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Sybille de Bollardière
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La mer en octobre

6 Octobre 2013, 14:35pm

Publié par Sybille de Bollardiere

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Photos S de B - Côte d'emeraude octobre 2013

D'autres photos de la Bretagne sur les liens suivants :

 Chemin d'eau

 Bretagne maritime

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L'ouest et L'intranquille de la rentrée

30 Septembre 2013, 18:44pm

Publié par Sybille de Bollardiere

Lundi 30 septembre 2013

C’est demain que je pars, seulement demain mais je ne suis déjà plus là. Une lumière jaune s’est levée sur le soir gris, une lumière inutile avant la nuit qui vient, s’avance déjà dans les ombres qui s’installent, glissent des lisières vers la vallée. Demain l’ouest, Le pays où il ne fait beau que le soir, le festival du cinéma Britannique et quelques films que je ne veux pas rater : Summer in February de Christopher Menaul, Shell de Scott Graham, For those in peril de Paul Wright.

J’emporte le livre de l’intranquillité de Pessoa et un autre intranquille de la rentrée que je tiens particulièrement à relire (oui, j’ai eu l’honneur d’une version provisoire et j’ai hâte de retrouver la prose de Pierre Mérot dans Toute la noirceur du Monde que je viens d’acheter. Lire du Mérot en ce moment ça fait du bien, c’est un peu comme rouler en décapotable dans un défilé pour ou contre le travail du dimanche.

« Ensuite, je suis entré dans la chambre. Elle dormait, masse informe sur un lit à roulettes. Au-dessus, il y avait un crucifix et un néon. Le néon, détraqué, clignotait. J'ai pensé à Bamby. Ça sentait la soupe. « Maman... » ai-je murmuré. Je n'avais pas prononcé - prononcé sincèrement -, ce mot depuis des années, croyez-le. Par la fenêtre, on apercevait un bout de jardin. La météo prévoyait un orage. La lumière, donc, était légèrement cuivrée. Sur une commode en merisier – enfin, j'imagine que c'était du merisier -, il y avait ses objets proprement alignés dont, évidemment, des portraits : mon père, ma sœur, moi – moi, ma sœur, vers l'âge de cinq ou sept ans, souriant sur des petits rochers. Comment toute une vie peut-elle tenir dans une chambre de douze mètres carrés ? ai-je songé. »

Pierre Mérot

Toute la noirceur du Monde

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ça va de soi

28 Septembre 2013, 09:28am

Publié par Sybille de Bollardiere

Bonpapa Houlgate1922

 

Comme les nuages épars qui se rassemblent avant l’orage, des phrases entières me reviennent, des lambeaux d’écriture extraits de livres ou de colloques dont le sujet n’est rien d’autre que l’écriture elle-même.

Et s’il n’y avait que ça quand la fiction cent fois heurtée aux relents de la vie se défait, quand elle vous prend les nuits pour rejoindre vos âmes d’ombre, pour débusquer vos silences et ne plus vous laisser en paix. J’écris que je n’écris pas, je prose dans ma tête d’une encre indélébile l’histoire où je veux vivre, celle où je ne cesse de retourner, d’en repartir parce que comme beaucoup de ces galériens du stylo, je n’en finis pas de trahir, de naître ou d’essayer…

 

« Retrouver par l’écriture ce que l’on a accepté de perdre partout ailleurs... »

Mathieu Riboulet

 

les yeux d’Emma Bovary :

« Renoncer à la catégorisation policière, laisser apparaître la sensibilité atmosphérique du personnage... » « Cultiver le hors sujet (Proust) pour une esthétique de l’existence plutôt qu’une catégorisation... »

Anne Garetta

 

De L’identité revendiquée à travers l’écriture, et ce que l’on mange :

« Je viens des tribus où l’on mange de la viande crue… » « Même sans langage, toute l’histoire familiale fait écho en soi… On baigne dans une mémoire pas encore écrite… L’écriture pour sortir du chaos, pour se rattacher à la mémoire familiale.»

Abdellah Taïa

 

« L’écriture ou Passer à l’acte, expression qui renvoie au criminel, au psychiatrique au sexuel, l’écriture c’est les trois à la fois. »

Marie-Hélène Lafon

 

Des femmes et de leur violence :

« On peut être violente et dominée, dominante et violée... »

Arlette Farge

 

« Le geste généreux d’écrire... » « L’emboitement des hontes... » (juif, gay, fils d’ouvrier)

Didier Eribon

 

Pêle mêle :

Il n’y a pas de nostalgie, c’est fini, plié, la chance d’exister n’a pas eu lieu. L’unité fictive s’adosse à un nom propre… La distance des transfuges sociaux… On ne peut pas parler à leur place même si on en est… (Pierre Jourde) La distance vitale pour le « je » que l’écriture participe à construire… Illusion biographique… Mon pays c'est le chagrin un point c'est tout.

 

Du style :

« Le style, cette commodité à se camper et à camper le monde, serait l'homme ? Cette suspecte acquisition dont, à l'écrivain qui se réjouit, on fait compliment ? Son prétendu don va coller à lui, le sclérosant sourdement. Style : signe (mauvais) de la distance inchangée (mais qui eût pu, eût dû changer), la distance où à tort il demeure et se maintient vis-à-vis de son être et des choses et des personnes. Bloqué ! Il s'était précipité dans son style (ou l'avait cherché laborieusement). Pour une vie d'emprunt, il a lâché sa totalité, sa possibilité de changement, de mutation. Pas de quoi être fier. Style qui deviendra manque de courage, manque d'ouverture, de réouverture : en somme une infirmité. Tâche d'en sortir. Va suffisamment loin en toi pour que ton style ne puisse plus suivre.  

Henri Michaux-Poteaux d’angle


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Une autre vie que la sienne

17 Septembre 2013, 10:30am

Publié par Sybille de Bollardiere

 

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17 septembre 2013

Les ombres s’allongent et il faut bien se résoudre à rentrer, à rester là où le travail se fait dans le quotidien et l’immobilité alors, je repense à La chambre de l’aigle… Je ne suis pas certaine que ça soit le terme exact pour désigner le territoire des grands rapaces, mais pour l’avoir entendu utilisé une fois à propos de cet espace nécessaire à un couple d’aigle royal pour chasser, se nourrir et se reproduire, je ne l’ai pas oublié. Comment l’oiseau délimite-t-il son territoire ? Comment choisit-il ses frontières et sur quels critères ? Est-il sensible à la courbe d’une colline, au cours d’une rivière ? Ici, je sais que si besoin, la mer n’est qu’à une heure et demie, le vérifier régulièrement me rassure. Pour écrire et rêver, je me suffis d’un bureau et de quelques connexions pour m’assurer que je ne suis pas le rêve qui m’habite ni un être virtuel, mais un humain, un vrai et même une femme, ce qui dans mon cas est un détail superfétatoire. Mon véritable territoire est le silence des nuits et celui des petits matins gris, c’est aussi cette ligne de fracture des jours, des saisons où je consigne les changements de lumière, les disparitions, l’absence, avant de fuir sur la toile pour un pillage de mots et d’images. Conquêtes inutiles au goût de poussière sur la langue quand ce que je cherche est avant tout une vie autre que la mienne.

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