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Sybille de Bollardière

chroniques

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"Traquer le soleil dans l'ombre" un livre sur Georges Gasté

7 Avril 2013, 10:56am

Publié par Sybille de Bollardiere

 

gaste_0004.jpgMais qui est Georges Gasté ? Un peintre orientaliste, et parmi eux, un des premiers français à découvrir l’Inde en ce début du XX siècle et à s’y installer. Après l’Algérie et l’Egypte, il choisit l’Orient,  Agra et Bénarès puis Maduraï où il finira ses jours tragiquement en 1910.

Aude de Tocqueville est l’auteur de nombreux ouvrages d’architecture, d’art et d’histoire et notamment d’une Histoire de l’adultère (La Martinière) qui a reçu le Grand Prix des Lectrices de Elle en 2000. Mais ici, dans Traquer le soleil dans l’ombre,  ce livre qu’elle consacre à Gasté, il s’agit d’autre chose, d’une rencontre rare, intense, de celles qui laissent leur empreinte. Pour ce peintre que Yasmina Khadra décrit dans sa préface comme « Le Rimbaud des petites gens et des contrées oubliées », l’auteur va sillonner l’Afrique nord, l’Egypte et l’Inde pour retrouver la trace de cet artiste hors norme, à la fois photographe, peintre, poète.

« Cent ans ont passé. Cent ans de pluies violentes, creusant le sol, lissant la pierre. Année après année,  dans ce pays qui n’a pas le culte des corps, le cimetière de Saint Georges est devenu une friche silencieuse au cœur de la ville. (1) » C’est par Maduraï, cette ville tamoule du sud de l’Inde que commence ce voyage sur les traces de Georges Gasté, le roman de sa vie. Au fil des pages, l’auteur nous fait partager cette quête d’absolu dans les décors somptueux qui portent les couleurs de cette vie d’exil et de lumière du peintre. Mélange de vert d’eau, d’ombres violacées avec toutes les déclinaisons des tons de sables et d’éternité. Gasté est un homme exigeant et passionné, à la recherche d’une perfection tant en peinture qu’en littérature. « Evite de faire une chose quelconque, molle et banale. L’art est la façon propre à chaque individu de voir le beau et le vrai… Dès le commencement tu oublies un principe absolu de toute bonne composition littéraire ou picturale : Il ne faut pas pouvoir retrancher ni ajouter la moindre chose sans nuire au sujet (2)»gaste.jpg 

 

Sitta, sur la terrasse de Gasté à Agra                 

Ce livre particulièrement bien écrit et documenté est une réussite parce qu’il explore non seulement l’art du peintre, mais sa vie dans ces contrées encore insolites en ce début de siècle, ses rapports avec ses contemporains, qu’ils s’agissent des marchands de tableaux, des occidentaux qu’ils croisent sur sa route ou de sa famille qui joue un rôle aussi essentiel que difficile auprès de lui. Ce livre est aussi un voyage initiatique que l’on fait sur la trace du peintre en regardant les paysages des rives du Taj où il a posé son chevalet,  mais aussi en lisant ces mots de l’auteur, présente sur ce même décor : « J’ai retrouvé sa maison. A travers la grille rouillée, la cour, laissée à l’abandon parait toute petite : aucune trace des bougainvilliers qui y jetaient jadis des taches de couleurs… Du belvédère, espace rond aujourd’hui offert aux vents, j’ai admiré la Yamunâ aux eaux paresseuses et les minarets du Taj qu’il trouvait si difficiles à dessiner.(3)

Il y a beaucoup d’émotion contenue dans ce texte rare, une réelle passion pour cet artiste hors du commun et cette œuvre que l’on peut découvrir notamment au musée d’Orsay.

 

 (1) Aude de Tocqueville, Georges Gasté « Traquer le soleil dans l’ombre » page 25

 (2) Lettre de Georges Gasté à son cousin Henri Bérard citée par l’auteur page107

(3)  Aude de Tocqueville, Georges Gasté « Traquer le soleil dans l’ombre » page 157

gasté 0002

Aude de Tocqueville

Georges Gasté

Traquer le soleil dans l'ombre

ARTHAUD 20€

gasté 0001Le bain des brahmines, huile sur bois 1909 Maduraï, Georges Gasté 

A voir absolument l’exposition consacrée au peintre comportant notamment des tableaux prêtés par le musée d’Orsay et divers collectionneurs privés, des photographies et de nombreuses lettres et documents manuscrits de Georges Gasté et de ses correspondants

Musée du Montparnasse jusqu'au  5 mai 2013 (lien)

Dernière nouvelle : L'exposition est prolongée  jusqu'au 31 mai. Ensuite les oeuvres de Gasté seront réunies au Centre Culturel algérien 171 rue de la Croix Nivert, 15 ème ardt du 6 juin au 12 juillet.

 

 

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un premier avril...

1 Avril 2013, 16:04pm

Publié par Sybille de Bollardiere

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Onze heures du matin, forêt d’Ecouves, Orne.  1 ° et ce qu’il reste de neige… Mais ça ne me dérange pas, je rentre chez moi et j’aime la sévérité froide de cette antichambre, la monotonie des pins et le silence qui fait de chaque vol d’oiseau un signe qui dévoile l’espace. Ceux que l’on croise ici ne s’arrêtent pas et c’est bien ainsi. Sous le vol des rapaces, la terre n’appartient vraiment qu’à celui qui la contemple.


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Fedor, l'ange gardien

26 Mars 2013, 11:25am

Publié par Sybille de Bollardiere

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Il est arrivé au bon moment quand l’hiver jouait les prolongations, juste à temps pour me prouver qu’il ne sert à rien de voyager. Le meilleur est toujours sous nos yeux, à portée de main dans cet univers que l’on croit fermé parce qu’il ne nous surprend plus alors que c’est nous qui cessons de rêver. Avec lui j’apprends le silence, la chaleur, la douceur et même le laisser aller. Je traine des heures, je l’écoute, le regarde et me demande souvent comment j’ai fait pour vivre sans lui si longtemps.

Installée à ses pieds j’écris et je dessine pour oublier les rigueurs de l’hiver et l’insupportable clameur du Tea Party français… Cette année les oies sont en avance, elles défilent  en famille… Mais bon ici tout est paisible et quand je m’éloigne pour marcher en lisière je sais qu’à mon retour je le retrouverai, Lui que je devine et qui m’attend, je me réchaufferai à sa flamme qui m’émeut et me rassure.

Même s’il est particulièrement casanier je l'admets, il sera mon port d’attache, Fédor, ma nouvelle fidélité ! Oui c'est ainsi, le dernier  homme de ma vie est un poêle et je ne peux plus m’en passer.

PS : Pour la suite : Fédor Hardwood, Bigwood, Blackwood, MacWood, Woody...?


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En travaux...

15 Mars 2013, 10:12am

Publié par Sybille de Bollardiere

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Une journée qui n'en finit pas... Impossible d'écrire, d'avancer ne serait-ce que le fameux texte pour le collectif Rive gauche à Paris... A coté de moi on meule une dalle en béton, on perfore un plancher, on scie une poutre on passe de la cheminée au combles des combles au premier, du premier au rez-de-chaussée. On transperce et visse avant de « cliquer » ce fameux conduit dernier cri qui me permettra de me chauffer « à l’ancienne » avec un poêle à bois.

Le paradoxe en plein XXI siècle c’est cet acharnement que nous mettons à repartir en arrière. Quand je pense à mon prédécesseur dans les murs, j’enrage. En deux ans de travaux il a supprimé cheminée, sol anciens, et vieux murs en crépis pour les remplacer par des doubles cloisons en placo-plâtre, le chauffage au fuel et un carrelage "facile d’entretien" que je n’irai pas jusqu’à vous décrire. Alors pour aujourd’hui encore, pas d’écriture et la chanson de la meuleuse fenêtre ouverte sur la campagne. Je suis, comme les meubles, les objets et les livres de la bibliothèque, glacée mais «bâchée», sous protection plastique, inutilisable. Vivement demain ! 


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