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Sybille de Bollardière

chroniques

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Piotr et le Prix Rive Gauche à Paris...

26 Juin 2013, 10:25am

Publié par Sybille de Bollardiere

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Entre les pluies

21 Juin 2013, 06:24am

Publié par Sybille de Bollardiere

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Jeudi 20 juin 17 heures

Entre les pluies reprendre le livre, retrouver son sujet et la force d’aller plus loin dans ce maquis de brouillons, de notes et de tout ce que l’on aimerait dire. Cultiver le secret dans le doute parfois jusqu’à l’abstinence. Les pages qu’on ne peut écrire sont souvent les plus belles, elles sont là, entre les lignes, invisibles mais mélodieuses, ce sont elles qui me donnent le rythme.

 

Vendredi 21 juin 7 heures

« La chambre de bonne » en écrivant ces mots ce n’est pas le lieu où vient de s’installer I. que je découvre mais tout un pan de vie où la fiction croyait s’abriter en toute impunité. Derrière la toile de jute un peu fanée que l’auteur a posé sur les murs pour pouvoir décrire la vie de son héroïne dans son « nouveau chez soi », dix années hors sujet surgissent ce matin. Souvenirs sous les toits quand j’épiais la vie d’à côté pour en connaître les secrets dérisoires et cette misère silencieuse qui se lavait à l’eau froide du couloir. Des années anciennes qui n’ont rien à voir avec mon récit, et des pas qui s'annoncent entre les pluies... Sonnent la récréation du week-end. 


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Une journée ordinaire de Guy Moquet à Montparnasse

30 Mai 2013, 22:50pm

Publié par Sybille de Bollardiere

 

Images 8177

A l’heure de pointe ce matin, pendant qu’un astéroïde s’apprêtait à frôler la planète, j’ai voyagé en sous-sol sur la ligne 13, le dernier wagon en compagnie d’un insensé bouquet de pivoines roses.

Elle est montée à Guy Moquet, exotique et fluide comme le parfum de ses fleurs qu’elle tenait précieusement en dépit de la foule et de l’écrasement. Quelle provocation ce bonheur olfactif, cet éclat chiffonné et frais dans le matin musqué et bougon. Le bouquet comme les poussettes et leurs charmants bambins d’autres jours, fit l’effet d’une bombe. Tout le monde s’effaça pour ne pas risquer de l’abimer. La jeune reine descendit à Saint Lazare, je remarquai alors au milieu des pivoines, des boutons de roses blanches, des nuages de gypsophile. Il y eut un grand soupir et dans le sillage parfumé que nous laissa son départ, quelques échanges de regards.

Un bouquet de pivoine pour un peu d’humanité retrouvée, car enfin, on n’offense personne en le regardant dans les yeux.

Plus bas dans la ligne 13, en fin de journée quand j’aborde Montparnasse et son tapis roulant des pluies qui nous passe sur la tête. 19 heures, j’ai acheté un petit pain aux olives que je mange devant la vitrine de la Librairie Payot. Elle a les yeux bleus un peu égarés, la soixantaine bien coiffée, se déclare «écrivain» et dédicace son ouvrage incognito, debout entre les rayons de livres. Elle traque le client stylo en mains : «Qui n’en veut du bouquin… Je l’ai écrit moi-même, je suis infirmière…»

« Non merci » j’ai dit, un peu honteuse tout en mâchant mon pain aux olives. J’ai traîné ma valise à roulettes, plus loin vers le quai n°20. C’est toujours le même pour le train que je prends mais chacun attend « qu’il s’affiche ». On n’est jamais à l’abri d’une surprise.


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Voyage au Maroc

28 Mai 2013, 22:20pm

Publié par Sybille de Bollardiere

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Un voyage au Maroc ou plutôt un séjour entre deux villes, Essaouira et Marrakech, qui n’ont pas grand-chose de commun hormis ce ciel sans nuage qui m’a accompagnée de l’une à l’autre.

Il faut aller à Essaouira pour la couleur, pour ce bleu inouï et cette lumière abrasive qui percute les façades et suspend le temps. Sous un ciel lavé de vent, brossé de sable, j’ai lu Edith Wharton1 et son voyage des années 20 dans le sillage de Lyautey (Elle n'évoque pas Essaouira mais Rabat, Fès, Meknès et Marrakech ainsi que l'histoire et les coutumes du Maroc à cette époque). J’habitais l’Hôtel des Remparts, une demeure construite à la demande du sultan pour son négociant le plus important : Maymoune Ben Izhak. C’est là que séjournèrent Orson Wells et  Jimi Hendrix. Chaque matin sur la terrasse qui domine les remparts et l’océan, j’ai délaissé les carnets, stylos et autres pour boire la lumière des îles purpuraires, de Mogador où une ancienne prison et quelques ruines romaines servent d’abri aux innombrables mouettes. Plus tard j’ai fait comme les touristes qui viennent pour la journée se perdre dans les ruelles de la Medina. J’ai cherché du passé, acheté des couleurs, Bleu et Pourpre de Mogador et regardé les chalutiers rentrer sous leurs nuages d’oiseaux dans la lumière du soir.

Je serais bien restée à Essaouira…

Après quelques collines couvertes d’arganiers, une plaine semi-désertique avec ses villages de cases aveugles dont ne dépassent que les antennes satellites, une large route rectiligne nous emmène jusqu’à la ville rouge.

Aujourd’hui encore, en feuilletant le guide (très réussi et très utile) du Lonely planet2, je cherche une raison d’aimer Marrakech. J’énumère ses beautés : l’apogée de l’art arabo-andalou dans la Medersa Ben Youssef, le palais de la Bahia qui avait déjà séduit Edith Wharton, et puis le riad, qui comme tous les riads est magnifique, peut-être trop, pour ne pas dire parfait mais ce n’est pas tant la perfection que l’on cherche en voyage que l’âme d’une ville et, en dépit de son désordre, la médina en parait dépourvue. Tout se monnaie à Marrakech, même un sourire… Ne pas pouvoir répondre à un bonjour ni demander son chemin… Les touristes se rassurent dans la splendeur laquée des jardins Majorelle, à la terrasse des cafés de Guéliz ou dans les piscines des nouveaux quartiers. Marrakech ville étrange qui vous impose de marcher en regardant le ciel et jamais un visage, une ville où l’on fuit en lunettes noires vers les puits de lumière des riads ou des hôtels.

J’aimerais revenir à Essaouira et je repasserai probablement par Marrakech l’incontournable. La ville rouge est devenue ce que fut le sud tunisien dans les années 70-80, notre plus proche échappée vers le soleil et le grand sud.

1 – Voyage au Maroc, Edith Wharton  Collection l’Etrangère, Gallimard

2 – Marrakech, Itinéraires (plus L’Atlas et Essaouira) Lonely planet Casterman 15€


L'album d'Essaouira

L'album de Marrakech


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