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Sybille de Bollardière
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L'année de Lune rousse, poème

1 Novembre 2022, 09:32am

Publié par Sybille de Bollardière

L'année de Lune rousse, poèmeL'année de Lune rousse, poème
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C'était l'année de Lune rousse, j'avais déjà commencé à l'écrire avant de te connaître mais je me souviens que c'est cette année là que j'avais décidé de le terminer.

Nous relisions ensemble,  et je revois les feuillets blancs sur tes genoux pendant que les plis jaunes de tes Burlington glissaient sur tes jambes imberbes. Les retours en métro nous séparaient à Argentine où les cracheurs de feu et autres briseurs de chaînes te gardaient quelque temps avant que tu ne redeviennes, l'arpenteur du pavé qui fait craquer ses Weston.

En Novembre Paris allonge ses flaques, j'avais bien avancé Lune rousse je crois, j'aimais filer vers Neuilly, Saint Pierre et les grands boulevards mornes qui rejoignent la Seine.

Je traversais cette cour d'immeubles gris-jaune où bêlait Léonard Cohen, je m'allongeais sur ton lit et je te lisais Lune rousse.

C'est à ce moment là, je crois, quand tu fumais tes Stuyvesant en regardant par la fenêtre que j'ai compris que la poésie t'ennuyait.

Au printemps suivant j'étais sur les barricades et tu t'es acheté un pantalon de satin jaune. J'ai cessé d'écrire Lune rousse et je suis partie pour Vevey. Tu n'aimais ni Saint Germain ni la politique, tu es parti pour Katmandou puis pour Goa. C'est plus tard, en revenant de Marrakech dans ta djellaba blanche que tu m'as avoué que tu avais perdu les Ray ban que nous avions achetées ensemble.

A Saint Tropez j'ai renoncé à écrire Lune rousse, c'est à la terrasse de Sénequier que tu m'as a dit que tu aimais les garçons.

Nous avons reparlé des dimanches au Scossa et du dernier des Beatles. Et puis vingt ans ont passé. Une fois seulement, j'ai revu Ben et Larry, c'était au Flore, il y a dix ans je crois... Ils tiraient sur leurs joints comme des malades, de vrais Has been.

Aujourd'hui j'habite au Congo. En rangeant la maison j'ai retrouvé le cahier de Lune rousse et j'ai décidé de recommencer à écrire. J'ai le temps maintenant, mes enfants vont au café le samedi avenue Fulbert Youlou écouter Benny B. Parfois quand j'écris, ma fille entre en courant dans son Levis et me pique une Stuyvesant made in Africa, Mais quand j'essaie de lui lire les poèmes de Lune rousse, elle détale dans son Flight de cuir noir en faisant craquer ses Weston.

A Kenneth K. 1992 Brazzaville

 

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Chrysanthèmes, poème

30 Octobre 2022, 10:51am

Publié par Sybille de Bollardière

Chrysanthèmes
Qu'importe novembre et le défilé des saisons
Je n'irai plus entre mère et mer
Partager avec elle
Au bord d'un lit, au bord de rien
Nos provisions de rancœur et de fidélité 
 
Désormais, je n'ai plus aucune raison de retenir
Les mots, les idées, les anecdotes du quotidien 
Notre mélange d'amertume et d'admiration
Pour maintenir
L'équivoque de notre étonnante relation
 
On se souviendra peut-être que nous avons été
Mère et fille, mais surtout femmes
Amantes, aimantes, passionnées, jalouses et possessives
Veillant maladroites, sur le trésor de nos Atrides
 
Qu’importe novembre et le défilé des saisons 
Les chrysanthèmes, qu’elle aimait jaunes aux balcons
Nous n'écouterons plus ensemble les Wesendonck lieder
Brahms ou les mélodies de Fauré
Le silence aura raison de nous
 
23 0ctobre 2022

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Hémisphère sud, poème

21 Octobre 2022, 07:28am

Publié par Sybille de Bollardière

Hémisphère sud

Ce soir, sans destination
Je dérive au fil des mots qui me traversent
Comme autrefois sous le pont de Mahébourg
Quand j’installais au crayon mon paysage d’avenir
Comment ne pas penser au décor qui précède la rencontre
Sans rien en divulguer, sans rien annoncer
Paysage muet qui m’a regardée renaitre
En silence, oui, aucun bruit ne me revient
Si ce n’est son rire, le bruissement des filaos
Peut-être les deux
 
De celui qui fut autrefois mon marin du Capricorne
D’anciennes photos, un voilier
L’écume d’une saison ancienne
 
Un été au cœur de l’hiver austral
Dans ma robe blanche de l’hémisphère sud
Des Pailles au Cap, de Riche-en-eau à Souillac
Et plus tard Mont choisi et nos nuits de pleine lune
Le crissement du sable sur nos peaux
Quand il se levait pour regarder la mer
L’ourlet blanc de la barrière de corail
Et puis brusquement un jour, le départ
Les adieux silencieux, on a le temps on a vingt ans
D’autres vies, les enfants
 
Au réveil parfois, un mot plein de soleil et de mer
De celui qui fut autrefois mon marin du Capricorne
D’anciennes photos, un voilier
L’écume d’une saison ancienne
 
Aujourd’hui ça me plait tellement
Que l’amitié elle-aussi, soit un peu éternelle
Et l’avenir soudain transparent
Connaîtrais-je enfin le cœur tranquille de cette vie ?
 
21 octobre 2022
 

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Désormais, poème

18 Octobre 2022, 11:34am

Publié par Sybille de Bollardière

Désormais, poème

Désormais

Vaincu, désarmé et désormais le poème
Après l’étreinte des fièvres, la digne plainte du silence
Je me souviens… Mais comment justement ne plus me souvenir
Ne plus compter les mois, les années, les semaines, les cafés, les maisons
Les vagues et les saisons
Avec un spray de brume sur le paysage, apprendre le vide
Face aux fenêtres rouges de la nuit
Oublier l’ombre et la lumière, fermer les paupières
Juste une prière pour ne pas pleurer
Il me reste à découvrir des enfers insoupçonnés

Le poème est cet écho qui me traverse et me ramène là où je dois être.
 
18 octobre 2022

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