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Renoncement

4 Décembre 2016, 08:04am

Publié par Sybille de Bollardière

Port Royal des Champs

Renoncer c’est le mot de ce début décembre, un mot d’hiver sec et noueux comme une résolution, un aveu. Une promesse de s’y tenir, de ne pas fléchir. Un mot quasi religieux qui précède l’ascèse, la pénitence, l’oubli, l’isolement ou tout simplement la sagesse. En politique comme ailleurs, on renonce beaucoup en ce moment, on se retire dans ses terres, sa ville ou sa famille, en écriture aussi. La langue est une terre d’exil pleine de caches et de replis. Exigeante, elle vous capte, vous emporte dans ses tréfonds laborieux.

Renoncement et beauté comme cette lumière de décembre en empruntant les allées de Port Royal. Parce que depuis mon enfance, j'ai toujours aimé cet endroit, marcher dans le froid craquant vers cette vallée des solitaires, admirer encore la courbe des collines, la douceur des roux de cette fin d’automne. Prononcer les noms : Jansenius, Angélique Arnaud, Pascal, Racine… les derniers Jansénistes et regarder la fumée d’un feu monter du carré des tilleuls.

En publiant « Les mauvais sentiments », j’ai renoncé à la publication classique, à la reconnaissance pour une vie de vagabonde littéraire. Mes livres et moi nous allons voyager avec ou sans la caravane, de Normandie en Aquitaine et peut-être plus loin dans la saison, en Alsace région que je ne connais pas encore et dont je parle dans le roman.

Réaliser que Renoncer c’est parfois choisir et s’offrir l’inconnu.

Renoncement
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"Les mauvais sentiments" roman, disponible dès aujourd'hui...

15 Novembre 2016, 10:33am

Publié par Sybille de Bollardière

C'est avec joie et fierté que je vous annonce la parution de mon nouveau roman : 

LES MAUVAIS SENTIMENTS 

Des années 60 aux années 90, entre la région parisienne, la Normandie et Trieste, un secret et deux femmes entre passions et ressentiments.

« C’est à Trieste que j’ai décidé un jour d’échanger mon passé contre un avenir en réinventant mon histoire… » Vingt ans plus tôt, Irène s’est installée dans cette ville italienne au bord de l’Adriatique. Au fil des années, elle a effacé la femme qu’elle avait été. Mais que s’est-il passé pour qu’elle en arrive là ? 

C’est autour d’Alice que ce roman est construit ou plutôt de la relation d’Irène et de sa mère Alice, femme élégante et amorale, mystérieuse et bouleversante. Des années 60 à la chute du Mur, LES MAUVAIS SENTIMENTS explore la vie et les relations d’Alice et d’Irène, leurs chassés croisés amoureux et ce curieux lien qui les unit autant qu’il les oppose. Mère et fille de l’indifférence à la rupture. Tour à tour étrangères, inséparables, complices et rivales. « Ce qui compte, c’est de pouvoir déplacer sa vie et de se laisser emporter par elle… » Irène, une femme libre sur les traces du passé de sa mère.

J'espère que vous prendrez beaucoup de plaisir à découvrir ce roman et qu'il nous donnera l'occasion de nous rencontrer lors d'une séance de dédicace*. En attendant, vous pouvez le commander dès aujourd'hui chez votre libraire habituel,  ou sur les sites des libraires.

A bientôt, amicalement.

Sybille de Bollardière

* Prochaine signature le samedi 26 novembre de 10 heures à 13 heures - Librairie Le goût des mots - Mortagne au Perche

LES MAUVAIS SENTIMENTS
La Passagère - 336 pages 18 €
Distribution Hachette Livre 
 

Extrait : Les Mauvais sentiments. Sybille de Bollardière

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Sur l'ombre des enfants

12 Novembre 2016, 07:57am

Publié par Sybille de Bollardière

Sur l'ombre des enfants
Sur l'ombre des enfantsSur l'ombre des enfants
Sur l'ombre des enfantsSur l'ombre des enfants

Une pause le long de la rivière pour oublier dans le pas des enfants les vociférations du monde et le silence des départs. Plus que les relents d’une élection nauséabonde, c’est la voix disparue qui m’émeut. J’ai peut-être écouté Léonard Cohen trop longtemps, je n’ai pas vu le monde changer, enfin pas au point de combattre et contre qui l’aurais-je fait ? D’est en ouest, de droite ou de gauche, ici ou là-bas, ce goût du pire, de l’outrance et de l’abject si largement partagé me désarme quand ce n’est pas l’ignorance ou l’obscurantisme. Asli Erdogan écrivaine - le mot prend du sens pour moi maintenant - menacée de prison à vie en Turquie et nous démocrates frileux, condamnés au moins pire. Alors marcher au fil de l’eau sur l’ombre des enfants, écrire pour soi, en marge, pour le temps à venir. 

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La Seine ce matin

6 Novembre 2016, 18:33pm

Publié par Sybille de Bollardière

La Seine ce matin
La Seine ce matinLa Seine ce matin
La Seine ce matin

Retourner sur les lieux et revoir le décor des « Mauvais sentiments », celui du souvenir et celui du roman qui le recouvre, l’épouse avant de le remplacer dans ma mémoire. Je suis ce que j’écris. La Seine d’aujourd’hui, glaciale et bleue sous le ciel de novembre, se souvient elle aussi :

« Les planches vermoulues et disjointes s’avancent sur les eaux épaisses de la Seine. Au loin, la rumeur des routes comme une vague sur un récif, et partout ce gris qui ne doit rien à la saison. Le linceul blanc des anciennes cimenteries recouvre encore le paysage. Seul le désir de se perdre a pu attirer Claire dans cet endroit. »

 
Extrait « Les mauvais sentiments » Sybille de Bollardière
La Passagère, novembre 2016 - 336 pages 18 €
Au fait, vous pouvez le commander dès aujourd’hui chez votre libraire
 

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1er novembre dans la vallée

1 Novembre 2016, 16:14pm

Publié par Sybille de Bollardière

1er novembre dans la vallée
1er novembre dans la vallée1er novembre dans la vallée1er novembre dans la vallée
1er novembre dans la vallée1er novembre dans la vallée
1er novembre dans la vallée1er novembre dans la vallée
1er novembre dans la vallée1er novembre dans la vallée1er novembre dans la vallée
1er novembre dans la vallée1er novembre dans la vallée

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Yoshka et Belle Ile

1 Novembre 2016, 09:33am

Publié par Sybille de Bollardière

Photos volées.. sur le netPhotos volées.. sur le net

Photos volées.. sur le net

Yoshka, j’écris ton nom en tête du jour, je l’invoque et avec lui toutes les images volées, virtuelles ou réelles. J’écris ton attente pour t’accompagner, pour tuer le temps que tu ne comptes plus, que tu ne veux plus compter. De nos comptes à rebours le tien est le plus court me disais-tu et si rien n’est démenti aujourd’hui, je regarde cet indécent soleil de novembre avec les couleurs de nos nuits d’écriture. Ta voix au bout du fil, les pages de Borges, l’affaire des scolopendres, l’amour en zone inondable, les fragments de Lichtenberg et cette histoire de Dieu à écrire.

Arrête ! Remets-toi bordel ! Il y a du grain à moudre et tes vitres voilées de nicotine te cachent un océan. Et Belle Ile, tu l’as oubliée ? Belle Ile si belle en ce moment, je le sais, je le devine. Belle Ile, la terre promise d’Over Yonder, ta page blanche, ton invitation, ta frontière avec le monde.

Mais je sais Yoshka, tu fais ce que tu veux. Tu connais la règle du jeu. Toi tu joues aux échecs et moi aux dames. Rabbi Nahoum, l’un des fils du Rabbi de Rijjin près de Kiev, disait à propos du jeu de dames : « Premièrement on ne peut faire deux pas à la fois. Deuxièmement n’aller qu’en avant et ne jamais reculer. Et troisièmement lorsqu’on est parvenu jusqu’en haut, on a le droit d’aller partout où l’on veut. »

Alors Belle Ile t'attendra à la pointe des Poulains le soir, à la tombée du vent.  

 

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Les Mauvais sentiments - L'été 66

28 Octobre 2016, 11:15am

Publié par Sybille de Bollardière

LES MAUVAIS SENTIMENTS, La Passagère 15 novembre 2016

LES MAUVAIS SENTIMENTS, La Passagère 15 novembre 2016

"C’est un combat terrible pour convaincre Sandro que nous devons nous voir. Je n’ai pas le choix, c’est comme ça. Auprès de ma mère, je prétexte mes règles pour rester sur la terrasse et me concentrer sur ce remue-ménage interne qui me distrait de ma peine, J’ai mal au ventre, je saigne, je pleure, je vais changer ma serviette, je prends une douche, un Coca, j’ai encore mal, deuxième comprimé d’Algocratine fauché dans la trousse de toilette d’Alice… Ma mère a ses règles aussi, je crois, elle ne se baigne plus depuis la veille. Je fouille dans sa chambre et tombe sur une pile de vieux Paris-Match près de la table de nuit. Il y a une couverture en noir et blanc avec Catherine Deneuve et c’est titré : « Vadim, l’homme qu’on quitte ». Je me souviens, j’avais déjà vu le magazine chez le coiffeur : une femme le lisait sous son casque. Je m’y plonge, fascinée. Catherine Deneuve n’avait que dix-sept ans quand elle a rencontré Vadim. Elle était belle et libre, ils ont eu un enfant : voilà, c’est tout. Je vérifie à nouveau l’écart d’âge : seize ans. Oui, c’est bien ça, bien plus qu’entre Sandro et moi… et elle a pu vivre avec lui et plus tard le quitter aussi. Catherine Deneuve quitte Vadim. Oui, elle le quitte… Qu’une femme si jeune puisse laisser tomber un homme, qu’elle soit capable de le décider, m’impressionne. Bien sûr, je n’en suis pas là. Mais je veux décider de ma vie, tout, tout le temps. J’en oublie mes larmes. 

Il fait encore nuit quand Sandro frappe à la porte du garage le lendemain. Je n’ai pas dormi un seul instant, je suis prête et je l’attends."

Extrait

LES MAUVAIS SENTIMENTS
La Passagère
336 pages 18 €
A paraître le 15 novembre 2016
 

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Un village dans les bois

18 Septembre 2016, 16:05pm

Publié par Sybille de Bollardière

Zuidlaren, Pays BasZuidlaren, Pays Bas
Zuidlaren, Pays BasZuidlaren, Pays Bas
Zuidlaren, Pays BasZuidlaren, Pays BasZuidlaren, Pays Bas
Zuidlaren, Pays BasZuidlaren, Pays BasZuidlaren, Pays Bas

Zuidlaren, Pays Bas

Dernier week-end d'étéDernier week-end d'été
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Zurich, terminus nord

17 Septembre 2016, 15:44pm

Publié par Sybille de Bollardière

La digue - Zurich - Frise, Pays-Bas
La digue - Zurich - Frise, Pays-BasLa digue - Zurich - Frise, Pays-Bas
La digue - Zurich - Frise, Pays-Bas

La digue - Zurich - Frise, Pays-Bas

Ecouter Brel au petit déjeuner, Les Flamandes, Quand on n’a que l’amour. Aimer l’imperfection du vinyle, l’orchestration un peu datée. Aimer ce bout du monde, escale à fleur d’eau et de ciel, blotti contre la digue.

La digue, un mur, une montagne, un rien contre le tout qui peut advenir et ne dit jamais son nom. La digue pour unique paysage sous le ciel rose de septembre. Nous sommes à Zurich aux Pays-Bas, mon terminus nord pour l’instant. Elle m’a servi un copieux petit déjeuner tout en vérifiant son dernier ouvrage au tricot, des chaussons pour bébé en laine chinée rouge brique. J’ai avalé la tour de flocon d’avoine, le fromage blanc, les fruits en rêvant de tartines beurrées. En la regardant s’éloigner vers la cuisine, j’ai remarqué la finesse de ses jambes, l’hésitation de sa démarche et son regard cherchant où se poser dans la pièce. Ici rien n’a changé depuis quarante ans. A Zurich Le temps arrêté s’est chargé de relier les pelouses du cimetière à celles du jardin. Ainsi son enfant, son aîné, dort-il pour toujours à portée de fleurs et de peine, à l’ombre du clocher.

Les maisons fermées s’affaissent les unes après les autres sous l’assaut des roses trémières et des lianes. On ne vient plus à Zurich que pour vieillir, comme ce boucher occasionnel qui tangue entre deux bières en livrant la viande du dîner.

Sur la digue, la brise s’est levée. Je marche au milieu des troupeaux, les yeux vers l’horizon. Aujourd’hui rien ne signale les îles de la Frise si ce n’est quelques voiles venues de Harlingen. Café au soleil devant l’unique hôtel où la pendule égrène le temps immobile. Les invités sont arrivés, venus des Iles sous le vent - Aruba, Curaçao - pour fêter le dernier bébé, bien vivant celui-là, d’ici et d’ailleurs, café au lait comme on disait autrefois. Elle le prend dans ses bras. Une odeur de lait caillé l’enveloppe, elle essuie les lèvres du nouveau-né en souriant et me parle mais je n’entends plus, noyée sous le vent moi-aussi. Entre toutes les langues : Néerlandais, Frison, Anglais, je navigue en terre inconnue et fuis en français, stylo en tête, vers la page, la mer, le vent.

Terminus nord. Elle reprend son tricot, l’enfant repus s’est endormi. Les corrections des livres terminées, nous allons bientôt repartir vers le sud.

 
Vous pouvez également me retrouver sur le site de La Passagère édition et vous abonner pour être au courant de nos dernières activités littéraires.
Zurich, terminus nordZurich, terminus nord

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Willem Barentsz à Harlingen

8 Juillet 2016, 10:05am

Publié par sybille de Bollardiere

Vaisseau de Willem Barentsz

Vaisseau de Willem Barentsz

Il faisait beau hier sur le port d'Harlingen. En longeant les quais où s' amarraient les voiliers de retour de l'archipel Frison, nous sommes tombés sur le chantier d'un curieux navire. Invités à entrer, nous avons découvert le projet ambitieux de quelques passionnés. Onze au départ dont Gerarld de Weerdt conservateur de Musée Archéologique qui a déjà participé a la construction d'un ancien navire, Koos Vestra ingénieur et bien d'autres bénévoles, plus d'une quarantaine - dont certains rencontrés lors de notre visite - se relayant pour reconstruire à l'identique le vaisseau de Willem Barentsz, le grand navigateur néerlandais du XVI ème siècle. L'explorateur polaire qui a donné son nom à la mer bordant les côtes du Svalbard et du Spitzberg, est un frison né en 1550 sur l'île de Terschelling à quelques heures de mer de Harlingen. A la recherche d'une nouvelle route du Nord Est le long des Côtes Russes, il échoue par deux fois et meurt le 20 juin 1597 en Nouvelle Zemble - Russie, lors de la troisième expédition. Shakespeare évoque d'ailleurs le grand navigateur dans la nuit des rois :

"C’est ce qu’on attendait de vous et cet espoir a été trompé : vous avez laissé le temps effacer la double dorure de cette occasion et vous avez maintenant navigué au nord de l’opinion de Madame, où vous pendrez comme un glaçon à la barbe d’un Hollandais, à moins que vous ne rachetiez cette faute par quelque louable entreprise de valeur ou de politique. » Acte III, scène 2

Le premier bateau à suivre cette route est Chinois, le Yong Sheng le 8 août 2013. Parti de Rotterdam le 11 septembre 2013, il atteint la Chine en ayant réalisé une économie de 30% sur le temps du voyage sans compter les frais de traversée du canal de Suez et les risques encourus avec les pirates du Golfe d'Aden... Quand on sait que Barentsz en passant par le Nord Est, cherchait non seulement à économiser en diminuant le temps de traversée vers l'Asie, mais aussi à éviter les pirates de Dunkerque, on se dit que les temps n'ont pas vraiment changé. Avec la fonte des glaces, on estime que le passage du Nord Est sera entièrement libre en 2030. Mais revenons au projet du chantier d'Harlingen dont le but est la construction d'un véritable vaisseau à l'ancienne pour une mise à l'eau et un depart en 2018. les Russes ont donné leur accord, ce seront donc dix sept navigateurs expérimentés et fortunés... Qui suivront cette fameuse route du Nord Est. Pour tout connaître du projet : www.debarentsz.nl

Willem Barentsz à HarlingenWillem Barentsz à Harlingen
Willem Barentsz à HarlingenWillem Barentsz à HarlingenWillem Barentsz à Harlingen
Willem Barentsz à HarlingenWillem Barentsz à Harlingen
Willem Barentsz à HarlingenWillem Barentsz à HarlingenWillem Barentsz à Harlingen

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