09:59am

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Publié par Sybille de Bollardiere

Paris-et-Versailles-0050.JPG


Puissance de l'immobilité... Explorer l'entre-deux des récits, des poèmes ou de toute autre activité littéraire  n'est pas sans intérêt mais ce qui manque, c'est le vent.

Je dépends du temps, des saisons et de leurs humeurs et il me semble que le vent nous fait défaut depuis quelque temps. Trop de pluie, trop de neige et trop de gris que les bourrasques de Nord-ouest auraient avantageusement balayés.


Il me manque aussi ce vent du Nord-est, sa magie bleue qui nous offre un ciel transparent dès le petit matin. Plus que le plat silence, les bruits des lointains d'ici, où je vis...

Ainsi j'aime le vacarme des vagues sur les brisants les jours de vent du Nord. A des lieues de la mer, l'autoroute et ses embouteillages nous offre des illusions maritimes. Si c'est le train que l'on entend, alors, la brise est du sud et il pleut déjà où ça ne tardera pas, une pluie douce et pénétrante comme les bons sentiments, l'ennui et la démocratie d'aujourd'hui.

Ce matin, calme plat, Versailles la provinciale se presse endimanchée, vers les parvis et le marché. Nul doute qu'après quelques pâtisseries elle s'offrira dans l'après-midi, une virée familiale dans les allées du parc. (Le parc a trop souffert du vent pour se plaindre de son absence mais c'est la lumière qui manquera)

Oui le vent et sa lumière nous manque comme la passion, le style et l'utopie...


P.S : Alors plutôt que d'aller voir Depardieu (Qui ne manque pourtant pas de passion) dans son dernier rôle de géant, je vais lire les Mémoires de Dumas. Alexandre père, c'est un cyclone à lui tout seul et si le vent se lève, j'irai voir les tours du Château de Monte-Cristo, c'est à deux pas.

http://www.dumaspere.com/pages/bibliotheque/index.htmlnk


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Retour de Brocéliande

3 Février 2010, 07:46am

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Publié par Sybille de Bollardiere

IMG 0470


Retour de Brocéliande

 

L’arbre de février gémissait de mémoire

Sous l’empreinte glacée du vent

Mais demain dans mon souvenir

Deux petites filles danseront à contre jour
Avec leur ailes de papillon

Et leurs sourires multicolores


 

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L'invitation - 1 - Passions ténébreuses

23 Janvier 2010, 11:29am

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Publié par Sybille de Bollardiere

La page blanche dans "l'entre-deux" des récits s'est murée dans le silence et le poème est retenu ailleurs alors, j'ai choisi l'invitation, ma page ici, ouverte aux citations et que ces mots recopiés prennent forme de voeu, de partage aussi.


"Triste corps colonisé par le vide
Sans un record à signaler
rien au fond
rien à l'entour
absolument rien
rien pour stimuler les fêtes guerrières.
Au point de départ, l'on était plusieurs à surveiller le bruit de la pendule, la lente expulsion des jours. avec patience nous attendions. En suspens, La musique tramée par nos oreilles fît murir les fruits dérisoires de nos cerveaux qui, sous l'effet de la pourriture, se transformèrent aussitôt en bouillie répugnante. Tout s'est désagrégé. Les innombrables tic-tac rythment les obsessions et les bégaiements de la tribu. Les insectes au vol, échappés de la trotteuse, n'habitent évidemment pas d'autre lieu que le silence bourdonnant."

"Gloire à tous ceux-là qui de leurs cris tissent les feux de l'aube !
Le poète rêve d'en faire partie."

"Ombre nerveuse à texture de chaos
Notre amour qui nous torture sans que nous en sachions la cause. Mais ombre vivante, quoique ruse indéchiffrable de nos mains nouées autour d'un arbre sans racines et aussitôt dénoués dans le vent borgne de midi. Le dieu né de nos passions, tantôt nous rapproche, tantôt nous sépare, faisant de chacun de nous un martyr écorché vif. Rage pure aux nervures du désir.

Une fois la nuit tombée, nous tentons de raccommoder notre amour. La réconciliation ne tardera plus malgré l'insupportable asservissement de nos lèvres à des mots de vengeance et de reproche. Tempêtes. Toutes les passions sont ténébreuses. Nos chenilles nous dévorent. Violence toujours neuve. Nos étreintes fougueuses. Je soigne mes démons irascibles. ma rage inextinguible. Un galop de cheval dans tes cheveux rebelles. je voudrais que rien ne m'arrête. Anarchie dans le noir. Nos corps enlacés. Vaines les promesses, car au lever du jour l'ombre à nouveau mangera sa part de clarté partout où tu mettras les pieds.
Et chacun, de son côté, revivra tout seul un impossible amour, pourtant l'unique qui soit vrai parce que nourri de douleur."

Frankétienne
Ultravocal - Editions Hoëbeke
Collection "Etonnants Voyageurs"
avril 2004


SdeB
 

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Et moi je pense à Frankétienne...

20 Janvier 2010, 21:18pm

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Publié par Sybille de Bollardiere

 



Et moi, je pense à Frankétienne, ses mots m'accompagnent, le chaos d'une langue debout dans sa révolte...


"Mon royaume anarchique
Mon désordre esthétique
Mes paysages fugaces
Mon pays en folie filant à vive allure dans l’hystérie du vide l’étrange cacophonie d’une cathédrale qui s’effondre en un concert d’abîme.
Hasard déchiqueté qui m’entraîne en pleine métamorphose
Mon destin qui m’emporte"


"Voix marassas"
Frankétienne - Peintre et poète haïtien

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