Dimanche 20 mai 2012
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Publié dans : Poésie
Ne ferme pas les yeux
Dans les reflets du ciel
J’écorne nos silences
Loin d’ici
J’ai connu des horizons bleus
Et l’amère douceur des tropiques
J’ai aimé je crois
Ce trop de couleur qui dévaste la rétine
L’opacité des verts et la nonchalance des jours
Oui j’ai aimé parfois
Jusqu’à cette part des ténèbres
Qui veut que tout s’achève
Quand la terre menacée
Gémit de mémoire.
Alors j’ai voulu revoir
La brume de novembre dans les replis d’un vallon
Longer encore et encore l’écume des labours
Dans les verts déserts des multiples saisons
Ne ferme pas les yeux
Sous le vacarme des pluies
J'ai reconnu ces vents d’ouest
Qui nous ramènent d’exil
Soleils noirs 2010 - Ludmila K.
(S de B)
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Par Sybille de Bollardiere
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Dimanche 20 mai 2012
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Publié dans : Chroniques
C’est un dimanche ordinaire au nord de la Loire, un dimanche de pluie dans ce temps
infini où l’on n’évoque même plus les normales saisonnières. Sur la table l’ébauche d’un roman à venir « Passions », les méandres d’un plan, quelques profils entre les pages et le décor
avec ces couleurs de l’Inde qui sont toujours trop bleu pour le vert d’ici. Ce qui manque c'est la lumière et la couleur des mots qui l'accompagne.
Le 18 mai 2011 :
« Chaleur de plomb qui couvre la France et subitement le chant des grillons
devient inquiétant. S’il y a parfois de longues trainées nuageuses dans le ciel, elles n’annoncent qu’un peu de vent et jamais de pluie. La sécheresse est là et déjà on ne parle que de
ça »
Par Sybille de Bollardiere
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Mercredi 16 mai 2012
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15:22
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Publié dans : Chroniques
Pensée spéciale ce matin pour mon petit prince d’Edimbourg qui trône sur le blog. Avoir onze ans et être loin
de chez soi pour la première fois, avoir onze ans et tenir son journal dans le « free time » qu’il lui reste entre les cours, les sports, le dortoir… Là-bas dans les Highlands où l’on
fabrique des héros, des sorciers et des génies ordinaires.
Moi je l’attends ici dans cette "vallée" que les cartes ne nomment pas mais qu’il reconnaitrait entre mille.
C’est là où forêt et campagne s’affaissent pour n’être plus qu’une sillon silencieux où coule une rivière et les jours tranquilles de quelques poètes. "La vallée" si
petite soit-elle occupe pourtant un espace immense qui n’appartient qu’aux mots, à ceux qui les écrivent et à ceux qui les aiment.
Ici le printemps enfin, le silence des nuits qui vous bat les tempes et rappelle qu’« Ecrire sur l’amour
ou ne rien écrire » est au programme du roman à venir. Quel sujet ! Je tiens des listes à jour, des listes d’amours et de tourments et aussi de ce qu’aimer veut dire. C’est de saison, d’être
amoureux, pas de souffrir en écriture. On a beau écrire sur l'amour, on ne change pas, fleur bleue, on ne peut que guetter ce pincement au cœur dont on tirera au mieux quelques lignes acceptables
sur le papier. Au pire, on lira du Sollers pour s’en remettre « Entendre des femmes faire la morale, et comprendre pourquoi sera un de tes plaisirs » L’éclaircie
Mais en littérature aussi l’expédient amoureux ne passe pas, il reste sur l’estomac comme un pain ordinaire.
Avec le hoquet le matin, la gorge nouée le soir, on reprend son sujet à deux mains. J’y arriverai ! Et tant pis si l’amour n’attend pas. Insaisissable, son plaisir est ailleurs, dans le
déplacement et son reflet agité dans la vite d’une portière qu’il vous claque au nez. L’amour n’existe peut-être que pour son biographe.
Par Sybille de Bollardiere
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Samedi 12 mai 2012
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21:37
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Publié dans : Poulpitude et autres tourments
Les états d'âme du lecteur... Je lis, j'aime, je brûle, je vis
Deuxième sélection : Sur les 13 romans sélectionnés le 30 mars, restent donc en lice
:
Marin de Viry – Mémoires d’un snobé - Pierre-Guillaume de Roux
Philippe Sollers – L’éclaircie - Gallimard
Philippe Ségur – Le rêve de l’homme lucide – Buchet-Chastel
Olivier Steiner – Bohème - Gallimard
Anne Wiazemscky – Une année studieuse – Gallimard
Antoine Laurain – Le chapeau de Mitterrand – Flammarion
Dominique Fabre – Il faudrait s’arracher le cœur – Editions de l’Olivier
Emilie de Turckeim – Eloïse est chauve – Héloïse d’Ormesson
Par Sybille de Bollardiere
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Samedi 5 mai 2012
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Publié dans : Chroniques
Mais la mer est loin, les fleuves aussi et j’aime arpenter droit en lisière d’eau,
l’espace et le vent. Alors ce matin, faute d’embruns, je lis et note ciseaux en main. A propos du « bon écrivain » un brevet difficile à obtenir qui ne vous facilite ni les
prix littéraires, ni les ventes, mais fait tellement plaisir à votre mère, Chevillard écrit :« Le mètre étalon c’est la phrase…» Oui, c’est la performance mesurable de
l’écrivain, son saut en longueur, il en reste souvent le cul dans le sable mais content d’y mettre enfin le point.
Eric Chevillard fait partie de ceux que je lis le matin pour donner un sens à ma
vie ; c’est l’âme secourable de la littérature sur son blog l’auto fictif - à dose infinitésimales, à mettre sur la
langue et à garder en bouche avant d’avaler lentement - ou dans le Monde des livres. Chevillard parle si bien des romans qu’on le lit pour lui-même, pour ce qu’il en dit et qui nous offre plus
peut-être que le récit qui nous attend en librairie. Je like Chevillard.
Emprunts à défaut d’inspiration : Dieu serait un psychopathe surhumain. Sans me
départir d’un certain respect pour celui que j’honore régulièrement de quelques cierges, j’avoue que je souscris à la vision. Il faut être puissamment dérangé pour orchestrer avec maestria un
désordre millénaire et intime dans une telle superproduction. Les croyants son sado-maso - je crains d’en faire partie - mais Dieu est bipolaire, ça ne fait aucun doute.
Et je lis aussi ce matin que « ce qui rend éminemment dangereux l’individu
stupide c’est le caractère totalement imprévisible parce qu’irrationnel de sa conduite » (Roger-Pol Droit à propos des Lois fondamentales de la stupidité humaine de Cippola
chez PUF) Oui, peut-être... Mais pendant ce temps là, les babouins commencent à découvrir la lecture, pour la phrase je ne sais pas où ils en sont mais l’orthographe, ils aiment ça. Dans quelques
décennies on pourra éviter le pilon à nos livres et leur écouler nos invendus à la place des bananes à moins que d’ici là, ils se soient mis à écrire et là on est mal, vraiment mal. Je crois que
je vais aller marcher…
Par Sybille de Bollardiere
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