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Sybille de Bollardière

chroniques

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ElleSonparis, vingt chansons pour Paris

27 Octobre 2012, 17:39pm

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Publié par Sybille de Bollardiere

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Vingt chansons  pour rêver de Paris, y revenir au fil des saisons et des images de ce beau livre. Vingt chansons pour une balade d’exception :  quai de Valmy, l’Opéra, La grande roue, Bonne nouvelle, Italie ou Montparnasse en passant par Bastille,  Saint Germain des prés ou la rue Charlot... Natacha Régnier, Marie-Amélie Seigner, Vahina Giocante, Hanna Schygulla, Agnès Jaoui, Charlotte Rampling, Juliette Gréco et Anna Mouglalis, Adrienne Pauly,Elisa Tovati, Irène Jacob, Zaza Fournier, Elsa Zylberstein,Elisa Sednaoui, Laura Smet, Jane Birkin, Dominique Blanc,Maria de Medeiros, Romane Bohringer et  Zoé Félix chantent les 20 arrondissements de Paris sur des paroles écrites par Nicolas Boualami et mises en musique par David Linx, Alex Beaupain, La Grande Sophie, ou Alain Chamfort. Les illustrations sont de Pierre-Elie Ferran.

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ElleSonParis

Livre coffret avec 2 CD

Préface Yves Simon

Textes des chansons Nicolas Boulami

Illustrations Pierre-Elie Ferran

Editions de La Martinière

32 €

 

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Un jour au Louvre

22 Octobre 2012, 08:30am

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Publié par Sybille de Bollardiere

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Photos S.deB.

Philippe Pot (1428 - 1493), chevalier de la Toison d’or, Grand sénéchal de Bourgogne. Musée du Louvre

 

L’infinie douceur de la pierre aussi étrange que la beauté de ces nuits où les étoiles vous rapprochent dangereusement du ciel. L’illusion de marcher dans un temps partagé... C’est si rare d’éprouver cela qu’il est vain de le rechercher, illusoire de le provoquer même si chacun de nos voyages du plus lointain à la simple marche est souvent tendu vers ce but. Ressentir ça encore une fois, être écrasé de sa propre présence du simple fait de regarder ce qui vous dépasse ; s’avouer vaincu et triomphant, enfin parvenu là où le silence vibre de beauté, ou plus exactement d’évidence. 

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 Photo S.deB.

 

Gisant de Blanche de Champagne (Détail) Cuivre sur bois, 1306. Musée du Louvre.

 

"Quand nous sommes jeunes, nous possédons l’âme du voyageur. Le soleil de Ptolémée nous fusille lentement. C’est pourquoi deux éclairs au lieu d’un sont nécessaires si la nuit glisse en nous son signet"

René Char, le Crépuscule est vent du large

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Un week-end à Dinard...

8 Octobre 2012, 20:46pm

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Publié par Sybille de Bollardiere

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Le Festival du film Britannique, c'est l'occasion de voir quelques très beaux films...

Cette année, le grand gagnant, magnifiquement interprêté nous fait vivre le drame d’une jeune veuve confrontée à son passé et à la réalité de la guerre à Belfast. Shadow Dancer du réalisateur James Marsh, avec Clive Owen et Gillian Anderson. Le film a été récompensé par Le Hitchcock d'or et Le Prix du public

Et en avant première :

Le jubilatoire Hitch du réalisateur : Sébastien Grall Sébastien d’après la pièce de théâtre. Remarquables interprètes : Joe Sheridan(Hitchcock) , Mathieu Bisson (Truffaut), Patty Hannock, inoubliable en Mrs Hitchcock !

Le très émouvant et réussi : The Scapegoat du réalisateur et scénariste : Charles Sturridge d’après une nouvelle de Daphné du Maurier. Interprètes : Matthew Rhys, Eileen Atkins , Sheridan Smith , Johdi May , Andrew Scott.

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Un été indien, octobre 1983

10 Septembre 2012, 22:19pm

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Publié par Sybille de Bollardiere

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Le Chesnay, 8 octobre 1983

Paysages effleurés ces derniers jours, la forêt entre Rambouillet, Saint Léger et Montfort, la terre le soir sous la lumière rasante. Les tracteurs ont remplacé les moissonneuses. Je vais d’une salle d’attente à l’autre avec mon compteur en tête (6 médecins par jour). A Maurepas je retrouve cette vieille femme rencontrée il y a quelques mois. Je me souviens, elle pleurait dans le couloir du Docteur D. parce que « son garçon »-qui n’était pas son fils mais son petit-fils « mais vous comprenez Docteur, il n’y a plus de vrais parents… » avait une hépatite.

Il s’appelle Karim et est assis devant moi dans la salle d’attente, une douzaine d’années, brun, un peu olivâtre, long et fragile avec des lunettes et air résigné et triste. Elle, une vieille femme au visage boursouflé et rouge, elle se tord les mains pour contenir leur tremblement,  s’excuse de ne pas avoir salué avant de s’asseoir et puis se retourne vers l’enfant, la voix nouée par l’émotion : 

"Tu sais j’ai parlé au Docteur, pour ton cœur ce n’est pas grave seulement il faudra que tu fasses attention, tu ne dois pas courir comme avant… Au fait c’est quel jour demain ?" 

"Samedi , répond Karim qui essuie ses yeux  avec une expression d’ennui et de lassitude en passant son doigt sous les lunettes… Et demain ce sera dimanche…"

Karim n’a pas de chance

  

Sur la Seine, le 9 octobre 1983

Ecluses tout au long de notre remontée de la Seine. Dominant mon vertige, je vais à l’avant de la péniche, pour l’amarrer sur les quais. Parfois je ferme les yeux pour avancer sur les passerelles, aveugle j’ai plus d’équilibre.

Nous remontons au-delà de Paris, le paysage a changé, fini les usines et les ports délabrés, maintenant la rive est sauvage, bordée de saules et d’herbes folles.

Ecluse encore, murs couverts d’algues avec sous mes doigts la belle usure des cordages, je grimpe à l’échelle au dessus-du vide, entre les bateaux. C’est une victoire éreintante, totalement insignifiante pour les autres qui ne « savent pas ». J’essaierai de préserver coûte que coûte un monde extérieur vivable.  Je m’accroche à mon journal, à mon écluse à moi.

C’est aux nuits que je sais où nous sommes car toujours je cherche la lueur mauve du ciel à l’endroit des villes.

 

La Seine, 10 octobre 1983

A Melun le soleil qui salit les vitres et les vagues dont l’éclat vibre sur le plafond de la cabine. Je lis le journal d’Anaïs Nin. « Encore » dit simplement J. en ouvrant une autre bouteille.

 

New-York 29 octobre 1983

Les hublots du Concorde brulants de soleil sur la mer bleue. Les yeux rivés sur l’horizon, j’écoute de la musique pour ne rien entendre de ce qui se passe dans l’avion et puis c’est là, la ville qui émerge dans le soleil levant, rose, ocre, les tours de Manhattan. La côte, les maisons en bandes rectilignes, des marais, des lagunes près de l’aéroport.

Une lumière d’été, vive, avec les couleurs de l’automne ici moins avancé qu'à Paris. Un taxi jaune et Franck Sinatra sirupeux à la radio. Tout ce que je vais décrire de cette ville sera naïf, éculé. 

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