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Sybille de Bollardière
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Livre à venir, extrait

19 Novembre 2021, 08:00am

Publié par Sybille de Bollardière

 

La peur, le premier mot qui me vient quand je repense à ce jour de juillet 2015.  Anvers – Rotterdam, file de gauche sur l’autoroute de l’angoisse. Les pneus des camions à hauteur des yeux comme des broyeurs immobiles prêts à se déporter pour vous engloutir. On roule depuis des lustres, la malbouffe se balade dans nos tripes, deux sandwichs trop mous avalés au Subway de la banlieue de Lille. Poulet, oignons doux, moutarde, salade, tomates et pain noir, le tout arrosé de Coca zéro.  Le camion, son camion, un Traffic blanc malmené qui flirte avec les rails de sécurité, avale les kilomètres au son de Led Zeppelin. Sourde, aveugle, je n’entends que ma peur qui voudrait crier et se contente de maudire. Qu'est-ce que je fais là ? Sous l'épaisseur des nuages, mon histoire se décolle de moi comme une vieille peau. J'ai soixante-quatre ans, des kilos en trop, mais je fais encore illusion alors on continue ! C'est ma dernière bataille, je le sens, je ne veux pas la perdre et tant pis si celui qui conduit joue avec ma peur. 

Blouson de cuir, jean crasseux et cheveux en bataille, mon bad boy sexagénaire n'est pas en reste lui non plus. Avec un AVC, et quelques stents, ses artères sont des capricieuses qui menacent de se rompre au moindre cahot sentimental. Nous avançons dans nos vies réciproques à tâtons. Il ne prend aucune précaution sur cette route de malheur qu'il s'enfile depuis vingt ans. Vingt ans d'allers et retours entre La Frise et la Normandie pour échanger des toiles contre quelques frusques, une voiture contre des hypothèques. Il roule tête baissée, les yeux rivés vers ce mur opaque de pluie que la file des poids lourds soulève en gerbes. Depuis des heures, nous n'avons plus pour horizon que cet océan de bitume où son camion vrombit en remontant vers le Nord. A l'arrière, un matelas en mousse jeté à même le sol, ma valise, quelques cabas en guise de sacs de voyages, des vêtements épars, un bidon d'huile, des canettes de bière et des bouteilles d'eau qui roulent au gré des mouvements de l'habitacle. (...)

Nous avançons sous la haie des sentinelles rouges et blanches des éoliennes immobiles. Autrefois, comment était le paysage ici, quand nous roulions mes frères et moi vers Groningen dans les années 60 ? Non, ce n'était pas en voiture, mais en train... Peu de souvenirs, enfin, peut-être un compartiment gris et nous quatre en noir et blanc serrés les uns contre les autres sur la banquette en skaï surmontée des photographies du rail, des ponts enjambant des vallées, des précipices. Paysages sépia encadrés de métal sous les filets où nous rangions nos gourdes, quelques illustrés, nos imperméables. Même en été, nous emportions toujours un imperméable, des bottes, on ne sait jamais. Ma mémoire a fait le tri. Si nous sommes tous les quatre, ensemble sur les photos en noir et blanc, je suis seule dans mes souvenirs en technicolor.

Extrait (Livre à venir)

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Dans la lumière de novembre

1 Novembre 2021, 23:53pm

Publié par Sybille de Bollardière

Dans la lumière de novembre
Dans la lumière de novembreDans la lumière de novembre

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Dans les forêts de Sibérie et autres solitudes...

17 Octobre 2021, 12:30pm

Publié par Sybille de Bollardiere

Baikal-Kamil-Otocki.jpg

Cabane au bord du Baïkal par Kamil Otocki (Google Earth)

Dimanche 16 octobre 2011

Premières vraies gelées ce matin. Le soleil envahit ma chambre. Silence total et bonheur de lecture avec "Dans les forêts de Sibérie" de Sylvain Tesson. Ma part ermite se réjouit à chaque page, confortée. Oui, la solitude ne nous veut que du bien, elle nous façonne à la mesure du paysage qu’elle a pour cadre. Le livre de Sylvain Tesson est le récit d’un voyage immobile dont je dirai simplement qu’il nous renvoie à nous-mêmes. Pour moi c'est un livre important, émouvant par ce corps à corps entre l'immensité de la taïga et l'infiniment petit d'une vie. Six mois consignés jour après jour, répartis en six chapitres de février à juillet... Il est question de neige, de vent, du hurlement des glaces, du bois à couper et du temps, mesuré, écoulé.

     Le temps, voilà ce qu’il nous reste à conquérir, ce que je m’attache à récupérer, à dénicher ici dans cette vallée cernée de forêts. Un temps perdu pour d’autres et utilisable pour moi seule. Il m’arrive de redouter toute occupation prévue loin d’ici ou tout simplement des courses à faire, synonyme de gâchis de temps.

     Ecrire c’est cela, amasser du temps comme on fait des tas de bois pour l’hiver, le regarder passer, vibrer, le faire couler entre ses doigts au fil des mots. Parfois je crois qu’il devient important de se débarrasser de l’idée même de roman, de fiction. Dans les forêts de Sibérie me le confirme, l’histoire n’a pas d’importance, c’est du temps suspendu. L’émotion véritable vient de ce temps sur lequel nous n’avons aucun pouvoir, ce temps immense, vertigineux, qui se dérobe sous nos pas. Elle vient aussi de tous les vrais sujets que l’on retourne sans cesse en marge du roman.

 

     De quoi parle-t-on si l’on n’écrit pas sur le temps, l’espace, l’ennui, la solitude, la peur, le froid, l’eau, l’amour, la peine, la forêt, le silence… Sur ce qui passe, défile et égrène le temps que nous ne pouvons retenir : étoiles, nuages, vagues, saisons, oiseaux, une trace sur la neige comme une voile à l’horizon…

     L’isolement volontaire, c’est parfois vouloir du bien aux autres, je pense aussi que c’est la seule façon de venir à bout de soi, de se résumer à un matériau que l’on travaille indéfiniment. Le silence et marcher font partie de cette œuvre au noir nécessaire, je pense à ces noms de lieu, perles de prière pour le marcheur. Dans les forêts de Sibérie, les perles restent en bouche pour le plaisir : Pokoïniki, Zavarotnoe, Ielochine, Ouchkany… Et puis parce que la solitude en croisent parfois d’autres, même si elles ne se désignent pas comme telles : Volodia, Sania, Igor…

Sylvain Tesson écrit avec humour : La Solitude : ce que les autres perdent à n’être pas auprès de celui qui l’éprouve…

    C'est surtout une belle histoire d’amour, beaucoup plus exigeante encore que toutes les autres, elle vous affute comme un crayon.

 

 

 Baikal-par-Wal-.jpg

 Le Baïkal en hiver par Wal+ (Google Earth)

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L'Elégant, premier roman de Barthélémy Desplats - Grasset

5 Juillet 2021, 20:48pm

Publié par Sybille de Bollardière

Barthélémy  Desplats
Barthélémy  Desplats

Barthélémy Desplats

Biarritz était devenu le lieu de rendez-vous d’Antoine et son père. L’un aimait surfer, et l’autre le regardait. Leur histoire commune, fragilisée par l’éloignement et la rancœur, se reconstruisait grâce à ces moments passés dans le Sud-Ouest.
Mais cette année-là, les tempêtes de printemps ferment les terrasses et bousculent l’Océan autant que leurs habitudes. Brusquement, ils décident de prendre la route qui les mènera en Espagne et jusqu’à Nazaré, au Portugal, surfant sur leurs souvenirs et remontant le temps. Nostalgique et électrique, ce parcours imprévu leur réserve des rencontres et des révélations. Entre pudeur et humour, Antoine et son père apprennent à se connaître et à se parler. À la fin du voyage, le destin s’accélère, et ce périple initiatique devient celui de toute une vie.
Rythmé par la beauté des paysages et la puissance des sentiments, ce texte est l’aventure d’un fils qui devient un homme, et d’un homme qui devient un père.

Barthélémy Desplats a trente-trois ans et travaille en tant que concepteur-rédacteur dans la publicité depuis une dizaine d'années. Également auteur et scénariste pour divers projets de fiction, il signe, avec L'Élégant, son premier roman.

180 pages 17,50 €

Barthélémy  Desplats sur instagram

Rencontres avec l'auteur, dédicace

 

PARIS 17

- le jeudi 1 juillet à  la Librairie des Batignolles

48 , rue des Moines 75017 à partir de 19h

 

 

MORTAGNE-AU-PERCHE 

-Le samedi 3 juillet à la librairie Le Goût des mots 

de 10h a 12h30  à Mortagne au Perche

 

 

BIARRITZ 

- Le jeudi 10 juillet à  la librairie Darrigade  

à  17h

 

 

 DINARD

Le samedi 17 juillet à la librairie Les nouvelles impressions, 42, rue Levavasseur. à 17h30

 

Albums photos des séances de dédicace

Le Figaro magazine, Elle, Ouest France, Le Pays Malouin
Le Figaro magazine, Elle, Ouest France, Le Pays Malouin
Le Figaro magazine, Elle, Ouest France, Le Pays Malouin
Le Figaro magazine, Elle, Ouest France, Le Pays Malouin

Le Figaro magazine, Elle, Ouest France, Le Pays Malouin

PRESSE- Sud-ouest - Femina, Dépêche du Midi - Le Perche - Ouest France
PRESSE- Sud-ouest - Femina, Dépêche du Midi - Le Perche - Ouest France
PRESSE- Sud-ouest - Femina, Dépêche du Midi - Le Perche - Ouest France
PRESSE- Sud-ouest - Femina, Dépêche du Midi - Le Perche - Ouest France
PRESSE- Sud-ouest - Femina, Dépêche du Midi - Le Perche - Ouest France

PRESSE- Sud-ouest - Femina, Dépêche du Midi - Le Perche - Ouest France

Quelques commentaires 

L'élégant", Barthélémy Desplats Editions Grasset et Fasquelle
Un père et son fils trentenaire passent quelques jours ensemble, dans un road movie inoubliable. Ils n'ont jamais été proches, se sont même franchement éloignés il y a quelques années de cela, et ce voyage pourrait être l'occasion de se rencontrer vraiment... Au départ du pays basque, direction l'Espagne, le Portugal, en quête des meilleurs spots de surf. Au programme également, il y aura de la route bien sûr, des diners bien arrosés, des soirées tapas hautes en couleurs... Tout en pudeur, et aussi avec une pointe d'humour et sans se prendre au sérieux, Barthélémy Desplats nous parle d'une relation père/fils, des difficultés à se parler, et de la puissance des sentiments, même tus.
Nous sommes tombés sous le charme de ce premier roman émouvant, et l'auteur sera présent à la librairie le 3 juillet pour une matinée dédicace !

Librairie Le Goût des mots, Mortagne au Perche 

http://goutdesmots.canalblog.com/archives/2021/06/12/39012142.html

Pour un premier roman c’est un coup de maître .. ça se dévore , l’écriture est fluide et l’atmosphère , entre les deux protagonistes , bien chargée d’émotions et de non- dits , nous emmène presque surfer sur La vague !
À lire absolument . Corinne M

Barthélémy Desplats
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