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Sybille de Bollardière

chroniques

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Jour de mer

30 Avril 2015, 20:36pm

Publié par Sybille de Bollardiere

Jour de mer
Jour de mer
Jour de mer

Verticales de bleu, larmes sèches dans la gorge. Tout garder pour l’écriture. Sur le sable encore humide, l’enfoncement des talons. La passe vers la haute mer se devine à l’écume, sa lèvre blanche dessine le chenal. Plus près, sillage des bouées ou le damier des jours à venir. Pas une voile dans le vent glacé d’avril. C’est ici face à l’ouest qu’on attend. L’homme, l’enfant, le dernier soleil. Tout est là désormais, attente, promesse, mémoire, passions et désillusions. Tout ce qui les rassemble dans ce paysage et les englobe sans pour autant les effacer. Plage immense tamisée par des générations de vagues. Plage lavée, vidée, recrachée, étirée jusqu’à l’ouest finissant et l’ile déserte dans son isolement. Je ferme les yeux pour entendre de mémoire le sable crissant comme la neige et plus haut, luttant contre le vent, celle que j’étais quand je marchais pour l’attendre. Que tout est simple désormais.

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La mère

7 Avril 2015, 09:06am

Publié par Sybille de Bollardiere

Toile de Patrick Nupert qui expose actuellement au "Jardin Propice" à Saint Langis- lès- Mortagne. https://www.facebook.com/pages/Le-Jardin-Propice

Toile de Patrick Nupert qui expose actuellement au "Jardin Propice" à Saint Langis- lès- Mortagne. https://www.facebook.com/pages/Le-Jardin-Propice

Parler de ma mère, c’est parler de moi, du plus intime de moi et même d’un avant moi, d'un avant soi. J’ai gardé de cet avant le sentiment très fort qu’il avait été heureux, la nostalgie d'une intimité liquide et d’un bonheur muet et partagé. Je devais me sentir bien et paisible car j’ai beaucoup retardé le moment de naître. Trois semaines à ce qu’il parait, un long bébé de près de 5 kg avec des yeux ouverts, des ongles et plein de cheveux. Je suis née juste un an après la mort d’une petite fille de deux mois. Ma mère n’a pas souffert. Je suis un bébé sage et en bonne santé mais très vite ma mère n’est plus vraiment heureuse, c’est déjà une femme trompée et bafouée. Si elle ne redoute ni la douleur, ni la solitude, elle craint le scandale et pour ne pas décevoir sa propre mère, elle va choisir de se taire, d’avoir d’autres enfants et de me confier justement à cette grand-mère qui prendra une place si importante.

Je suis une femme entre deux mères qui n’a trouvé la paix qu’en devenant mère elle-même. Ce bonheur à l’abri des miens m’a permis d’avoir un autre regard sur mon enfance et des années noires dont je ne parlerai pas. Il n’y plus de témoin et y a-t-il jamais eu un coupable ?

Aujourd’hui ma mère est âgée et nous nous rapprochons de cette intimité animale de nos débuts dans les regards, plus que dans les gestes. Nous nous sommes aimées sur le tard, trop tard pour les câlins mais j’ai pris son parti et le mien aussi. Elle est et a toujours été par mon choix délibéré, mon père et ma mère à la fois, ou plutôt une sœur aînée sur laquelle j’ai veillé. En échange ou peut-être par négligence, elle m’a offert la liberté. Je crois que, peu maternelle, elle en avait besoin pour elle-même. Je l’ai regardée aimer et elle m’a observée avec curiosité « pousser comme une plante sauvage ». C’était son unique principe d’éducation.

Un jour, je n’avais pas quinze ans, elle découvrit un de mes poèmes. Pour elle qui avait toujours rêvé d’écrire, ce fût comme une révélation, une frontière venait de s’effacer entre nous. Je me souviens de son regard, de ses mots aussi « C’est toi qui a écrit ça ? »Le poème s’intitulait « Solitude de l’amour » J’ai compris ce soir là que je venais de faire quelque chose d’important. J’ai vu que ma mère me voyait comme elle ne m’avait jamais vue. Nous avons partagé en confidence ses amours, ses déceptions et parfois la musique qui les accompagnait : Wagner, Schumann, Mozart, Ravel, Poulenc. Des livres aussi, certains dédicacés par elle pour que je puisse les lire en pension : Stendhal, Radiguet, Montherlant, Sagan, et même le sulfureux D.H. Lawrence avec « L’amant de Lady Chatterley.

Les années ont passé, les enfants ne pleurent plus que dans nos rêves et quand je lui téléphone ou m’assieds au pied de son lit pour nos messes basses matinales, nous parlons de l’été qui tarde et des hivers trop longs, de musique encore et de livres toujours. Celle qui fut autrefois belle et lapidaire dans ses jugements, se contente de ses souvenirs, d’un regard sur son jardin quand elle n’affronte pas les douleurs d’un corps défait, meurtri, presqu’immobile. J’ai commencé à parler d’elle au passé en sa présence. D’un futur qui ne lui appartiendrait pas, qu’elle ne lirait pas. Alors ma mère me souffle sa mémoire, la mélange à ma vie en toute lucidité pour qu’amnésique, j’écrive le livre qu’elle n’a jamais commencé.

Texte publié en Juillet 2012 sur le site de Mathieu Simonet "La Maternité"

 

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Jungle minuscule

16 Mars 2015, 15:54pm

Publié par Sybille de Bollardiere

Branches de cerisier, de noisetier, bois mort et murs du jardinBranches de cerisier, de noisetier, bois mort et murs du jardin
Branches de cerisier, de noisetier, bois mort et murs du jardinBranches de cerisier, de noisetier, bois mort et murs du jardin
Branches de cerisier, de noisetier, bois mort et murs du jardinBranches de cerisier, de noisetier, bois mort et murs du jardin

Branches de cerisier, de noisetier, bois mort et murs du jardin

Ouvert à tous les voyages, l'asile silencieux de ma jungle minuscule. Comme autrefois quand ivre de bitume, je cherchais l’échappée dans les fêlures de la ville.Si peu de pas pour des rêves de géant alors, dans le temps fatigué des semaines j'ai hanté Bagneux, Paris, Montrouge, pour ces étranges paradis.

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Peder Severin Krøyer le peintre de Skagen

15 Mars 2015, 09:02am

kroyer37

 

Peder Severin Krøyer (23 juillet 1851 à Stavanger en Norvège - 21 novembre 1909 à Skagen, Danemark) est un peintre danois. Mieux connu sous le nom de P. S. Krøyer  Il est le plus célèbre des « peintres de Skagen » (Danemark), cette  communauté d'artistes où se regroupèrent des danois et d’autres scandinaves qui vécurent, se réunirent et travaillèrent à l’extrémité de cette péninsule du Jutland à la fin du XIXe siècle.

Né de père inconnu et d’une mère dépressive incapable de l’élever, il est adopté à l’âge d’un an par la sœur de sa mère et son mari, le professeur de zoologie Henry Nicholas Kroyer. La famille s’installe à Copenhague, où dès l’âge de 9 ans, Peter Severin Kroyer débute son éducation artistique à l'Institut Technique de la capitale danoise puis dès 1864, à 13 ans, l'Académie Royale des Beaux Arts de Copenhague.

Il commence à exposer ses premières œuvres1871 à Charlottenborg, essentiellement des scènes naturalistes inspirées par la vie des pêcheurs d’un village côtier (Hombaek) et remporte une médaille d'or et une bourse d'études. En 1877, après un voyage à Berlin, en Suisse et au Tyrol, Kroyer s’installe à Paris pour 3 ans où il rencontre les impressionnistes Monet, Sisley, Degas, Renoir et Manet.

Il entreprend également une série de voyage en Europe notamment en Espagne où il étudie la peinture de Velasquez, qu’il admire, avant de retourner en France. En 1879, en Bretagne il peint tout une série de toiles naturalistes dont la "Sardinerie à Concarneau" puis, il rend visite aux peintres scandinaves installés à Grez-sur-Loing près de Fontainebleau, (Carl Larsson, Karin Bergöo, Karl Nordstrom...)

Après près de quatre ans à l’étranger, Krøyer revient au Danemark au cours de l’été 1881. C’est en 1882 qu’il découvre Skagen, un village de pêcheurs situé à l’extrémité nord du Danemark dans le Jütland. Il y retrouve un groupe d’artistes nordiques installés là : les Danois Michael Ancher et son épouse Anna, le Norvégien Christian Krohg avec lequel Kroyer se lie d'une profonde amitié, des écrivains dont Georg Brandes et les poètes Holger Drachmann et Sophus Schandorf. Séduit par la lumière, Kroyer s’installe durant la belle saison à Skagen et ne retourne plus à Copenhague que l'hiver. Ainsi commence l’histoire des « peintres de Skagen »  dont  Peder Severin Krøyer devient l'un des chefs de file.

 

Les peintres de Skagen:http://www.skagensmuseum.dk/en/collection/the-artists/

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