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Sybille de Bollardière
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Monologue

14 Octobre 2024, 08:32am

Publié par Sybille de Bollardière


De l'été qui s'en va
Les teintes d'encre d'un ciel de pluie
La vie immobile
comme on retient ses larmes
dans l'attente d'un baiser
Plus seule que la page d'un livre
J'invente mon lecteur
Comme un malentendu
Dès les premiers mots
Je vais à sa rencontre
marchant vers l'inconnu

Tout attendre de lui
Exister en écrivant
Plus seule que la page d'un livre
Tendue vers l'impossible aveu
Et lui, l'autre que la page délivre
Fragile et dépossédé
D'une vague comme d'un silence
Effaçant d'un mot la sentence
L'absence ou l'immobilité
 

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Jacques Réda

4 Octobre 2024, 09:07am

Publié par Sybille de Bollardière

Nul seigneur je n'appelle, et pas de clarté dans la nuit.
La mort qu'iL me faudra contre moi, dans ma chair,

prendre comme une femme,
Est la pierre d'humilité que je dois toucher en esprit,
Le degré le plus bas, la séparation intolérable
D'avec ce que je saisirai, terre ou main, dans l'abandon

Sans exemple de ce passage 
Et ce total renversement du ciel qu'on n'imagine pas.
Mais qu'il soit dit ici que j'accepte et ne demande rien

Pour prix d'une soumission qui porte en soi la récompense.
Et laquelle, et pourquoi, je ne sais point :
Où je m'agenouille il n'est foi ni orgueil, ni espérance.
Mais comme à travers l'œil qu'ouvre la lune sous la nuit.
Retour au paysage impalpable des origines,
Cendre embrassant la cendre et vent calme qui la bénit.

Jacques Réda

 

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L'obscur, poème

1 Octobre 2024, 08:46am

Publié par Sybille de Bollardière

Effondre toi là où tu marches et brûle d'un peu de soleil
La nuit aiguise ses couteaux
Pour notre exil nécessaire
Mais Toi l'obscur, toi le vivant
Je ne t'oublierai pas, tu seras de tous mes commencements
Dans l'ardeur de ma fuite je prononce ton nom sur l'écho de nos voix
 
L'amour ne peut-être qu'éperdu
Nous nous retrouverons, je le sais
Evidence fatale de notre enfer convoité
Écorchés, malmenés
Ce qui importe maintenant
C'est l'ombre où tu m'attends
Le froid qui me guette quand j'ouvre l'œil avec tes mots, nos tableaux, nos paysages...
Prendre un café, couper le pain cuit cette nuit,
Ecrire les premiers mots comme des saphirs bleu et noir
Posés sur le froissement métallique du matin.
Je n'ai plus peur
Ici à l'ouest dans ce pays où il ne fait beau que le soir
Je ne suis jamais loin 
 
Inédit Septembre 2024

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Noires, chaque nuit réinvente le monde

18 Septembre 2024, 07:15am

Publié par Sybille de Bollardière

Noires, chaque nuit réinvente le monde, poèmes
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