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Sybille de Bollardière

poesie

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En poésie...

18 Mars 2012, 09:20am

Publié par Sybille de Bollardiere

27122011911

No-where/Nulle part

(Kathleen Raine)

 

Il existe un lieu

Plus réel qu’ici

C’est : nulle part.

 

Du fond des pays de mémoire

Une joie sans borne

Ouvre ses espaces,

 

Pays de l’abandon

Vastes comme l’amour, élevés

Comme le cœur désire.

 

Lointains, lointains

Et aussi immenses que l’absence

Ces bois, ces prairies,

 

Aussi interminables qu’un départ

Ses fleuves coulent

Hors de portée de l’espérance.

 

royaumes d’autre part

Dont le temps est : jadis

Dont le lieu est : au loin.

 

Dans des jardins d’il y a bien longtemps

Ces chants d’oiseau

Parlent de nos amours

 

Qui ne furent jamais,

Et pourtant – profonds comme la vie, 

Et pourtant – tout ce que nous sommes. 

 

Kathleen Raine, traduit de l’anglais par P. Giraudon, revue Thauma, n° 9, p. 101 à 103. et le site : http://poezibao.typepad.com/poezibao/

 

There is a place 

More real than here 

That is no-where

 

From regions of memory

Boundless joy

Opens its distances, 

 

Regions of loss

Vast as love, high

As heart aspires.

 

Far, far

And wide as absence

Those groves and fields

 

Long as departure

Its rivers flow

Beyond hope’s reach. 

 

Realms of elsewhere

Whose time is once

Whose place is away.

 

In long-ago gardens

Those bird-voices

Sing of our loves

 

That never were,

Yet deep as life,

Yet all we are. 

 

 

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J'ai volé un paysage

19 Janvier 2012, 10:50am

Publié par Sybille de Bollardiere

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"Toi qui sur le néant en sait plus que les morts"

 Mallarmé

 

J’ai volé un paysage et je m’y suis installée pour l’hiver

Transparente

Pour n’être ni l’objet ni le sujet

Et encore moins l’auteur

Mais simplement l’hôte de ce qui suivra

Quand on a si peu et trop à la fois

La somme de ses peurs, son indigence et vingt six lettres

Que dire du néant, de l’attente et de ce que l’on appelait l’amour ?

 

Posée sur l’herbe sèche, ma table d’écriture

Comme une arche d’alliance

Pour révéler que rien n’existera que le poète n’ait nommé

Que la clameur du monde est dans le trait, dans sa rupture

Le blanc immense de la page

Car c’est dans l’absence que se révèle la présence

Que se dévoile, comme sur le paysage

Cette rivière où, l’été, penchée dans son ombre

J’écrivais du temps, le visage à venir

 

SB ce matin de janvier en poésie...

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Boréale

19 Novembre 2011, 23:00pm

Publié par Sybille de Bollardiere

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 Ici bas l'ombre d'un siècle qui s’éloigne

Et sur les arbres couchés, la boue

Le sang caillé des nébuleuses

 

Reclus dans la noire harmonie du vide

Comme des bêtes ivrognes

Ignorantes et comblées

Nous invoquons l’avenir

Pour qu'un corps trop étroit

Triomphe de l'adversité

 

A celui qui passe en bleu du regard

Furtif et appuyé,

D'une main chassant l'ennui et ce qui s'ensuit

J'offrirai l'ailleurs qu'il réclame

Des sentiers de lune au milieu des empires

Et les sanglots des forêts près du Baïkal

 

Là-bas, l'enfance, comme une île engloutie

Livre nos morts à la dérive des courants

Dans la splendeur d'une danse boréale.

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Le temps des mots

2 Août 2011, 12:50pm

Publié par Sybille de Bollardiere

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C’est parfois insupportable de comptabiliser le temps passé à écrire, à noter, tout aussi insupportable que le temps oublié, mangé, effacé sans qu’il n’en reste un mot. Le livre est un concentré d’humain de présence et de vie. "Une vie en chair et en os", oui, je le dis. A venir, il est l’aube sans matin, du temps à découvert, rebrodé, falsifié, qui s’étire au fil de nos pas le long des lisières. Du passé, il faudrait rendre au papier ces hoquets de chagrin avant qu’ils ne cessent et que tout disparaisse. L’écriture, après s’être enfoncée dans l’épaisse forêt de son imagination, s’avance en silence vers le trou noir des sentiments. Bientôt plus rien n’existe que son tête à tête avec les mots, unique et véritable obsession, tout le reste disparait. 

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