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Sybille de Bollardière

chroniques

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Lundi, La vie en noir et blanc

11 Février 2013, 09:30am

Publié par Sybille de Bollardiere

 

A peine deux jours en Bretagne et voila c’est fait, je suis revenue. Après avoir traversé le rideau des pluies et mille autres craintes que j’ai laissées en dépôt à L’Ouest, me voici devant ma page blanche ou plutôt devant celle de demain. Une page dont vous ne saurez rien puisqu’elle appartient à un projet qui cherche encore son nom que l’on appellerait fiction. Parfois je me demande pourquoi l’on ne se contente pas de vivre, d’un peu de poésie et de quelques dessins comme ici.

La vie, la vraie en quelques images. Mes souvenirs en BD (ci-dessous), une vie que j’ai tentée en couleur et que je revois en noir et blanc de nuit, de jour parfois. Une salle d’attente où faire les cent pas pour ne retrouver le plus souvent que soi, ce que l’on aimait déjà et ce et ceux que l’on attend encore... 

 

PR21leg (2)

PR22leg

Dessins S de B

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Femme de dos, Vilhelm Hammershoï

2 Février 2013, 01:06am

Publié par Sybille de Bollardière


 

Le journal est là sur la table du salon, ouvert à la page légèrement chiffonnée que je regarde depuis plusieurs jours. Ce n’est qu’une image, la reproduction d’un tableau : Femme dans un intérieur de Vilhelm Hammershoi. Une femme vue de dos dont on devine à peine la joue gauche dans le mouvement  qui la retient en arrière. J’ai scanné la photo et je regarde la femme sur mon écran. Parfois, à force de l’observer, il me semble qu’elle a légèrement bougé, mais peut-être a-t-elle eu froid. Cette pièce me semble glacée, traversée de courants d’air qu’aucune tenture ne repousse. Le sol est nu, un simple parquet sombre que l’on doit laver grossièrement avec du savon noir dont on imagine l’entêtante odeur. Pas de tapis dans le décor, pas de table ni de lampe, ni  aucun objet hormis ce tableau en bois doré accroché au dessus de la porte où l’on devine une silhouette. Il y a bien ce tuyau noir et luisant de suie qui s’enfonce dans le mur, mais on voit bien qu’on n’utilise plus de ce poêle, placé de manière si malcommode derrière la porte !

 Elsie (Oui, ça lui irait bien ce prénom Elsie…) tient la porte d’une main et se penche légèrement en arrière, elle dit :

- C’est toi ?

Elle croit avoir entendu le bruit de la porte d’entrée que l’on referme, mais pas un pas ne répond à son appel. « C’est le vent bien sûr pense t’elle, le vent, toujours le vent » et elle reste là, immobile, dans cette pièce traversée d’absence comme le silence revient. Elle demeure face au vide de l’attente, oubliée, égarée, femme de dos dans sa robe noire, femme figée sous le regard d’un peintre fasciné par les nuques… Mais Pourquoi cette posture ?

Plusieurs toiles d’Hammershoi montrent ces femmes de trois quart dos à la nuque offerte. Qu’est ce que le peintre garde pour lui en nous offrant ces dos ? Quelle part de ces femmes a-t-il ravi dans leur absence de visage ? Il est dit que le regard est chargé de toutes les passions de l’âme et qu’il est l’instrument des ordres intérieurs. Mais c’est aussi l’échange, le don qui révèle autant celui qui regarde, que celui qui est regardé. Curieusement la nuque, qui est en quelque sorte « l’envers du regard » est considéré come le lieu où les désirs et les volontés ne se sont pas encore révélés. Ce serait aussi le point de passage de l’imaginaire au réel.

Sans visage, sans regard, la femme de dos s’efface à elle-même autant qu’aux autres, le peintre n’en a capté qu’une empreinte, mais de quelle force … Le tableau est aussi un aveu d’amour et d’impuissance face à l’indicible, face à ce qui lui échappe et i nourrit son imaginaire : une femme dans un temps et un espace qui n’appartiennent qu’à elle.

S de B publié en octobre 2008

  Autres toiles de Vilhelm Hammershoï  :

 

Le Peintre Danois Vilhem Hammershoi (1864-1916)
face à l'unique sujet de son oeuvre : le temps suspendu figeant êtres et choses dans ses étranges vues d'intérieur, ses paysages et ses vues urbaines de Copenhague et de Londres.

 Vilhelm_Hammershoï

Album et autres tableaux

 

 


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Le mauvais livre

20 Janvier 2013, 09:06am

Publié par Sybille de Bollardiere

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Ce n’est pas un roman, c’est un coup de cœur superficiel pour le titre, l’auteur et puis j’avais aimé le précédent pour l’écriture, sa légèreté érudite qui me donnait l’impression « d’en être », l’envie de lire mais d’écrire aussi. Dans la librairie bondée de Montparnasse (Payot), j’ai parcouru la quatrième de couverture rapidement, trop rapidement. Déjà je ne le lisais plus, j’achetais l’auteur et puis il fallait vite règler l'affaire en raison du monde et du mars que j’avais déjà dans la main et qui n’attendrait pas lui.

Dans le train, j’ai commencé à lire une page au hasard entre Versailles et Rambouillet et je me suis dit que j’étais tombée au mauvais endroit. Ce devait être un livre à lire à tête reposée comme tout ce qui est intelligent. Je l’ai ouvert hier soir après une journée d’écriture et de neige ;  une page puis péniblement une dizaine et là, je me suis dit qu’il fallait que je fasse un effort que j’aille au moins jusqu’à trente, mais quel purge !  C’est pédant, érudit et superficiel pour ne pas dire un peu bâclé. C’est insupportable et je me sens stupide.

Je me reproche toujours un mauvais livre, c’est comme une gueule de bois. Cet auteur va me manquer et il faudra le remplacer… Oui c’est sans espoir, je ne me le pardonnerai pas.

Bien sûr, ni titre, ni nom. Je n’ai jamais été critique littéraire et je ne le serai jamais. J’aime trop les livres et leurs auteurs pour trahir même ceux qui m’ont déçue.

Photo S de B 20 janvier 2013

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A défaut d'écriture...

11 Janvier 2013, 10:15am

Publié par Sybille de Bollardiere

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C’est une journée d’écriture et de doute, un matin gris sous un ciel immobile où l’on tente d’aligner des mots, de remonter le fil de ce qui pourrait être l’histoire, le récit, le commencement et pour cela il faut le temps, le rythme et surtout ne pas perdre de vue ces images avec lesquelles on vit depuis de longs mois déjà. Oui le roman comme un train poussif, traverse les paysages, les contourne parfois et se perd en route dans les aspérités de la langue, le téléphone, les miaulements du chat et la tentation du net.

Trop près du début pour ne pas redouter de tout perdre à chaque virage, à chaque hésitation, je m’accroche et je peine sur une phrase lourde que je frappe sur l’enclume. Tout est pesant alors que j’aurais aimé m’envoler dans un récit tourbillonnant, sourcier plus que forgeron.  Dix heures sonnent déjà et je suis toujours là, à la porte de ce livre. C’est pour cette raison que je finis par aller marcher, à défaut d’écriture je quitte les gémissements de ma forge pour le vert des paysages.

Ici c’est le règne des pluies, bassin versant nord, l’eau  inonde l’ouest, la côte et me sature de larmes jusqu’à ces portes vertes qui cachent des jardins repris par la forêt, des villages oubliés, des murs où s’étale l’insolente écriture du lichen*…

Mousse et lichen sont des végétaux épiphytes (qui poussent sur d'autres plantes).Les lichens sont le fruit d'une symbiose entre un champignon et une algue. Fort résistants, ils ont la capacité de résister à de très fortes dessiccations et peuvent également survivre à des variations de température importantes (de -70 à +70 °C !).

Le-Perche-8471.jpg

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